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Alliance pour le bien-être des travailleurs communautaires

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Photo : Patrick Demanou Kana

12 févr. 2026 09:41

C’est par des soins en massothérapie que la Corporation de développement communautaire (CDC) de Lévis et Ricochet ont concrétisé leur collaboration le 10 février. Officialisée à l’automne dernier, cette initiative conjointe vise à soutenir le bien-être ravailleurs communautaires du réseau CDC de Lévis, pourvu que les gestionnaires des organismes jouent le jeu.

Par Patrick Demanou Kana

«C’est notre rôle à la CDC d’offrir du soutien adapté pour répondre le plus possible aux besoins du milieu communautaire», soutient Marie-Claude Verreault Dubreuil, agente de développement à la CDC de Lévis. Pendant la pandémie, le taux de roulement, déjà important dans le milieu communautaire, «s’était exacerbé encore plus». Il y avait «un essoufflement des ressources, autant chez nos gestionnaires que dans les équipes d’intervenants», précise-t-elle. C’est dans ce contexte que l’idée d’organiser des activités de bien-être au profit des travailleurs communautaires a germé. «En faisant des recherches, je suis tombée sur Ricochet», poursuit l’agente également responsable de la vie associative.

De son côté, l’organisme établi dans la Capitale-Nationale cherchait justement à étendre ses services. «On voulait se déployer sur la Rive-Sud», confirme Jennifer Petitclerc Pagé, coordonnatrice générale de Ricochet. L’organisme recevait «beaucoup d’appels de gestionnaires [de la région] qui voulaient participer à nos événements». Pour l’experte en gouvernance et en santé mentale au sein de Ricochet, «tout s’est aligné quand Marie-Claude a appelé». Le partenariat s’est donc construit sur la base de ces besoins réciproques.

Un programme pensé avec le milieu

L’initiative vise à prévenir l’épuisement, cultiver la santé globale et renforcer la solidarité au sein du réseau. Elle ne s’est pas faite sans consulter les principaux intéressés. Marie-Claude Verreault Dubreuil se rappelle qu’à l’hiver 2025, la CDC de Lévis a «testé une activité bien-être avec un fournisseur de la région». L’expérience a été un succès et «toutes les places avaient été prises. Ça a donné le goût d’aller plus loin», alors qu’elle était parallèlement en pourparlers avec Jennifer Petitclerc Pagé. À l’automne 2025, les premières initiatives conjointes ont vu le jour. «On a envoyé un sondage en collaboration avec Ricochet pour comprendre où étaient les besoins», explique l’agente de développement. C’est sur la base de ces résultats que la programmation hiver-printemps 2026 a été élaborée.

Ce calendrier offre une variété d’activités adaptées aux réalités du milieu communautaire. La clinique de massothérapie, qui lance le calendrier le 10 février, proposera d’autres séances en mai. Une micro-retraite est prévue également en mai, suivie d’activités physiques en juin pour canaliser le stress par le mouvement. Il s’agit d’une programmation test disponible au siège de la CDC de Lévis, où se font les inscriptions et où ont lieu certaines activités. Le taux de participation aux activités à venir permettra de bonifier ce calendrier et de préciser d’autres détails de la collaboration.

Des gestionnaires à convaincre

Les activités ayant lieu sur les heures de travail, les responsables du projet reconnaissent qu’«il faut changer la culture de nos gestionnaires pour qu’ils permettent à leurs employés de prendre une demi-heure, une heure pour venir faire une activité de bien-être». Le plus difficile, pensent-elles, sera de les convaincre que «ce temps-là soit compté comme une heure de travail». Jennifer Petitclerc Pagé reconnaît toutefois que «certaines organisations ont pris de l’avance grâce aux mécanismes internes». 

Mme Verreault Dubreuil veut y croire mais reste dubitative : la plupart des gestionnaires «ne connaissent pas la valeur que ça peut avoir sur leurs équipes de travail». Pourtant, «les bailleurs de fonds de ces organismes trouvent pertinent qu’ils prennent soin de leurs équipes », confie-t-elle. Car cela peut avoir un impact sur «la rétention du personnel», poursuit-elle.

Tout en reconnaissant que certains travailleurs peuvent s’inscrire individuellement, elle plaide pour une démarche collective portée par les organismes employeurs. «On est là pour semer la petite graine qui va faire en sorte qu’il y ait des changements». Une démarche qui nécessite que les 70 organismes membres de la CDC de Lévis, représentant environ 1 000 travailleurs, s’approprient cette initiative.

«Ce n’est pas égoïste de prendre soin de soi, si c’est pour être un meilleur intervenant, un meilleur travailleur», conclut Marie-Claude Verreault Dubreuil.

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