Par Claude Genest
Rédigé par l’historien d’entreprise Pierre-Olivier Maheux, cet ouvrage est le 4e de la série des tomes de l’histoire du Mouvement Desjardins débutée en 1990 sous la plume de Pierre Poulin, auteur des trois premiers. Faire la synthèse d’une période de l’histoire d’une entreprise aussi importante que Desjardins représente pour l’auteur un défi considérable au niveau de la rédaction, car ce dernier doit accepter de ne pas étaler l’ensemble de ses connaissances, mais davantage de synthétiser de nombreux enjeux complexes inhérents à une coopérative financière de cette envergure.
Il faut viser un juste équilibre entre le réseau des caisses du Québec, la Fédération, les anciennes fédérations régionales, les filiales d’assurance, les secteurs de l’investissement, de la Caisse centrale, de la fiducie, l’expansion pancanadienne et quoi encore. Il faut aussi traiter des volets financiers, démocratiques, coopératifs, technologiques, des tensions politiques internes, sans oublier le volet social et le contexte économique général dans lequel baigne le Mouvement Desjardins.
Bref, une telle synthèse implique pour l’auteur de consulter une documentation interne et publique très étendue. En tout et partout, la recherche et la rédaction se sont étalées sur une période de quatre années afin de bien cerner cette ère qualifiée «des réseaux» soit les réseaux financiers, technologiques et ceux découlant du décloisonnement des produits financiers marquants de cette époque. Chose importante à noter, le livre permet aux lecteurs de bien comprendre le Desjardins d’aujourd’hui, et ce, sans nécessairement avoir lu les trois premiers tomes.
Pour les Lévisiens, le livre permet de constater le rôle joué par des concitoyens qui ont marqué cette époque comme Alfred Rouleau, Raymond Blais, Oscar Mercure, Paul-Émile Charron, René Croteau, François Adam, etc. D’ailleurs, le livre nous transporte en 1972 au moment de l’élection d’Alfred Rouleau à titre de président. Comme le note le quotidien montréalais La Presse du 28 avril 1972, le président du Mouvement, le président du conseil d’administration et le directeur général de la fédération provinciale sont tous de Lévis.
À titre d’employé de Desjardins, on m’a confié le mandat de présider le comité de lecture où l’auteur voit son texte analysé page par page par des experts triés sur le volet. Dans la tradition de Desjardins, ce comité était formé de l’ancien président du Mouvement Alban D’Amours, de Suzanne Maisonneuve-Benoit, de Robert Marquis, de Daniel Roussel, de Réal Rioux et de Bruno Morin, tous de Desjardins. À ces personnes s’ajoutaient Marc Vallières, professeur d’histoire retraité de l’Université Laval, de même que mon collègue David Camirand, à titre de secrétaire du comité. Aux dires de l’auteur, grâce au travail de ces personnes «le texte a gagné en clarté, en précision et en profondeur». Quant à l’ancien président Alban D’Amours, il est malheureusement décédé quelques jours avant la parution du livre. Ce dossier de mémoire aura donc été sa dernière contribution officielle au Mouvement Desjardins, dont il a présidé les destinées de 2000 à 2008.