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Chronique historique

Une résidence d’été à Lévis

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Photo : Courtoisie

23 août 2026 01:13

Je me souviens la première fois où j’ai entendu quelqu’un prononcer le nom de Wilbrod Bherer. Mon interlocuteur tenait pour acquis que je le connaissais, ce qui n’était pas le cas. Je soupçonnais qu’il s’agissait de quelqu’un d’important. Quelques années plus tard, c’est sa résidence d’été lévisienne qui a attiré mon attention et m’a amené à connaître le personnage.

Par Pierre-Olivier Maheux

Né à Saint-Fidèle dans Charlevoix en 1905, Wilbrod Bherer devient un avocat influent à Québec. Il sera le conseiller de bien des gens d’affaires dans la capitale, en plus d’être très actif dans la communauté.

En 1932, il fonde la Chambre de commerce des jeunes de Québec. Il a présidé la Commission des écoles catholiques de Québec pendant de nombreuses années. Il agit comme administrateur d’entreprise, notamment comme président du chantier Davie à Lauzon de 1958 à 1968. 

En 1937, Wilbrod Bherer et sa femme Françoise habitent la rue d’Auteuil à Québec. Ils se mettent à la recherche d’une résidence d’été. Bien des familles nanties du XIXe et du début du XXe siècle partent en villégiature pour l’été, cherchant la nature et la tranquillité. Plusieurs d’entre elles choisissent ainsi de s’installer à Lévis et certaines s’y font ainsi construire de magnifiques résidences. 

Après avoir considéré un emplacement à Sainte-Foy, qui deviendra le Château Bonne-Entente, le choix du couple Bherer se porte sur une propriété à Lévis, plus précisément, à Bienville. Construite vers 1885, la maison est en briques jaunes avec un toit mansardé. Elle est située au bord du cap offrant une magnifique vue sur le fleuve Saint-Laurent. Le terrain d’une dizaine d’acres comprend aussi une maison de jardinier, un garage pour les voitures, une écurie et une serre.

D’abord locataires pendant quelques étés, les Bherer font l’acquisition de la maison en août 1940, quelques mois après la naissance de leur fille Hélène. La propriété nécessite des rénovations. Plusieurs travaux sont effectués, transformant le lieu en « un manoir respectable, presque un petit château », écrit la biographe de Wilbrod Bherer, Marie Lise Gingras. Pendant environ 20 ans, toute la famille y habite cinq à six mois par année et y séjourne également lors du temps des Fêtes. 

La résidence a éventuellement été cédée à l’Hôtel-Dieu de Lévis. Il s’agit maintenant de l’Hôpital de jour - Le cap pour les patients en santé mentale. On y accède par la rue Saint-Dominique, mais, à l’époque, on arrivait plutôt par la rue Jean-Talon (anciennement la rue Saint-François). Elle finit aujourd’hui en cul-de-sac avec ce qui était autrefois l’entrée principal du terrain. En face de la maison, sur la gauche du terrain, on peut toujours voir l’ancien portail d’entrée. 

*** 

Avec cette première chronique d’histoire, je prends le relais de mon collègue et ami Claude Genest qui a eu la gentillesse de suggérer mon nom au Journal. C’est Claude qui m’a formé pendant mes premières années comme historien au Mouvement Desjardins et c’est lui qui m’a incité à m’impliquer à la Société d’histoire de Lévis. J’aurai sans doute l’occasion de lui rendre hommage dans une chronique, un jour ou l’autre. 

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