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Situation financière inquiétante

Les paroisses lévisiennes lancent un cri du cœur

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Photo : Érick Deschênes

24 mai 2023 08:51

Les trois paroisses lévisiennes catholiques réunies au sein de l’unité missionnaire Desjardins-Chutes-Chaudière lancent un cri du cœur dans le cadre de leur campagne de financement annuelle. Elles espèrent que la population sera généreuse puisque l’organisation est déficitaire et sa situation financière ne semble pas aller en s’améliorant.

«Il y a un sentiment d’urgence. Si les gens ne s’impliquent pas et ne donnent pas, les églises vont fermer tranquillement et il ne va en rester qu’une ou deux ouvertes, ou peut-être même pas. On a beau dire que les églises, ça fait partie du patrimoine, mais il faut le payer. Et ce n’est pas le gouvernement provincial (pour les dépenses courantes) ou la Ville de Lévis qui va payer», a d’emblée partagé Patrice Vallée, le prêtre modérateur (responsable) de l’unité missionnaire.

À l’issue de l’année financière 2022, chacune des paroisses lévisiennes, Saint-Joseph-de-Lévis (est de Lévis), Saint-Jean-L’Évangéliste (centre de Lévis et Saint-Lambert-de-Lauzon) et Saint-Nicolas-de-Lévis (ouest de Lévis), ont enregistré des déficits. Saint-Joseph-de-Lévis a eu l’an dernier le manque à gagner le plus important, totalisant 64 519 $, tandis que Saint-Nicolas-de-Lévis et Saint-Jean-L’Évangéliste ont présenté des états financiers en 2022 avec un déficit respectif de 57 199 $ et 47 167 $.

Si les paroisses catholiques du Québec font face depuis plusieurs années à une diminution de leurs revenus en raison de la désaffection de plusieurs Québécois envers la religion, la pandémie a accéléré le phénomène. Depuis cinq ans, l’unité missionnaire Desjardins-Chutes-Chaudière estime que les revenus de ses paroisses ont diminué de 40 %, et ce, malgré que certains sacrements, dont les baptêmes et les premières communions, sont encore demandés pour plusieurs jeunes lévisiens.

«C’est sûr qu’il y a une baisse de la pratique et de l’intérêt. En raison de la pandémie, les personnes âgées se sont habituées à moins venir aux célébrations, notamment en écoutant des célébrations à la télé. […] On n’est pas naïfs non plus. C’est sûr que les poursuites contre le diocèse n’aident pas certaines personnes à garder confiance envers l’institution. Il y a une sorte d’indifférence ou une mentalité de ne payer que pour un service, un baptême ou une communion, sans cotiser annuellement, qui existe», a expliqué l’abbé Vallée.

D’importantes dépenses

Les trois paroisses disposent d’un fonds de réserve qui a permis d’éponger les déficits. Toutefois, chacune d’entre elles a déjà budgété des déficits dans leur exercice financier de cette année, soit de 33 167 $ à Saint-Jean-L’Évangéliste, de 94 970 $ à Saint-Nicolas-de-Lévis et de 245 978 $ à Saint-Joseph-de-Lévis. En plus des dépenses courantes, ce sont les investissements nécessaires pour réparer les temples catholiques de la région qui ont un impact sur les budgets de ces organisations.

En 2023, les trois paroisses lévisiennes devront investir près de 1,9 M$ en travaux sur les 14 églises catholiques toujours ouvertes sur son territoire. Par la suite, à moyen terme, près de 2,9 M$ devront être octroyés pour mener d’autres chantiers dans les temples.

Pour poursuivre sa mission «d’évangélisation et d’organisation d’activités pastorales», l’unité missionnaire a donc lancé une réflexion sur un nouveau plan de rationalisation. Déjà, des démarches sont en cours pour que les églises de Saint-Lambert-de-Lauzon, Saint-Nicolas et Pintendre servent à des usages supplémentaires, afin que d’autres organisations absorbent les coûts d’entretien et de réparation.

«On n’est pas rendu au point de dire qu’une église X va fermer le 31 décembre prochain. On regarde cela dans l’ensemble puisque la Ville de Lévis nous pousse en ce sens. Elle veut nous appuyer dans des projets (de réaffectation). On commence à évaluer les choix déchirants que nous aurons à regarder. Avec des déficits de cet ordre, on ne peut pas continuer indéfiniment. C’est la simple logique matérielle. C’est comme des parents qui ont une maison désormais trop grande avec les enfants qui sont partis, ils sont obligés d’aller dans un logement», a imagé Patrice Vallée.

Les paroisses lévisiennes espèrent donc que les dons des catholiques, mais aussi des personnes «soucieuses de la conservation du patrimoine lévisien», soient en augmentation lors de leur campagne de financement actuelle pour renverser la tendance. Notons d’ailleurs que les personnes intéressées peuvent faire des dons sur les sites Web de ces organisations.

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