Par Claude Genest
Intitulés «Lévis sa population, ses ressources, son commerce et son industrie», ces textes nous brossent un panorama de la municipalité, mais aussi de la Rive-Sud en général. D’entrée de jeu, le journal note que «Lévis est incontestablement établi sur un site admirable» qui, selon le journaliste, «est la cause des rapides progrès de son commerce depuis les quelques années de son établissement». Quoi qu’il en soit, la feuille lévisienne constate qu’en peu de temps la Rive-Sud «est devenue un centre d’affaires important» en face de Québec et image son propos en soulignant : «on a dit que Lévis deviendrait le Brooklyn de Québec et cela avec raison».
La jeune ville est au diapason de la modernité de l’époque avec ses chemins de fer dont elle est un terminus pour Québec, mais aussi avec un éventuel bassin de radoub. Fait intéressant, le rédacteur tient compte de la réalité géographique élargie du milieu lévisien avec sa proximité de Québec, mais aussi avec ses voisines de Saint-Joseph (Lauzon) et Saint-Romuald qui sont «unis à notre ville par la communauté des intérêts», genèse lointaine d’une potentielle ville unique qui, en passant, célèbre ses 25 ans cette année.
Au niveau de sa population, on lit dans l’édition du 17 décembre que celle-ci s’est accrue rapidement avec ses 10 000 habitants et que «presque la moitié des habitants de cette ville trouvent leur subsistance dans un travail journalier», dont plusieurs à la fonderie Carrier, Lainé & Cie. On décrit aussi les manufactures Mathews et Hickok, Edson Fitch et Howard situées davantage du côté de Saint-Romuald.
L’édition du 27 décembre nous offre un rappel qui résonne encore de nos jours à savoir que «Lévis doit en grande partie son importance à la construction des navires». Deux jours plus tard, on décrit le commerce du bois qui se pratique «à Lévis sur une haute échelle», et ce, de New Liverpool à Lauzon. «La Rive-Sud est couverte de bois de toutes sortes, de chantiers et de moulins», clame le journal.
L’intérêt de cette série de textes parus en 1879 est qu’au fil des articles, on retrouve deux éléments incontournables de notre histoire, soit une sorte d’unicité des intérêts du côté sud du fleuve, mais aussi l’incontournable proximité de Québec. À cet effet, le journal souligne l’absence d’un marché public qui permettrait «aux cultivateurs de vendre leurs produits de ce côté-ci du fleuve au lieu de traverser à Québec».