Par Elizabeth Cyr, Journaliste pour l'Initiative de journalisme local
Les parents ont été convoqués à cette rencontre, chapeautée par Justine Pelletier, directrice de la Clé-du-Boisé, Rachel Dion, secrétaire générale au CSSDN, Caroline Marcotte, directrice générale adjointe du CSSDN et Éric Pouliot, directeur général adjoint du CSSDN, pour mettre en contexte ce changement fait tard dans l’année et répondre aux inquiétudes des parents.
Beaurivage en débordement
Plusieurs écoles dans le secteur sont en surcapacité, malgré les différentes mesures du CSSDN de maximisation de l’espace. En ce qui concerne l’École Beaurivage, sa capacité d’accueil a atteint sa limite, même avec l’ajout de classes modulaires et du déplacement de clientèle.
Les données prévisionnelles du ministère de l’Éducation le sont de moins en moins, selon Caroline Marcotte, puisque deux facteurs ne sont pas tenus en compte : le développement résidentiel et les nouveaux arrivants.
Selon l’effectif du CSSDN, pour l’année 2025-2026, au primaire, les prévisions étaient de 16 355 élèves. Pour la prochaine année, ce nombre s’élèvera plutôt à 16 565 élèves pour l’ensemble du territoire, soit toutes les écoles primaires du CSSDN. Lorsqu’il est question du secondaire, pour l’année 2025-2026 on prédisait 9 318 élèves. L’année prochaine, on s’attend plutôt à 9 597 élèves.
«Reculez seulement de quatre ou cinq ans, c’est énorme comme croissance. On n’a pas eu de nouvelles écoles secondaires ni d’écoles primaires», souligne Mme Marcotte.
«D’ici quatre ans, c’est 1 200 à 1 300 places qu’ils manquent pour le secteur de la Clé-du-Boisé et Beaurivage, souligne Éric Pouliot. On est vraiment en besoin criant d’espace.»
Une annonce tardive
À la fin du mois de février, il était clair pour la directrice générale adjointe que Beaurivage n’allait pas échapper aux impacts de cette hausse, ayant reçu 85 inscriptions scolaires officielles de plus que l’année précédente. C’est aussi le cas dans plusieurs des secteurs du CSSDN qui ont atteint ou sont en voie d’atteindre leur limite.
«On s’est dit, malgré les chiffres, on va attendre la prise réelle de la clientèle, qui est à la fin février. Présentement, à Beaurivage, il y a déjà 85 élèves d’inscrits de plus qu’au 30 septembre l’année passée», se justifie Caroline Marcotte.
Face à ce déficit important, des demandes ont été faites pour s’assurer que le ministère de l’Éducation prenne en considération de façon sérieuse ce secteur. Dans ces demandes, il y a notamment l’ajout d’écoles, autant au primaire qu’au secondaire, l’agrandissement de plusieurs écoles, la construction d’une école modulaire à Lévis, l’ajout de classes modulaires, etc. La CSSDN s’attend à une réponse au mois de juin.
D’ici la concrétisation de ces changements souhaités, environ 90 élèves vont demeurer à la Clé-du-Boisé en troisième secondaire et les cinquièmes années iront à l’École de la Chanterelle, qui accueillait des élèves de la maternelle à la quatrième année.
Cette solution au débordement de Beaurivage est possible grâce à l’ajout de classes modulaires à l’École de la Chanterelle pour maintenir les cinquièmes années dans ses locaux, ce qui permet d’accueillir les troisièmes secondaires à la Clé-du-Boisé à partir de l’année 2026-2027. Ce changement sera en vigueur pour au moins cinq ans.
Des parents inquiets
Plusieurs parents partagent leur déception, dont Émilie Vachon, mère d’un élève qui allait vivre la migration l’année prochaine, qui s’inquiète du cheminement scolaire de son garçon, un sentiment partagé dans la salle. Elle revendique la perte de certaines activités que les plus grands groupes d’élèves de Beaurivage permettaient, dont un voyage-échange au sein du programme Langues et culture internationale.
«C’est le fait d’avoir encore l’effet petit groupe, tenu un peu à l’écart qui va passer un an de plus ici, avant d’aller migrer avec les autres élèves de secondaire quatre», explique Mme Vachon.
Justine Pelletier affirme qu’ils travaillent activement sur une maquette et une potentielle collaboration avec la directrice de l’École Beaurivage, Marie-Eve Carrier, pour jumeler des activités, entamant ainsi une première forme de transition pour les élèves de la Clé-du-Boisé, tout en leur faisant vivre des activités intéressantes malgré leur plus petit bassin d’élèves.
«Pour la première année, on va être en période de transition, donc ça ne sera peut-être pas tout ce qui est vécu là-bas qui sera vécu ici, mais on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que l’expérience soit positive pour nos élèves. C’est le cœur même de nos préoccupations», affirme la directrice de la Clé-du-Boisé.
Éric Pouliot ajoute qu’ils veulent s’assurer de répondre aux besoins des jeunes et d’offrir une même qualité au niveau des programmes.
Caroline Marcotte rappelle qu’ils ont besoin des parents pour faciliter les changements que cette transition apporte. L’École de la Clé-du-Boisé devra s’ajuster et se réorganiser, autant au niveau des programmes que des activités offertes, mais, comme l’affirme Mme Marcotte, leur personnel est engagé, motivé et restera à l’écoute des élèves.