Par Claude Genest
Il est toujours risqué de faire des bilans historiques de périodes récentes. Souvent les historiens sont réticents de s’y aventurer, préférant se cantonner dans des périodes plus lointaines qui bénéficient du recul du temps pour l’analyse. À l’inverse, les historiens sont heureux de mettre la main sur de premières mises en forme de l’histoire faites par des contemporains, quitte à les corriger. Le premier quart de siècle lévisien a été marqué par de nombreux changements, à commencer par la grande fusion des villes de la Rive-Sud avec l’élection d’un premier conseil municipal en novembre 2001. Quoi qu’il en soit, j’ose ici poser quelques jalons au risque de me tromper.
Un natif de Lévis qui reviendrait en ville après des années d’exil serait sans doute renversé des changements qu’il observerait. Rapidement, il remarquerait la croissance de la circulation dès son arrivée, croissance qui découle de l’augmentation de la population qui, rappelons-le, vient de franchir la barre des 160 000 habitants alors qu’elle était de 125 000 en 2001. Il constaterait aussi une plus grande diversité de celle-ci composée maintenant de gens provenant de nombreux pays. Autre chose qui frapperait notre survenant, la croissance sans précédent des secteurs de Saint-Nicolas, de la tête des ponts et du plateau sud de l’ancienne ville de Lévis. De nombreux gratte-ciel dans ces endroits, qui l’aurait cru en 1990...
Toujours au niveau de l’aménagement physique, notre visiteur du passé noterait les transformations du quai Paquet et du parc de l’Anse-Benson, le développement du Parcours des anses, les nouvelles statues du Chevalier de Lévis à la terrasse de Lévis, du Capitaine Bernier au quai Paquet, d’Alphonse et Dorimène Desjardins, à la Cité Desjardins de la coopération. Sans oublier le retour de la Côte des bûches, la construction du Complexe aquatique multifonctionnel de Saint-Nicolas, la disparition du Ciné-Parc, l’avènement d’un Centre des congrès à Lévis, de même que du campus de l’UQAR.
Notre baladeur imaginaire noterait la disparition définitive de l’ancienne usine L’Hoir et des scies Mercier, derniers vestiges industriels d’une époque révolue sans oublier l’ancien hôtel Victoria de même que les ruines de l’ancien fort numéro 3 de la pointe Lévy. Il serait sans doute étonné de constater la résurgence de la construction navale, les mutations de la vie paroissiale et ravi de voir un milieu communautaire dynamique et vivant. Pour la première fois de sa vie, notre survenant pourrait franchir le mur de l’ancien monastère de la Visitation devenu plus animé que jamais sous l’égide du Patro. Voilà donc quelques éléments de réflexion tout en étant conscient des limites d’un tel exercice. Une chose est certaine, les vingt-cinq dernières années ne furent pas banales et je vous entends ajouter des choses et réflexions à cet article.
C’était le but de cette chronique. Mais la manière la plus sûre de revoir tout ce passé sous vos yeux serait de lire l’ensemble des éditions du Journal de Lévis des dernières années, ce fidèle mémorialiste hebdomadaire du présent.