«Ça a été un choc. On savait qu’on n’allait peut-être pas tous passer, mais on ne pensait pas qu’on allait être juste deux. Ça a pris quelques jours pour l’absorber. Le vrai résultat, on l’a juste le jour J. J’étais contente de mon côté et je pense que Benoit aussi, mais il fallait absorber le tout. Je pense qu’on fait une bonne équipe», débute Karine Lavertu, pour laquelle il s’agit d’un troisième mandat au conseil municipal, elle qui était auparavant conseillère du district Charny.
Pour Benoit Forget-Chiasson, il s’agissait d’une première participation à une campagne électorale. «C’était quand même une campagne à trois équipes qui était bien organisée. Dans notre équipe, il y avait beaucoup de nouveaux visages, ce n’était pas une garantie que parce que c’est la suite de LF10 tout le monde allait être élu. On savait qu’il allait y avoir un bon challenge dans plusieurs quartiers», ajoute-t-il.
Malgré leur petit nombre de représentants élus, Mme Lavertu et M. Forget-Chiasson se sont lancés dans l’aventure avec une attitude de collaboration et d’ouverture.
«Ce qu’on constate quand même depuis les premiers conseils, c’est qu’on est écouté, entendu et respecté et je pense que c’est un élément important de notre début de mandat. On n’a beau être que deux, mais ça ne fait pas en sorte qu’on est mis au troisième rang. On est à l’aise dans la situation qu’on est», indique Benoit Forget-Chiasson.
Les deux conseillers se sont d’ailleurs réjouis dans les dernières semaines de la place qu’ils occuperont durant leur mandat au sein des comités et commissions. Du côté du conseiller de Saint-Rédempteur, ce dernier siège sur le comité exécutif. Il prendra également part aux commissions de la planification intégrée du territoire, de la sécurité urbaine et des finances et de l’administration, en plus de participer au comité consultatif d’urbanisme et de siéger au conseil d’administration de la Société de transport de Lévis (STLévis).
Du côté de Karine Lavertu, celle-ci devrait présider le conseil d’arrondissement des Chutes-de-la-Chaudière-Est en plus de prendre part aux comités consultatifs d’urbanisme et d’urbanisme en patrimoine et de siéger au conseil d’administration de la STLévis.
«Notre façon d’apporter les questions nous permet de faire des avancées, rapportent les deux conseillers. Ce n’est pas de la confrontation, on est dans la collaboration. On dit qu’est-ce qu’on a à dire dans nos comités pléniers. Si on a besoin d’en reparler au conseil, on va le faire, mais si on considère que le dossier est réglé ou qu’on sait que la discussion n’est pas terminée, on veut aller jusqu’au fond de la chose avant d’en parler publiquement.»
Priorité diversification
Après l’adoption d’un premier budget «du moindre mal» et d’un plan quinquennal des immobilisations (PQI) «en manque d’éléments de qualité de vie», les élus de LF10 souhaitent travailler à la diversification et s’attendent à mieux pour le prochain exercice qui aura lieu à la fin de 2026.
«On a maintenu les taxes à la bonne place. On a coupé presque 10 M$ dans la machine, mais la ventilation de ce 10 M$-là n’est pas parfaite. On a hâte que ce contenu-là soit plus clair. Notre priorité à Karine et moi c’est de diversifier les revenus et de ne pas se fier sur les deux éléments que l’équipe en place parle le plus, soit la fin du moratoire et de couper encore davantage dans les dépenses. On est d’accord qu’il y a encore des économies à faire, mais pas au détriment du citoyen», souligne Benoit Forget-Chiasson.
De son côté, Karine Lavertu déplore la disparition d’un projet en pérennité prévu originalement pour 2026-2027 pour son district du PQI, alors que des citoyens le demandent depuis longtemps.
«Ça m’a fait quelque chose pour les citoyens qui attendent ça depuis longtemps et qui ont des problèmes avec l’eau pluviale. J’ai eu une rencontre avec l’administration et on me dit qu’ils vont faire d’autres analyses et qu’il a été repoussé en 2031. Je me dis qu’ils ont quand même pris le temps de me rencontrer, et [qu’il y a peut-être] une possibilité que ça réavance dans le temps», déplore la conseillère de Breakeyville.
Réflexions en cours
À la suite des résultats obtenus lors des dernières élections municipales, les élus de LF10 envisagent certains changements.
«On est en réflexion actuellement. Il va y avoir des décisions à prendre dans les prochains mois. Isabelle Demers reprend son travail à la Banque Nationale et elle continue actuellement d’être cheffe de Lévis Force 10. Avec le retour d’Isabelle Demers à sa carrière avant son implication politique, on prendra les décisions à propos, soit pour se nommer un nouveau chef permanent ou un chef par intérim en attendant. Ce sont des choses qu’on va analyser dans les prochains mois», lance Karine Lavertu, ajoutant que «toutes les options sont sur la table» et que le parti pourrait «changer de nom».
Avec la présence de Benoit Forget-Chiasson sur le comité exécutif, les élus ont répondu à certaines rumeurs qui les enverraient rejoindre les rangs du maire et de son équipe au conseil.
«On est attaché aux idées qu’on a défendu en campagne qui ne sont pas les mêmes que Prospérité Lévis ni celles de Repensons Lévis, même si il peut y avoir des recoupements. Ce qui est clair, c’est que ce serait de nous prêter de mauvaises intentions que de dire qu’on va rejoindre les rangs d’une équipe ou d’une autre. L’identité de LF10 est peut-être appelée à changer, mais on tient à notre indépendance. Les gens qui ont voté pour nous ont donné leur vote autant à nous personnellement qu’à l’équipe qu’on défendait», concluent les deux élus.