Rappelons qu’au matin du 24 février, Radio-Canada rapportait qu’un avis juridique donné par les avocats de la Ville de Lévis en 2024 soulignait que «la négligence de la municipalité a pu entraîner un manque de capacité à traiter les eaux usées sur le territoire» et que cette information avait été partagée quelques mois avant l’implantation du moratoire.
En mêlée de presse avant le conseil municipal de ce soir, Steven Blaney a réitéré que «dans ma posture de maire, dans l’intérêt des citoyens de Lévis, je vais m’abstenir de tout commentaire et je vais laisser le soin à nos équipes juridiques de répondre».
Questionné sur la capacité de la Ville à payer en raison des poursuites qui s’élèvent à 31 M en date du 23 février 2026, ce dernier a répondu en rappelant le scénario budgétaire adopté en décembre 2025. «On a cinq commissions qui viennent d’être formées, dont la commission des finances et de l’administration, dont le mandat est la mise en place de mesures d’efficience et d’efficacité», a-t-il indiqué.
Du côté des élus actuels de Lévis Force 10, c’est la conseillère du district Breakeyville qui a été fortement questionné à ce sujet, alors qu’elle est la seule élue qui était en fonction à ce moment, et ce, dans les rangs de l’ancien maire de Lévis, Gilles Lehouillier.
Karine Lavertu a indiqué avoir joint le bureau de projets qui évaluait les demandes de permis de construction en 2022, soit après la tenue de l’étude de l’entreprise Tétra Tech réalisée en 2021, qui levait le premier drapeau rouge quant à la capacité de l’usine de traitement des eaux usées de Saint-Nicolas, selon les informations rapportées par Radio-Canada.
«J’étais sur le bureau de projet jusqu’à ce qu’on mette le moratoire en place. De 2021 jusqu’en juin 2024, je n’ai pas entendu parler de cette étude-là. En juin, on a cessé les rencontres du bureau de projet, donc c’est en posant des questions que j’ai pu comprendre que là, on avait des problèmes de capacité et qu’on allait regarder pour un moratoire», a-t-elle raconté à l’occasion de la mêlée de presse de Lévis Force 10.
Ne pointant aucun coupable du doigt, Karine Lavertu a également rappelé qu’avant le moratoire, «quand quelqu’un déposait un dossier qui était conforme en tout point à la réglementation, la Ville se devait de délivrer le permis. On ne pouvait pas dire, juste 800 unités par année».
Pour Lévis Force 10, la Ville doit profiter de ce moment de pause pour réviser comment le développement se fait à Lévis.
Repensons Lévis veut une enquête externe
De son côté, le chef de Repensons Lévis, Serge Bonin, s’est dit avoir été «choqué» par les nouveaux développements dans le dossier du moratoire. Ce dernier a d’ailleurs lancé un appel public à la ministre des Affaires municipales, Geneviève Guilbeault, à ce qu’une enquête externe soit menée pour faire la lumière sur le sujet et trouver le fautif.
«Je demande à la ministre d’utiliser ses pouvoirs pour faire une enquête, aller au fond des choses et savoir ce qui s’est vraiment passé», a-t-il dit.
Anciennement conseiller municipal du district Saint-Étienne pour son parti de 2021 à 2025, Serge Bonin a ajouté se sentir «trahi de ne pas avoir reçu la vérité» et être dans un état où la confiance envers l’administration est «ébranlée».
Le maire de Lévis a lui indiqué qu’une enquête externe «ne semble pas du tout une avenue plausible».