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Déclin des orignaux

Les citoyens au service de la science

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Photo : Courtoisie – ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

21 janv. 2026 02:13

La population d’orignal est en déclin en Chaudière-Appalaches. Afin de comprendre pourquoi, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) a décidé de faire appel aux amateurs de plein air dans un projet de science citoyenne qui consiste à recueillir du crottin d’orignal, une première au Québec pour ce type d’étude.

«Au niveau du ministère, nous avons certaines préoccupations pour la zone de chasse trois. Nous avons constaté une diminution des densités au cours des 15 dernières années. En faisant des suivis, nous avons constaté que la productivité du cheptel, soit le nombre de jeunes produits annuellement, serait aussi en diminution», a expliquée le biologiste responsable du projet à la Direction de la gestion de la faune Capitale-Nationale – Chaudière-Appalaches, Alexis Grenier-Potvin.

La zone de chasse trois. Photo: Courtoisie MELCCFP

Les causes de cette baisse ne sont pas claires pour le ministère. Plusieurs hypothèses sont à l’étude. L’une d’elles, ce sont les tiques d’hiver qui provoquent une mortalité chez les jeunes. Cette problématique est bien documentée, précise M. Grenier-Potvin.

Une autre, et c’est sur quoi le projet se concentre, c’est que la baisse pourrait être liée au déclin de la natalité. Il aidera à documenter la dynamique de reproduction de l’orignal. L’analyse de crottin d’orignal permettra de connaître le sexe de l’animal et si c’est une femelle, si elle est gestante ou pas. «Cela nous permettra de mieux comprendre et de voir s’il y a d’autres recherches à faire», a poursuivi le biologiste.

Photo: Courtoisie - MELCCFP

Parallèlement, depuis 2018-2019, une mesure de protection des femelles est en vigueur. En général, ces mesures permettent de rétablir les populations et d’augmenter les naissances. «Ce que nous constatons, c’est que malgré ces mesures de protection, on a vu le bassin de femelles adultes augmenter, mais pas leur productivité», a ajouté Alexis Grenier-Potvin.

Aide citoyenne

Afin d’obtenir un échantillon important, la contribution de la population est importante. Les motoneigistes, les randonneurs, les chasseurs ou toute personne qui se trouve en forêt peuvent contribuer en recueillant les selles d’orignaux. «Ils peuvent traîner dans leur sac une trousse que nous leur fournirons. Si l’occasion se présente, s’ils rencontrent des traces d’orignaux qui mènent à des crottins. Ils auront tout en main pour les récolter», mentionne Alexis Grenier-Potvin.

On retrouvera, entre autres, un guide qui permettra aux citoyens d’être en mesure d’identifier les selles d’orignaux et de les différencier de celles d’un cerf, par exemple.

Les personnes intéressées peuvent remplir un formulaire d’inscription sur le site Internet du MELCCFP. Elles recevront la trousse d’échantillonnage. Lorsqu’elles auront collecté les excréments d’orignaux, il suffira de les déposer dans l’un des neuf points de dépôt, dont celui situé au Bureau de protection de la faune situé au 186, boulevard Laurier, à Laurier-Station ou à la Direction de la gestion de la faune au 8400, avenue Sous-le-Vent, à Charny. Les échantillons pourront être déposés dans la glacière extérieure identifiée à cet effet (Laurier-Station) ou dans le congélateur extérieur (Charny).

M. Grenier-Potvin indique qu’une deuxième campagne d’échantillonnage pourrait avoir lieu à l’hiver 2027 afin de pouvoir suivre les données dans le temps.

La collecte d’échantillon aura lieu en février et mars.

 

 

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