CRÉDIT : ALEXANDRE BELLEMARE

De passage au Chantier Davie, le chef du Bloc québécois (BQ), Yves-François Blanchet accompagné des candidats bloquistes de la région, a réitéré la position favorable de son parti quant à l’inclusion du chantier maritime lévisien dans la Stratégie nationale de construction navale (SNCN) et l’octroi de contrats de construction importants, le 15 octobre dernier.

Le chef bloquiste a souligné la faible part de contrats que la Davie a obtenus dans les dernières années. «Il faut quelqu’un au parlement qui se dresse et qui exige, pas quelqu’un qui se contente de vagues promesses de chiffres incertains ni quelque chose de profondément odieux. Les conservateurs de la grande région de Québec ont mis en place une stratégie navale de 100 G$ pour l’ensemble du Canada. Le Chantier Davie possède la moitié de la capacité de construction navale canadienne [] et n’a eu qu’une part de 2 G$ sur 100 G$ (de contrats)», a déploré M. Blanchet.

Selon lui, cette injustice a été commise par l’entremise de «puissants lobbys qui ont un accès direct à l’oreille des premiers ministres fédéralistes».

Afin de rétablir la situation «injuste» dans laquelle se retrouve le Chantier Davie, Yves-François Blanchet a demandé aux chefs des différents partis fédéraux de prendre des engagements clairs. Il souhaiterait que le Chantier Davie intègre la SNCN, que les contrats déjà annoncés, mais non signés, soient redistribués équitablement, d’octroyer le contrat de l’Obélix à la Davie, attribuer tous les contrats de brise-glaces actuellement discutés au chantier lévisien ainsi que d’annuler la location avec option d’achat d’un troisième traversier pour Marine Atlantique et octroyer à la Davie la tâche de le construire.

De plus, le bloquiste aimerait que le gouvernement fédéral mette en place une commission d’enquête sur l’ensemble du dossier de la SNCN qui, selon lui, mérite d’être étudié. «On a le droit de savoir ce qui s’est passé avec ces milliards-là», a-t-il exprimé.

Quant à la proposition d’aider la Davie à trouver d’autres options qu’une dépendance aux contrats publics que certains candidats d’allégeances politiques différentes ont soulevée, M. Blanchet a été ferme. «Ce serait une très mauvaise lecture de la réalité de la construction navale à l’échelle planétaire de penser qu’un chantier naval est capable de fonctionner sans aucun contrat public, ça ne se peut pas.»

La Davie passée sous silence pendant la campagne

Pierre Drapeau, porte-parole de l’Association des fournisseurs de la Davie, a jugé que le Chantier Davie n’a pas été assez discuté au cours de la campagne qui se terminera le 21 octobre.

Malgré que le chantier maritime lévisien soit le seul dans la course pour intégrer la SNCN, M. Drapeau est toujours inquiet de la situation. «M. Blaney nous a dit qu’il n’arrêterait pas le processus en cours en début de campagne. Ça voudrait donc dire qu’il aurait la possibilité de l’arrêter. Donc, ça nous inquiète. On se demande si après les élections le gouvernement fédéral en place sera tenté de revenir sur ses positions», a-t-il partagé.

De son côté, Gilles Lehouillier, maire de Lévis, croit que les engagements des conservateurs et des libéraux sont clairs et en faveur de la Davie. «Je ne suis pas trop inquiet parce que la capacité des autres chantiers canadiens est à son maximum. Si le gouvernement canadien veut respecter sa stratégie de construction navale, c’est impossible d’y arriver sans la Davie», a-t-il exposé.

Quant à lui, le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN) s'est montré déçu de la sortie du BQ. «Rouge ou bleu, minoritaire ou majoritaire, la couleur importe peu, ce que ça prend c’est des engagements concrets, a lancé Ann Gingras, présidente de la CSN. Nous, ce que l’on demande aux partis c’est de prendre des engagements précis là-dessus. Allez-vous, oui ou non, poursuivre le processus pour inclure un troisième chantier dans la SNCN si vous êtes élus? Allez-vous, oui ou non, ordonner à la fonction publique de considérer objectivement et de manière impartiale la candidature du Chantier Davie?»

Une position d’attente pour les bloquistes à propos du troisième lien

Par voie de communiqué, Steven Blaney, député conservateur sortant dans la circonscription Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, en a profité pour demander une clarification à propos de la position du BQ concernant le projet du troisième lien. «Lors du débat national du 10 octobre dernier, le chef bloquiste a affirmé n’être “ni pour ni contre” (le projet du troisième lien). Or, ce projet est réclamé par le gouvernement québécois, les instances régionales et la population lévisienne», a fait savoir M. Blaney.

Yves-François Blanchet a préféré ne pas se positionner sur la question, mais plutôt d’attendre les résultats de l’examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). «Je vais attendre le rapport du BAPE, [] c’est une juridiction du gouvernement du Québec, donc, nous, on s’en va à Ottawa pour dire aux partis fédéralistes qu’ils se mêlent de leurs affaires et l’argent qui appartient au Québec, envoyez-le au Québec», a-t-il expliqué.

Les plus lus