Rapidement dans son discours, l’ex-ministre a précisé qu’il «n’est pas entré dans la course pour dire ‘’Continuons’’», promettant d’être le «candidat du changement».
«Dans les dernières années, on a perdu la confiance des Québécois, tous les sondages le montrent. Pourquoi? Parce qu’on s’est éloigné de nos racines, de nos valeurs et du contrat moral qu’on avait signé avec les Québécois. On a trop souvent changé d’idée ou reculé sur nos positions», a d’abord lancé Bernard Drainville.
Drainville pose ses bases
Avant d’aborder ses thèmes de campagne, M. Drainville a rappelé l’importance qu’il voue au projet de troisième lien.
«Je n’ai pas besoin de consulter pour savoir que les caquistes et les gens de la région de Québec et de la Chaudière-Appalaches veulent un troisième lien pour assurer notre sécurité économique. C’est dans l’intérêt de tout le Québec», a indiqué le candidat.
Par la suite, il a longuement détaillé les lignes directrices de sa campagne. Il a mentionné vouloir remettre le thème de la famille dans la politique, proposant de «remettre de l’argent directement dans le portefeuille des familles de la classe moyenne».
Il a ensuite souligné que «la CAQ va rester le parti de l’économie, mais ce ne sera pas le parti des subventions aux grandes entreprises étrangères». Aussi, il promet de «faire sauter le tabou absurde qui existe autour du privé dans les services publics».
«Soyons honnêtes et lucides, depuis 2018, qu’est-ce qu’on a fait? On a ajouté de l’argent, on a ajouté des fonctionnaires et on se retrouve deux mandats plus tard avec encore plus d’État, encore plus de bureaucratie et on est en déficit. Pendant ce temps, les Québécois ne sentent pas une réelle augmentation des services. Ils voient un État avec trop de règlements, trop de normes, trop de paperasses qui se traduisent par de multiples plans d’action, plans stratégiques et rapports annuels. […] On a atteint un niveau de déresponsabilisation grave», a admis Bernard Drainville.
Son dernier thème a ensuite été l’immigration, alors qu’il a annoncé vouloir «mettre de l’ordre là-dedans». Il affirme qu’il «y a eu trop d’immigration dans les dernières années et ça crée d’immenses pressions sur nos services publics».
Photo : Xavier Nicole
Il a démontré une ouverture à une clause grand-père à la suite de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), mais elle ne s’appliquerait pas à tous.
«Ce n’est pas une question d’être pour ou contre l’immigration, mais bien de décider quelle sorte d’immigration on veut et dans quelle proportion, a lancé M. Drainville. […] Commençons d’abord par nos travailleurs immigrants, qui sont des gens sur notre territoire depuis deux ans, qui sont déjà intégrés et qui travaillent dans nos domaines prioritaires. Eux, ils doivent rester. Ce n’est pas tout le monde qui va l’avoir»
Prêt à aller jusqu’au bout
«Je sais très bien que je ne suis pas le candidat de l’establishment. Personne ne m’a incité à réfléchir à une candidature avant que notre premier ministre ne quitte. Je n’ai pas eu de signaux avant-coureurs pour préparer une campagne à la chefferie. […] Il y a des groupes de pression qui ne m’apprécient pas. Alors, je ne plierai pas», a promis Bernard Drainville.
En conclusion de discours, le candidat est revenu sur les résultats du sondage Léger sur les intentions de vote selon la prochaine personne qui sera à la tête de la CAQ. Ce dernier a révélé que le parti politique aurait 15 % si Bernard Drainville en était le chef d’appuis contre 25 % en faveur de Christine Fréchette.
«Ce ne sera pas facile, a souligné Bernard Drainville. Les sondages se sont déjà trompés. C’est arrivé que des sondages changent en cours de route. Alors, je ne lâcherai pas. Je vais faire le tour du Québec et je vais aller dans les régions.»