Par Claude Genest
Le 9 septembre dernier, j’ai eu le plaisir, à l’invitation de la Société de généalogie de Lévis, de faire le bilan de mes quelque six années à titre de chroniqueur historique au Journal de Lévis. Pour l’occasion, je n’avais apporté aucune photo et aucune projection en donnant congé d’écran aux spectateurs présents. La raison était simple : l’événement se déroulait au Vieux Bureau de Poste de Saint-Romuald.
Quel est donc le lien entre ne pas présenter de photo et le fait que tout se déroulait au Vieux Bureau de Poste? Comme je l’ai expliqué aux participants ce soir-là, nous avions la chance d’être dans un endroit patrimonial alors pourquoi ne pas simplement profiter du lieu et du moment. Plus encore, nous avions l’occasion d’animer le lieu et de le faire vivre.
Bref, la meilleure manière de sauvegarder le patrimoine est non seulement de l’entretenir adéquatement, mais aussi de l’animer et de le faire vivre. Plusieurs exemples existent dans Lévis, pensons seulement au Patro qui anime ce qui fut, il n’y a pas si longtemps, un monastère, aux chapelles de procession de Lauzon animées par la Société d’histoire de Lévis, à L’Anglicane, au Vieux Bureau de Poste, au chantier A.C. Davie, à la Maison natale de Louis Fréchette, à la Maison Alphonse-Desjardins, au fort Numéro Un, à l’Espace culturel du Quartier Saint-Nicolas pour ne nommer que ceux-là.
Évidemment, le volet rentabilité fait toujours partie de l’équation, qu’on le veuille ou non. Le sens des affaires, mais aussi le sens de la responsabilité sociale est aussi un élément gagnant. Point important à noter, si les discours en lien avec la préservation sont positifs et constructifs, les interventions visant à soulever des problèmes, des enjeux ou des erreurs seront plus écoutées.
Comme mentionné dans la revue Continuité du printemps 2013 par la rédactrice en chef Josiane Ouellet, de belles mises en valeur ont un effet d’entraînement. «Pour plusieurs communautés, la mise en valeur du patrimoine permet d’attirer les visiteurs. La prise de conscience qui s’ensuit sur ce qui fait la valeur du milieu agit également comme un élément catalyseur de fierté et stimule la volonté de préserver l’héritage local.»
J’ajoute aussi qu’il ne faut pas voir le patrimoine comme un boulet non rentable. Au contraire. Pensez-vous que le Château Frontenac à Québec loue ses chambres moins chères parce qu’il est historique? La réponse est non, évidemment. Au contraire, ils les louent plus chères. Bref, bien mis en valeur, le patrimoine peut être très rentable si l’on joue intelligemment ses cartes et que l’on est créatif dans sa défense.