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La chute des géants

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05 janv. 2026 04:36

Une nouvelle année a pointé le bout de son nez, synonyme d’une nouvelle déception de l’équipe canadienne des moins de 20 ans au Championnat du monde de hockey junior aux mains de la Tchéquie. Si Hockey Canada est en partie responsable de cette nouvelle «déconfiture» selon les standards du programme représentant l’unifolié, l’élimination d’une autre superpuissance du hockey junior en quart de finale, les États-Unis, démontre également que le monde du hockey change.

Par Érick Deschênes

Et les amateurs de hockey, particulièrement ceux du rendez-vous du temps des Fêtes qu’est devenu le Championnat du monde de hockey junior, doivent se réjouir de cette évolution qui garde le partisan sur le bout de son siège désormais lors de chaque édition. La finale de ce tournoi capital dans la route de plusieurs espoirs de la Ligue nationale de hockey (LNH) n’est plus un rendez-vous annuel entre les sélections du Canada et des États-Unis ou, lorsque la route des deux voisins se croisait dès la demi-finale, entre l’un de ces pays et la Suède ou la Finlande.

De plus en plus de pays à travers le monde produisent des joyaux pour le circuit Bettman et il faut se réjouir que notre sport national soit de plus en plus pratiqué sur la planète.

En plus, les difficultés du Canada au Championnat du monde de hockey junior en phase éliminatoire contre la Tchéquie au cours des trois éditions du tournoi se sont produites dans des compétitions où une autre puissance du monde du hockey, la Russie, ne peut y prendre part. Rappelons qu’en raison de l’invasion de l’Ukraine par le pays dirigé par Vladimir Poutine, la Russie a été bannie jusqu’à nouvel ordre des compétitions de la Fédération internationale de hockey sur glace.

Mais quel est le dénominateur commun des éliminations lors de l’actuel tournoi des États-Unis, en quart de finale contre la Finlande, et du Canada, en demi-finale contre la Tchéquie dimanche? Les sélections de ces deux pays ont été vaincues par les équipes de nations qui n’ont pas craint de mettre en place des réformes et d’innover dans les dernières années pour s’attaquer à la domination du Canada, des États-Unis et de la Russie sur le hockey.

En raison de la taille de leur population ainsi que la compétition d’autres sports, lire ici notamment le soccer, la Suède, la Finlande, la Tchéquie et d’autres pays qui ont eu moins de succès lors de l’édition actuelle du Championnat du monde de hockey junior, la Suisse et l’Allemagne, ne peuvent pas compter sur un bassin imposant de patineurs, comme le Canada, les États-Unis et la Russie.

Les fédérations responsables du hockey sur glace dans ces pays ont donc décidé d’innover pour diminuer l’impact de l’iniquité démographique. Emphase mise sur le plaisir plutôt que la compétition dans les catégories réunissant les enfants qui jouent au hockey, promotion de la pratique d’autres sports pour développer toutes les habiletés physiques des jeunes hockeyeurs, obligation pour les clubs de hockey mineur d’avoir des entraîneurs hautement qualifiés, regroupement fréquent des joueurs élites à l’adolescence pour créer un esprit de corps et enseigner divers concepts à ces derniers, etc.

Toutes des mesures qui ont permis à ces sélections de connaître de beaux succès sur la scène internationale ainsi que pour former de bons joueurs de hockey dans la Ligue nationale de hockey.

Au Québec, le comité sur le développement du hockey a amorcé une réflexion sur ces innovations qui devraient être mises en place pour améliorer la formation de nos jeunes hockeyeurs, autant pour ceux qui ont une chance de briller au niveau professionnel que pour ceux qui veulent tout simplement s’amuser.

J’ai l’impression de répéter une précédente chronique écrite au même moment de l’année en 2025, mais Hockey Canada doit absolument passer à l’action et changer les façons de faire de ses programmes de développement.

Si les nombreux talents canadiens empêchaient de connaître des déceptions au cours des dernières années, l’état d’esprit de country club de la sélection lui nuit plus que jamais. Afin d’assurer une représentation de toutes les ligues de hockey junior du pays, l’état-major de l’équipe change chaque année. On privilégie donc les relations et la promotion des meilleurs espoirs du pays plutôt que de construire la meilleure équipe de hockey.

Pourquoi les équipes nationales de hockey du Canada ne pourraient pas avoir des équipes d’entraîneurs permanentes qui se concentreraient à temps plein sur l’évaluation du talent de nos jeunes espoirs? Qu’est-ce qui pourrait être fait par Hockey Canada et les autres fédérations des provinces pour améliorer le développement de ses jeunes espoirs?

Sur une note plus positive, réjouissons-nous des succès de Michael Hage au sein de la sélection canadienne. Pour les amateurs du Canadien qui ont suivi le Championnat du monde de hockey junior, il s’agit de l’un des rares rayons de soleil du parcours de l’unifolié lors du tournoi.

Faire confiance aux vétérans

Tout comme tout bon amateur de vin qui évite le Ménage à trois, les Canadiens devraient mettre fin à la nouvelle expérience de conserver trois gardiens au sein du grand club.

Samuel Montembault a prouvé au cours de ces deux derniers départs qu’il semble avoir mis fin à ses problèmes du début de la saison et Jakub Dobeš fait le travail lorsque Martin St-Louis fait appel à lui.

Jacob Fowler est destiné à un grand avenir et il sera assurément un gardien numéro un dans le circuit Bettman dans quelques années. Mais à 21 ans, il ne faudrait pas brûler les étapes avec ce joyau. Il serait bien que le cerbère américain effectue un retour avec le club-école du Tricolore afin d’avoir l’occasion de faire face à un bon volume de matchs afin de peaufiner ses habiletés.

Occasion ratée

 Il est dommage de voir l’entraîneur franco-canadien Wilfried Nancy être congédié par le Celtic FC, prestigieuse équipe écossaise. Son aventure à la barre d’un club européen de soccer a pris fin après seulement huit matchs. Malheureusement, il paie pour le bilan catastrophique de sa formation.

Si sa ténacité lui a permis de connaître de beaux succès en MLS, l’opiniâtreté de Nancy, notamment en voulant imposer des changements tactiques à une équipe qui avait repris du poil de la bête avant son arrivée, lui a joué un bien mauvais tour.

Mes prédictions

En terminant, je me lance encore une fois dans le périlleux jeu des prédictions alors que les séries éliminatoires s’amorceront la fin de semaine prochaine dans la NFL. Voici mes choix en vue du premier tour.

- Rams de Los Angeles contre les Panthers de la Caroline – Rams par 14
- Packers de Green Bay contre Bears de Chicago – Bears par 7
- Bills de Buffalo contre Jaguars de Jacksonville – Bills par 10
- 49ers de San Francisco contre Eagles de Philadelphie – 49ers par 3
- Chargers de Los Angeles contre Patriots de la Nouvelle-Angleterre – Chargers par 6
- Texans de Houston contre Steelers de Pittsburgh – Texans par 10

Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.

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