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Briser l'isolement

L’EDML inaugure le Central

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Un des bureaux de travail disponibles pour les utilisateurs du Central. Photo : Étienne Vallières

31 janv. 2026 06:32

L’École du milieu de Lévis (EDML) a procédé à l’inauguration du Central, un nouveau milieu de vie communautaire dédié aux jeunes adultes, le 21 janvier. Par le fait même, elle a lancé sa campagne de financement majeure pour 2026, qui s’étirera jusqu’en 2028.

Ouvert depuis le 5 janvier dernier, le Central est un projet pilote d’une durée d’un an qui affiche déjà un achalandage considérable. Ce lieu d’appartenance sécuritaire et inclusif, conçu pour soutenir les jeunes adultes en situation de vulnérabilité, agit sur l’isolement social en réduisant les facteurs de risque associés à la criminalité et en renforçant les facteurs de protection.

«Pour les jeunes adultes, il y a vraiment un trou de service, explique Andrée-Anne Tanguay, directrice générale de l’EDML. Les maisons des jeunes arrêtent à 17 ans. Les jeunes qui sortent du centre jeunesse à 18 ans ont très peu de services où aller. On a des jeunes qui fréquentent présentement le Central qui fréquentaient, jusqu’à la semaine passée, le Piolet à Québec. Ça, c’est des jeunes de Lévis qui partaient à Québec pour avoir un espace de socialisation. On le sait, la santé mentale chez nos jeunes adultes est en déclin et la détresse augmente à mesure que l’isolement augmente. Le Central répond donc à ce besoin.»

Inspiré de la programmation régulière de l’EDML, le Central repose sur «la création de liens significatifs, l’accès à des adultes de confiance et la participation à des activités en adéquation avec la réalité et les besoins des jeunes». Le Central offre également un accès à des services psychosociaux de première ligne, incluant des rencontres ponctuelles et des suivis individualisés, et contribue à prévenir l’instabilité résidentielle et la désaffiliation sociale, tout en favorisant l’intégration sociale, le retour en formation, l’insertion socioprofessionnelle et l’engagement citoyen.

Pour Andrée-Anne Tanguay, les liens de confiance que ce lieu peut établir auprès de ses utilisateurs permettra à des jeunes d’éviter de tomber dans les mains de la criminalité.

«L’exploitation sexuelle, les gangs de rue et la violence armée sur le territoire, on sait que les jeunes avec des facteurs de vulnérabilité vont être plus enclin à accepter des propositions de ces milieux-là, puisqu’ils vont venir prendre la place d’une famille dans leur esprit. S’ils ont des facteurs de protection, des liens de confiance avec des adultes, des amis et un réseau social positif, ça les protège un petit peu de ces réseaux-là», ajoute-t-elle.

Campagne de financement

Si le Central est pour l’instant un projet pilote, l’EDML a mis en place une campagne de financement avec un objectif de 500 000 $ qui permettrait d’assurer la pérennité du milieu pour au moins les cinq prochaines années ainsi que d’augmenter l’offre de service éducative auprès des jeunes.

«Je crois qu’on va tripler notre impact dans la communauté grâce au montant de la campagne de financement, mentionne Andrée-Anne Tanguay. Présentement, à l’école, on a une classe avec 15 élèves maximum à la fois. On garde des jeunes en suivi en dehors de l’école, mais maintenant on va pouvoir répondre à plus de besoins. On a une liste d’attente depuis deux ans qui ne baisse pas tant que ça. On se dit qu’avec le Central, on offre une alternative en attendant qu’ils aient leur place dans les bancs d’école, donc on va pouvoir aider plus de jeunes.»

L’EDML a d’ailleurs indiqué qu’avec le financement de plusieurs partenaires de la communauté et du secteur privé, la campagne a déjà amassé 397 000 $, ce qui donne confiance à l’équipe pour le futur du Central, un projet qui remplit Andrée-Anne Tanguay et ses collègues de fierté.

«Avec le Central, on a le sentiment du devoir accompli, parce que ça fait longtemps qu’on le voit le besoin et que les jeunes le demandent. Maintenant, on a l’impression d’être capable de faire quelque chose et ça, ça n’a pas de prix. De voir la problématique, de la vivre et de répondre avec quelque chose de concret, ça diminue le sentiment d’impuissance et ça nous donne le moyen de nos ambitions. C’est un beau carburant», lance la directrice générale de l’EDML.

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