Effectivement, alors que l’Indice de prix à la consommation (IPC) a augmenté de 2,2 % d’une année à l’autre en novembre, selon Statistique Canada, la hausse du coût de la vie se reflète dans les services offerts au Grenier.
«L’augmentation a été conséquente depuis la pandémie jusqu’à aujourd’hui. J’ai déjà vu une journée avec 96 dossiers. […] Lorsqu’on est parti du Vieux-Lauzon, on a doublé notre clientèle et ce qui est inquiétant, c’est de voir que c’est en constante augmentation. De notre côté, on veut toujours être en mesure d’offrir des paniers d’épicerie, ce qui nous amène à avoir des dons de Moisson Québec et de plusieurs donateurs, mais il faut quand même acheter de la nourriture aussi. Il faut être capable de faire face à l’augmentation sans diminuer la quantité, de garder une quantité pour que les gens puissent se nourrir convenablement sans couper», indique d’emblée Stéphane Clavet, directeur général du Comptoir alimentaire Le Grenier.
Des profils de plus en plus diversifiés
Ce dernier a aussi pris un moment pour souligner que, contrairement à l’idée populaire, il n’y a pas un profil de personne en particulier qui demande de l’aide à l’organisme. Les familles immigrantes, notamment, peuvent être touchées, alors qu’entre 2016 et 2021, le nombre de citoyens issus de l’immigration s’est accru de 75 % à Lévis, selon Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes.
«On a souvent une idée préconçue que ce sont des gens qui sont sans travail qui viennent demander de l’aide ou qui ont des problèmes de santé mentale, alors qu’on a aussi beaucoup d’immigrants, des gens qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts ou encore, des retraités. […] On a des familles immigrantes qui arrivent ici et qui sont des familles nombreuses très souvent. Ça fait en sorte qu’au lieu d’avoir deux bouches à nourrir, il peut y en avoir cinq ou six. Il y a des gens qui sont endettés, même quand ils sont deux à travailler. (Le contexte économique) amène une clientèle différente, comme avec des gens qui travaillent, alors que dans le temps, les gens qui travaillaient avaient moins besoin d’aide», explique Stéphane Clavet.
Pour 2025, ce sont 7 338 paniers d’épicerie qui ont été remis, pour une valeur moyenne de 160 $ du panier, représentant plus de 1,17 M$. À cela s’ajoutent les paniers d’urgence, un dépannage de 24 heures, pour répondre à l’augmentation de l’itinérance. Ce sont 185 paniers d’urgence qui ont été remis et 5 439 repas chauds qui ont été faits, alors que l’on compte maintenant 1 080 dossiers actifs de familles.
Pour 2026, Stéphane Clavet admet que même s’il souhaite une stabilisation des demandes d’aide alimentaire, il s’attend tout de même à une augmentation, mais «peut-être pas aussi considérable que l’année passée».