CRÉDIT : GILLES BOUTIN - ARCHIVES

Dans l’espoir d’enrayer la pandémie, le Québec – et le monde – compte sur la vaccination. Pourtant, bien que 90 % de sa population soit vaccinée, la pandémie fait rage. En fait, à l’heure actuelle, le virus est majoritairement transmis par des vaccinés. Pourrait-on en tirer comme conclusion que la vaccination ne règle pas le problème?

Note de la rédaction : Le Journal de Lévis n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimés dans ce texte sont celles de l'autrice.

Non. Ce qu’il faut, c’est un bouc émissaire. Pour se rassurer et porter le blâme sur quelqu’un.

Le système de santé est sur le point de crouler. Pourquoi? Parce que 50 % des malades aux soins intensifs sont non vaccinés? Ou parce que les soignants sont eux-mêmes malades? Ou parce que le système était déjà bien mal en point au départ? Ou parce qu’il est désorganisé depuis des décennies? Parce que les urgences engorgées, c’est du nouveau, peut-être? Ou encore parce que les cancéreux fument? Que les obèses mangent trop et ne font pas assez d’exercice? Que les drogués se droguent? Que les alcooliques boivent? Que les femmes enceintes accouchent? Que les accidentés viennent se faire réparer?

Va-t-on facturer une taxe santé à tous les malades parce qu’ils ne prennent pas suffisamment soin d’eux? À tous ceux qui ne respectent pas à la lettre le Guide alimentaire canadien? À tous ceux qui refusent de prendre un médicament?

Pas encore. Parce que pour l’instant, le bouc émissaire est tout trouvé. Après les avoir privés de vie sociale, professionnelle et humaine, après les avoir mis au ban de la société parce qu’ils osent être différents, après s’être assuré – par le biais des médias – que l’ensemble de la population a appris à bien les détester, ce sont les non-vaccinés à qui on va imposer une taxe santé. Il leur faudra payer un médicament dont ils ne veulent pas. Alors qu’ils le paient déjà sans rechigner à 90 % de la population. Alors qu’ils contribuent déjà, par le biais de leurs taxes et de leurs impôts, au fonctionnement de la société, y compris de son système de santé.

Parle-t-on ici de justice, de liberté, d’égalité, de solidarité, de respect des droits de chacun?

Certainement pas. Soyez inquiets. Parce que les prochains boucs émissaires, ce sera peut-être vous…

En attendant j’ai honte. Honte à ma société qui tourne le dos à la démocratie.

Uparathi Provencher

Saint-Nicolas

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