Photos : Gilles Boutin

Un peu moins d’une semaine après le débat électoral de la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lévis (CCIGL), quatre des cinq candidats des principaux partis en lice dans la circonscription de Lévis ont croisé le fer lors d’un débat sur les ondes de CHOI FM, le 14 septembre en matinée. La joute a notamment été le théâtre de plusieurs prises de bec entre le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), Bernard Drainville, et la candidate du Parti conservateur du Québec (PCQ), Karine Laflamme.

Note de la rédaction : À la suite de diverses informations transmises au Journal, votre hebdomadaire a pu connaître le fil des événements qui a mené à l'absence de la candidate solidaire dans Lévis, Valérie Cayouette-Guilloteau, de ce débat. Dans les deux versions précédentes de cet article, le Journal n'avait pas reçu tous les détails entourant cette histoire.

C’est dans le dernier bloc, consacré à la gestion de la crise sanitaire, que Bernard Drainville et Karine Laflamme se sont livré les échanges les plus acerbes, ayant des positions aux antipodes. Comme les autres membres de son parti, la candidate conservatrice a vertement critiqué la gestion de la CAQ lors des deux dernières années.

«Est-ce que vos partis, la CAQ, le PLQ et le PQ, ont représenté 100 % des citoyens lors de la crise? Si votre citoyen n’était pas dans les valeurs que vous aviez, vous n’aviez pas à représenter cette personne. Quand les parents étaient à la maison avec leur enfant qui avait un problème de santé mentale et que l’anxiété était dans le piton, (la CAQ n’a rien fait). D’empêcher de voir leurs amis et les autres membres de leur famille alors qu’il n’y avait aucun danger. Avez-vous écouté l’Association des pédiatres et les experts? Les autres experts étaient bâillonnés. Éric Duhaime n’aurait pas pu faire pire que François Legault», a lancé Mme Laflamme.

«Je l’entends dans mon porte-à-porte, que ça été trop dur pour les enfants. Mais l’objectif du premier ministre et du gouvernement était de sauver des vies. Ça n’a pas été parfait, le gouvernement devait s’ajuster à un virus qui changeait constamment. La première vague a été dure au Québec, mais le Québec s’en est mieux sorti que la majorité des provinces canadiennes. […] Je respecte le choix des gens mécontents de la CAQ. Mais le vote, ce n’est pas juste sur le passé, mais aussi l’avenir. On vote pour qui est la meilleure personne pour être le premier ministre et pour le parti qui a l’équipe la plus compétente pour gérer le Québec lors des quatre prochaines années. Mme Laflamme, vous vivez dans le passé et vous voulez ruminer ce qui s’est passé», a rétorqué M. Drainville.

Les deux candidats se sont ensuite écharpés sur le bilan du dernier mandat. Karine Laflamme a alors accusé la CAQ de «n’avoir rien fait avancer depuis quatre ans» en se servant de la pandémie comme excuse et d’avoir «parachuté» Bernard Drainville dans Lévis. Après avoir demandé sans succès à son adversaire conservatrice quel était le taux de chômage à Lévis, le représentant caquiste a déploré que Karine Laflamme ne «connaisse pas ses chiffres».

Plus discrets lors de cette portion du débat, le candidat du Parti québécois (PQ), Pierre-Gilles Morel, a déploré la politique «de division» menée par la CAQ lors de la pandémie tandis que le candidat du Parti libéral du Québec (PLQ), Richard Garon, a demandé à Bernard Drainville si son parti allait finalement s’engager à lancer une commission d’enquête sur sa gestion de la crise sanitaire. Une proposition qui a été ridiculisée par le candidat caquiste, ce dernier affirmant que plusieurs instances paragouvernementales s’étaient penchées sur la question au cours des derniers mois.

Troisième lien

Avant cette conclusion explosive, les quatre candidats présents au débat ont d’abord échangé sur le projet de troisième lien interrives. Comme lors du débat de la CCIGL, le candidat caquiste a martelé qu’il était nécessaire de construire le tunnel Québec-Lévis en raison de l’augmentation du temps d’attente sur les routes lors des heures de pointe. Du même souffle, il a demandé à ses adversaires de l’appuyer pour concrétiser le projet caquiste s’il est élu le 3 octobre prochain.

Pour sa part, Karine Laflamme a critiqué le gouvernement sortant pour sa gestion du dossier, déplorant qu’aucun chantier de construction du futur lien interrives n’ait commencé lors du dernier mandat. 

Elle a aussitôt rappelé la proposition du PCQ, qui est de construire le troisième lien avec des ponts dans l’axe de l’île d’Orléans, une solution moins coûteuse et plus rapide qui améliorera également l’accès des résidents de l’île d’Orléans aux services d’urgence. Bernard Drainville a alors attaqué son adversaire conservatrice en estimant que le PCQ «revient avec un projet qui «n’est pas accepté par les résidents de l’île d’Orléans» et qui leur sera «rentré dans leur gorge» si les conservateurs obtiennent le pouvoir.

De son côté, Richard Garon a souligné que le PLQ promet d’étendre le réseau de tramway de Québec jusqu’à Lévis ainsi qu’offrir la gratuité de l’accès au transport en commun aux étudiants et aux aînés. Comme il l’a fait depuis le début de la campagne, il a demandé à Bernard Drainville de dévoiler les études menées sur le troisième lien, son parti promettant de se fier sur les rapports d’expert afin de développer ses projets de mobilité durable. 

Quant à lui, Pierre-Gilles Morel a vanté le projet de train léger du PQ entre Québec et Lévis, une solution qui permettra d’améliorer la mobilité des citoyens de la région tout en évitant l’étalement urbain.

Coût de la vie

Lors du débat sur les ondes de CHOI-FM, les quatre candidats ont également échangé sur les mesures qu’ils proposent pour s’attaquer à l’inflation. Après avoir chacun présenté leurs engagements, ce thème a permis à Bernard Drainville et Richard Garon de débattre sur les effets économiques des mesures qu’ils proposent.

«C’est tellement beau que vous avez emprunté certains de nos engagements de notre plan dévoilé en juin. L’original est toutefois bien meilleur. Notre réduction de taxes, on l’applique dès cette année. Revenons cependant à votre chèque à la Duplessis (le montant d’argent que promet la CAQ de verser à la majorité des Québécois d’ici la fin de l’année), cela va aggraver la situation de l’inflation», a argué M. Garon.

«Allez dire ça aux familles qui ont des difficultés à payer leur panier d’épicerie, à qui on va justement donner de l’oxygène. Je trouve que cet argument est un peu déconnecté», a répondu M. Drainville.

Dans une autre partie de ce segment, le candidat caquiste et la candidate conservatrice ont aussi partagé leurs différences de vue sur l’exploitation des ressources naturelles. Pour Bernard Drainville, le Québec devrait plutôt miser sur les énergies vertes, «une vision d’avenir qui sera payante» et qui ne prendra pas des années à se concrétiser. Quant à elle, Karine Laflamme estime que la province doit exploiter toutes les ressources naturelles, dont les hydrocarbures, pour créer de la richesse, une exploitation qui se ferait «selon les hauts standards environnementaux québécois».

Notons finalement que la candidate solidaire dans Lévis, Valérie Cayouette-Guilloteau, était absente du débat. L'équipe de Maurais Live a fait savoir vendredi que l'équipe des communications de Québec solidaire «a rapidement coupé les communications» lorsque CHOI-FM a approché ce parti pour envoyer un représentant à ce débat de la Rive-Sud. Valérie Cayouette-Guilloteau a pour sa part indiqué jeudi qu'elle n'avait jamais reçu d'invitation.

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