mercredi 12 juin 2024
Votre Journal. Votre allié local.

Politique > Actualités

Budget du Québec 2023-2024

Un budget qui ne soulève pas l’enthousiasme dans la région

Les + lus

Heureux de l'intention de Québec d'aller de l'avant avec certains projets routiers, Gilles Lehouillier aurait aimé un investissement plus massif du gouvernement provincial dans les infrastructures sportives. Photo : Érick Deschênes

23 mars 2023 11:33

Après la présentation du budget provincial 2023-2024 par le ministre des Finances du Québec le 21 mars, plusieurs intervenants ou organisations liés à Lévis ont partagé leurs réactions mi-figue mi-raisin face au nouvel exercice financier de Québec.

D’abord, pour Gilles Lehouillier, le maire de Lévis, le plus récent budget provincial «contient quand même de bonnes nouvelles» pour Lévis. C’est principalement la confirmation reçue que le gouvernement provincial ira de l’avant avec deux projets majeurs, l’élargissement à trois voies de l’autoroute 20 entre la route du Président-Kennedy et la tête des ponts ainsi que la transformation des routes des Rivières (116) et Marie-Victorin (132) en boulevard urbain à Saint-Nicolas, qui a réjoui le premier magistrat.

«Pour nous, l’élargissement de l’autoroute 20 est un investissement très significatif. En plus de cette artère, nous n’avons que le boulevard Guillaume-Couture comme voie est-ouest. En élargissant l’autoroute 20 dans les deux directions, on pourra améliorer la circulation de transit ainsi que celle interne. C’était un projet qui était attendu depuis plusieurs années», a notamment salué M. Lehouillier.

Par contre, le premier citoyen s’est dit déçu que Québec ne consacre cette année qu’environ 300 M$ pour financer des projets d’infrastructures sportives, récréatives et de plein air. «On n’a pas prévu (une enveloppe assez importante). On vient de sortir d’une période difficile pour nos jeunes, les besoins en équipements sportifs sont immenses», a affirmé Gilles Lehouillier.

Par la suite, le maire a partagé son espoir de recevoir que la Ville de Lévis reçoive un coup de pouce financier du ministère de l’Économie pour lancer le parc industriel Lévis-Est. Selon Gilles Lehouillier, il est primordial que Lévis puisse amorcer ce projet afin de profiter des retombées de l’intégration prochaine de Chantier Davie à la Stratégie nationale de construction navale.

Pour sa part, Repensons Lévis, par l’entremise du conseiller municipal Alexandre Fallu, a salué les investissements promis par Québec dans les infrastructures routières lévisiennes. Cependant, l’élu représentant Christ-Roi croit comme Québec que Lévis aurait méritée de recevoir davantage de subventions, entre autres pour améliorer l’offre de logements sociaux.

Investissements demandés

Quant à eux, la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lévis (CCIGL) et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ont accueilli favorablement la réduction de la fiscalité des particuliers, les mesures fiscales prévues au Régime des rentes du Québec, le congé fiscal pour les grands projets d’investissement, les sommes prévues pour améliorer l’intégration des nouveaux arrivants ainsi que certaines mesures en développement régional.

Toutefois, les deux organisations déplorent que les entreprises ne profitent pas d’une baisse d’impôts, comme les particuliers, et que certaines mesures pouvant aider les petites et moyennes entreprises n’aient pas été mises en œuvre, dans le contexte de ralentissement économique qui frappe actuellement le Québec. De plus, la CCIGL et la FCCQ déplorent que la réduction du fardeau fiscal offert à une majorité de particuliers ait été concrétisée en «sacrifiant des versements au Fonds des générations».

Quant au développement régional, les deux organismes estiment que des mesures supplémentaires auraient été nécessaires, notamment en ce qui a trait au logement ainsi qu’à la concrétisation du tunnel Québec-Lévis.

«Les besoins en construction de nouveaux logements locatifs sont très élevés, et cette pénurie affecte plusieurs entreprises dans le recrutement et la rétention des employés, entre autres dans nos régions québécoises. Si cette offre n’existe pas, comment amener les travailleurs à venir pourvoir les postes vacants et contribuer à la vitalité économique régionale ? Il en va de même pour les autres services comme le manque de places en services de garde éducatifs, ou les infrastructures publiques nécessaires à l’évolution d’une collectivité», a déclaré Marie-Josée Morency, vice-présidente exécutive et directrice générale de la CCIGL.

Une crise qui va «s’amplifier»

D’ailleurs, plusieurs organismes ont déploré le manque d’investissements ou l’absence de mesures du gouvernement provincial, selon eux, afin de s’attaquer à la crise du logement.

«Il n'y a aucun investissement pour de nouvelles unités dans un programme entièrement consacré à l'habitation communautaire et sociale. Seulement 1 500 unités sont prévues dans le Programme d'habitation abordable Québec (PHAQ), dont 500 qui sont réservées au privé. Des annonces qui sont loin d'être suffisantes pour avoir un effet positif sur la crise du logement actuelle», a souligné Éric Cimon, directeur général de l'Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ).

«Les mesures annoncées, bien que nécessaires, sont insuffisantes pour relever les défis du secteur : déficit de 100 000 habitations au Québec, taux d'inoccupation des logements locatifs faméliques, abordabilité à son pire niveau en plus de trois décennies et taux de propriété en baisse pour la première fois depuis 1971», a aussi ajouté Paul Cardinal, directeur du service économique de l’Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ).

Autres réactions

Pour ce qui est des réactions du milieu culturel au budget provincial, Culture Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches (CCNCA) a partagé sa déception et son inquiétude. «Malgré quelques mesures positives en matière de culture, les efforts engagés demeurent bien timides, compte tenu des investissements nécessaires à la mise en œuvre de la relance du secteur des arts, de la culture et du patrimoine», a analysé CCNCA.

Aussi déçue, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) a accueilli «très froidement un budget très peu ambitieux pour améliorer les conditions de vie des aînés», particulièrement celles des aînés plus vulnérables.

Si l’Union des producteurs agricoles (UPA) a accueilli positivement le maintien des budgets permettant de poursuivre le financement de la Politique bioalimentaire et d’accroître l’autonomie alimentaire du Québec, elle estime que le «soutien requis pour continuer de répondre toujours plus fidèlement aux attentes sociétales tout en faisant face au contexte économique exceptionnellement difficile n’a toutefois pas été au rendez-vous».


Les + lus