Dernière année
2025 aura notamment été marquée par le projet phare de la CDC de Lévis, soit le portrait socioéconomique de ses membres. Réalisé dans le cadre de la Semaine nationale de l’action communautaire autonome, l’étude visait à documenter l’ampleur réelle de la contribution des organismes communautaires lévisiens à la vie sociale et économique de la ville.
«Il y a beaucoup de données dans ce rapport, mais on voit l’impact économique des organismes avec la contribution à l’économie de Lévis de 66 M$. Il y a 51 de nos membres qui ont répondus au sondage, ça montre qui on est et ça donne une somme d’environ 1 000 travailleurs», a expliqué Érick Plourde, directeur général du regroupement d’organismes.
Parmi les autres moments marquants, ce dernier souligne la fin du cycle de gestion du Collectif A.I.M.E et du Programme de soutien aux initiatives citoyennes (PSIC) par la CDC de Lévis. Il jugeait ces programmes «importants» pour permettre aux citoyens d’être «une force vive».
À l’échelle de la communauté, le directeur général constate un «essoufflement» du milieu communautaire, s’inspirant du mouvement le Communautaire est à boutte né à Shawinigan.
«Il y a de la pression sur tous les services. Lévis s’est développée beaucoup et on a un enjeu avec un moratoire sur la construction. Qu’en est-il du milieu communautaire? À travers toutes ces personnes, il y a des enjeux différents. Cette pression-là n’est pas seulement économique. Plus la population grandit, plus il y a des situations liées aux contextes sociétaux. La pression sur les organismes communautaires se multiplie et le financement ne suit pas. Il y a absolument une conversation à avoir sur notre système», a affirmé Érick Plourde.
Déménagement du 55
L’année 2025 aura également été marquée par le dénouement du dossier du déménagement de l’accueil inconditionnel Le 55. La ressource quittera le Vieux-Lévis pour s’installer dans le secteur de la rue Charles-Rodrigue.
Pour Érick Plourde, ce dossier illustre surtout l’importance de la concertation entourant certains enjeux, tels que l’itinérance.
«L’itinérance, c’est la cristallisation de plein d’enjeux qui n’ont pas été répondus auparavant : des enjeux de logement, de santé mentale, de sécurité alimentaire, etc. Pendant l’année 2025, la Ville a développé une politique en lien avec l’itinérance et un Plan d’action concerté en matière d’itinérance. Je veux mettre en lumière tout ce processus. La Ville s’est mise en action : on a réalisé avec eux et en concertation avec des organismes communautaires, la police, des citoyens du coin et des commerçants, des sondages, des forums et on a sondé plus de 60 personnes qui vivent en situation d’itinérance pour réunir l’ensemble de nos forces», a-t-il souligné.
Des enjeux qui s’accumulent
Pour les prochains mois, le directeur général anticipe plusieurs défis majeurs pour le milieu communautaire.
«Dans les enjeux, il y a le logement, la santé mentale, la détresse, les enjeux pour les familles et les femmes monoparentales, les enjeux qui touchent notre jeunesse qui commence à être trop connectée et déconnecté à la fois, l’isolement des aînés. On a aussi une population vieillissante au Québec, on est en retard pour trouver des solutions à ces enjeux-là qui s’en viennent et qui seront importants sur l’État-providence. Les enjeux d’immigration au Québec, c’est important de se poser des questions sur comment on reçoit ces personnes-là et les ressources qu’on a pour les accueillir», a listé Érick Plourde.
Il cible également l’incertitude entourant la Commission consultative de développement social et communautaire de Lévis, à la suite de l’arrivée d’une nouvelle administration municipale. «On est un peu dans le flou, mais on va continuer de travailler main dans la main avec les gens de la Ville de Lévis», a-t-il assuré.
Pour 2026, le directeur général estime que la clé sera la collaboration et une vision plus intégrée du développement. Selon lui, le développement économique et le développement social ne peuvent être dissociés du développement écologique et ces thèmes doivent être pensés ensemble dans les différents dossiers.
«À l’échelle municipale, c’est vraiment important de se comprendre puis de se donner une place. J’espère que le développement social va garder sa place dans la conversation et que ce sera une place d’action. Il y a une transformation rapide dans toutes nos sociétés et les gens se perdent dans tout ça, donc c’est important de ramener ça à une échelle de quartier. Pour l’année 2026, cette conversation de ramener une ville à des échelles humaines de quartier, c’est important», a conclu Érick Plourde.