mercredi 28 janvier 2026
Votre Journal. Votre allié local.
Politiguy correct

SVP, ne disons pas merci à Legault

Les + lus

16 janv. 2026 02:22

La tâche qui incombe au premier ministre d’une nation comme le Québec est névralgique, vitale et commande à celui qui le sollicite de livrer la marchandise, et ce, malgré les aléas.

Par Guillaume Ratté-Côté *

Or, François Legault a fait bien moins que livrer la marchandise. Il a fait au Québec un tort plus que considérable, soyons lucides et francs. Surtout en prenant compte toutes les occasions qu’il a gaspillées.

Comme celle de faire un tant soit peu de ménage dans l’appareil, qui sans ce dernier, tombe sans faute dans une spirale de gaspillage. Il avait réussi à se faire élire, enfin, avec un tel mandat. Et non seulement n’a-t-il rien fait en ce sens, mais il a propulsé cette spirale à des niveaux encore jamais atteints, malgré des prédécesseurs forts «compétents» en ce sens.

Ou de protéger la culture ayant fait du Québec ce qu’il est. Au contraire, outre de ridicules chimères non effectives comme la laïcité, cette culture a reculé comme jamais, devant un flot de migration effréné, qu’il a imputé à Ottawa, pour ensuite fermer lui-même le robinet, plus que tardivement de surcroît.

Ou de générer de la croissance économique susceptible de se multiplier. Mais non, il a joué aux investisseurs/faiseur de fortunes. Ce qui est intrinsèquement injuste et bien connu comme une recette perdante.

Mais surtout : il a ainsi justement perdu des milliards. Le tout en ne faisant rien pour les PME, les vrais créateurs de richesse, alors qu’il avait un mandat de déréglementation. Au contraire : il a interdit l’exploration des hydrocarbures, dont aurait profité des centaines de petites entreprises du Québec. Pas l’exploitation, l’exploration! Il nous a interdit que nous connaissions même le potentiel qui dort sous nos pieds. Alors que plus de 80% de l’énergie du monde est toujours de nature pétrolière ou gazière.

Il a aussi gaspillé l’occasion de faire en sorte que le système de santé respire un peu. Il a fini par tenter une réformette qui allait tout de même apporter un peu de bienfaits, pour reculer juste au moment où elle allait payer.

Il a réussi à rater son rendez-vous avec l’histoire de l’éducation, ne faisant que signer bêtement des chèques ou presque, cédant aux syndicats (alimentant du même souffle une inflation déjà galopante), sans opérer la réforme avec le plus de potentiel de toutes, celle qui aurait permis des choix plus précoces aux élèves du secondaire pour leurs orientations futures, évitant gaspillage, décrochage et pertes de revenus pour des dizaines de milliers de jeunes chaque année. Revenus dont ils auraient désespérément besoin, comme il a fortement contribué à rendre l’achat de leur première maison un mirage de plus en plus lointain.

Il a gaspillé le mandat qu’il avait de réformer le mode de scrutin. Il a spolié la chance de faire un tort maximal au crime organisé lors de la légalisation de la marijuana, en s’entêtant à interdire l’accès au moins de 21 ans, tout en rendant illégaux des t-shirts avec une feuille de cannabis, par exemple. Il a gâché totalement le momentum qui aurait pu lui servir à doter la région de Québec d’un périphérique. Explosion de la dette, décote, etc.

Je suis membre fondateur de la CAQ. Il m’a roulé dans la farine au point qu’il y ait plus de panure que de viande. Mais après, il a roulé le Québec. Et ce n’est pas parce que c’était avec bonhommie qu’il faille le pardonner. Ou qu’il ait bien des années de service. Ou qu’il ait une bouille sympathique. 

Il a convoité le poste le plus important qui soit. Au lieu de travailler comme un forcené sur tous les fronts de la façon si solennellement et longuement convenue parce que logique, il s’est ensuite contenté de fonctionner à tâtons, mollo, et en se laissant bêtement influencer par les stupides tendances marxisantes modernes à la mode. 

Cela, dans les circonstances, s’est avéré particulièrement destructeur. Je ne dis certes pas qu’il faille le molester ou même le traîner en justice. 

Mais de grâce, ne le remercions pas. S’il vous plaît.

*Guillaume Ratté-Côté est l'animateur de l'émission PolitiGuy Correct à la Radio de Lévis, CJMD 96,9, du lundi au jeudi à 16h.
 
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis.

Les + lus