mercredi 21 février 2024
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Maisons patrimoniales

Deux demandes de démolition qui ne font pas l'unanimité

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Les quartiers de Lévis dont Lauzon et Saint-Romuald sont composés de plusieurs maisons patrimoniales. Photo : Archives – Gilles Boutin

06 déc. 2023 09:57

Le comité de démolition de la Ville de Lévis a tenu une séance publique le 4 décembre dans le cadre de deux demandes de démolition. La première touche une maison située au 634 rue des Grands-Jardins et l’autre le 358 rue Saint-Joseph. La séance visait à écouter les deux partis sans donner le verdict du comité.

Situé dans le secteur Saint-Romuald, le 634 rue des Grands-Jardins est inhabité depuis trois ans déjà. Les deux requérantes à la démolition de cette maison sont les filles du propriétaire qui doivent désormais aller s’occuper de cette maison qu’elles jugent «vétuste extérieurement et intérieurement». 

Soulignant entre autres les lacunes de la maison au niveau de la toiture, de la pourriture du revêtement extérieur, des infiltrations d’eau, de la plomberie et de l’isolation, elles souhaitent vendre le terrain à la suite de la démolition de la maison qui se situe dans une rue constituée presque uniquement de nouvelles constructions. 

Quelques citoyens ainsi que le vice-président du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées (GIRAM), Gaston Cadrin, sont venus s’exprimer sur le fait que cette maison patrimoniale ne devrait pas être détruite malgré son état, mais plutôt revendue à quelqu’un qui souhaiterait lui «donner de l’amour». 

«Cette maison est au cœur d’un lieu à connotation historique importante. C’était [la compagnie John Breakey Limited] qui était là», a souligné Gaston Cadrin. Le terrain était une cour à bois sur laquelle se situe le 634 rue des Grands-Jardins, malgré quelques modifications au niveau des fenêtres, la maison reste assez identique à ce qu’elle était à ses débuts aux alentours de 1900. 

Les deux requérantes ont aussi été reprochées par le président du comité, le conseiller du district de Saint-Étienne, Serge Bonin, d’avoir un rapport d’inspection datant de 2018. Ce dernier souligne que le rapport ne témoigne pas de la gravité des problèmes comme elles les ont présentés. 

De son côté, le 358 rue Saint-Joseph se situe dans le secteur Lauzon. La bâtisse a été rachetée au printemps 2023 par Dave Marcil Bissonnette. Ce dernier souhaite construire un immeuble de huit logements après la démolition de la maison. Il a souligné que s’il était possible de le faire, il aurait construit à partir de la structure, dans la maison existante, mais malheureusement la maison est en trop mauvais état selon lui. 

Actuellement inoccupée depuis un nombre d’années indéterminé, la maison reçoit des «squatteurs» comme indiqué par les voisins et le nouveau propriétaire. Tous les partis soulignent que quelque chose doit être fait avant que la maison prenne feu et devienne un risque pour elle-même et le voisinage. 

Le requérant indique entre autres que la maison possède des problèmes majeurs d’infiltration d’eau, une galerie dangereuse, des problèmes majeurs au niveau des revêtements extérieurs, aucune cuisine ou salle de bain fonctionnelle ainsi que la présence de vermines. Il ajoute que l’entrepreneur en construction et l’inspecteur qui sont venus visiter la maison ont tous deux confirmé que la détérioration était trop grave pour la rénovation. 

L’opposition à ce projet immobilier est composée des voisins de la maison ainsi que de Gaston Cadrin du GIRAM. Le voisinage est inquiet de la densification de population par la présence d’un immeuble de huit logements qui ne cadrent pas dans le quartier selon eux. «Saint-Joseph, c’est une rue patrimoniale d’un bout à l’autre», a souligné un des voisins du 358. 

Le comité de démolition composé de quelques élus de la Ville de Lévis se penchera sur les dossiers et les témoignages livrés par les requérants et les opposants aux projets de démolition afin de rendre prochainement sa décision. Serge Bonin a aussi tenu à rappeler que pour que la démolition d’une maison patrimoniale soit acceptée, il faut démontrer qu’il s’agit du dernier recours possible. 

 

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