Marc-Antoine K. Phaneuf et Charles Sagalane ont collaboré sur une installation qui mêle littérature et objets divers. CRÉDIT : AUDE MALARET

Dans le cadre de sa programmation estivale, le centre d’artistes en art actuel de Lévis accueille trois artistes qui investissent la galerie, la piste cyclable et ses abords. Par les mots, les échanges et les paroles, ils nous interpellent, parlent de nous et s’immiscent dans notre intimité autant qu’ils nous engagent à entrer dans leur monde.

La porte du centre d’artistes en art actuel Regart s’ouvre sur un bureau. Tout y est, du mobilier aux boîtes de classement des documents. Une plante verte trône en haut de l’étagère et la cafetière est allumée. Installée derrière le bureau, Geneviève Gasse accueille le visiteur.

L’artiste détourne la fonction initiale du lieu en établissant le Centre de recherche en art infiltrant (CRAI). Les chercheuses et chercheurs du CRAI ont pour mandat la production de manœuvres artistiques questionnant les normes et les perceptions qui façonnent les systèmes établis. Cynthia Fecteau effectuera une résidence d’auteure sur les lieux afin de produire une recension des micro-événements qui surviendront.

Au guidon d’un bureau de recherche installé sur un tricycle, Geneviève Gasse parcourra aussi la piste cyclable entre Regart et la Maison natale de Louis Fréchette. «Elle va aller récolter des informations sur le territoire auprès des gens. Elle va demander aux gens de lui transmettre. Selon leur consentement, elle va les ajouter dans l’installation qu’elle est en train de faire ici», explique Amélie Laurence Fortin, directrice générale et artistique de Regart.

Projet d’art relationnel, Le chemin pour se rendre progressera selon l’évolution des recherches de l’artiste et du hasard de ses rencontres avec les passants. «Tout son appareillage artistique tourne autour de la relation qu’elle entretient avec l’autre, note-t-elle. C’est un projet que je trouve assez osé, car c’est infiltrant et invisible.»

Une collection hétérogène et protéiforme

Douze lignes de lettres bleues peintes sur les murs font le tour de la salle d’exposition. Pour lire le texte, le visiteur n’a d’autre choix que de se déplacer d’un mur à l’autre et de parcourir l’espace à chaque ligne pour recommencer douze fois jusqu’à la dernière. «Ça crée un rapport physique au texte», souligne Amélie Laurence Fortin. Marc-Antoine K. Phaneuf et Charles Sagalane présentent une collaboration littéraire et lui donnent une forme installative.

Des objets, ceux qu’on accumulent ou qu’on dirait sortis d’une brocante ou de ces vieux cartons oubliés dans le garage, parsèment les murs et sont disposés sur les tables. Ma collection d’exposition est le fruit de deux collectionneurs de collections, Marc-Antoine K. Phaneuf et Charles Sagalane, qui ont réuni quelques-unes de leurs trouvailles ou trésors conservés.

Ensemble, ils évoquent l’accumulation de mots, d’objets, d’idées, de collections. Dans cette exposition Ma collection d’exposition, c’est un collectionneur fictif qui se profile dans l’imaginaire. Voyage dans le temps et dans notre mémoire, le projet des deux artistes s’infiltre dans nos têtes et nous renvoie à nos propres souvenirs, nous questionne sur notre rapport aux choses et pique nos émotions.

Un futur imaginé et présent

Sur la rive du fleuve, Marc-Antoine K. Phaneuf a installé une série de panneaux de signalisation en bordure de la piste cyclable. Anticipation perpétuelle est un parcours littéraire à lire d’un sens et de l’autre. Selon la direction dans laquelle on circule, les messages apparaissent, contrastés.

«Comment imaginait-on le futur il y a 30 ans? Et, maintenant, quel est le constat?», raconte la directrice à propos de ce projet d’installation extérieure «réaliste, mais pas dramatique, et ludique» avec ses pancartes très colorées.

D’un côté des panneaux, on redécouvre les aspirations futuristes pour le 21e siècle qui avaient cours pendant les années d’après-guerre. De l’autre, on lit les conséquences de la croissance immodérée de l’humanité.

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