Rappelons que le 25 février, Radio-Canada dévoilait de nouvelles informations contenues dans un avis juridique sur la situation du traitement des eaux usées à Lévis. Dans l’article, il est indiqué que les avocats de la Ville de Lévis ont sonné l’alarme dès le printemps 2024 quant à l’état de la STEU et que la «gravité des manquements» pourrait mener à des sanctions du ministère de l’Environnement. En effet, l’usine ne parvenait à traiter que 85 % des eaux usées alors que les 15 % restants étaient rejetés dans l’effluent. En 2023, il y aurait eu 133 débordements «non conformes», selon l’avis juridique obtenu par Radio-Canada.
Notons également que la Ville de Lévis fait face à désormais quatre poursuites alors que des promoteurs ont intenté des procédures équivalent à 31 M$. Alors que Développement L’Acquifère et Cocité Lévis poursuivaient déjà la Ville pour respectivement 2 et 5 M$ depuis juin dernier, le Groupe CSB a entamé une poursuite de 19,3 M$ et le Groupe Dallaire 5 M$.
Questionné à savoir à combien s’élevaient désormais les déversements, le maire de Lévis a indiqué ne pas avoir les chiffres à cet effet. Selon certaines informations confirmées par son cabinet, aucune dérivation n’a été observée à la STEU de Desjardins, l'autre station touchée par le moratoire qui fera l’objet de travaux en raison du développement important du secteur. Du côté de celle de Saint-Nicolas, «les dérivations observées ont fait l’objet d’un prétraitement, ce qui permet d’éviter l’émission d’objets ou de matières solides», indique-t-on.
La STEU desservant le secteur Saint-Nicolas a été mise en fonction en 1997. Steven Blaney a souligné qu’elle possédait la «même capacité» qu’à ses débuts.
Le maire a réaffirmé qu’il était en « mode solution ». Celui-ci prépare d’ailleurs un plan de prévisibilité afin d’accélérer la fin du moratoire, bien qu'il reconnaisse que tant que la capacité de la station ne sera pas augmentée, ce dernier ne pourrait être levé. Il a répété à plusieurs reprises qu’il serait en mesure de répondre à toutes les questions lorsqu’il présentera ce plan le 11 mars prochain.
Un besoin de financement
Pour l’instant, Steven Blaney a rappelé que le financement pour la mise à niveau et l’amélioration des infrastructures de la station était prévu dans le plan quinquennal des immobilisations adopté en décembre dernier. Toutefois, ce dernier a interpellé les paliers de gouvernements supérieurs afin d’obtenir du soutien de leur part.
«Évidemment, présentement, l’ensemble de ces sommes-là sont assumées par les contribuables. C’est la raison pour laquelle je me réjouis que le ministre Charrette (NDLR : Benoit Charrette, ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques et des Parcs) reconnaisse qu’on prend les mesures nécessaires pour faire face à la situation. On a besoin de sa collaboration et du soutien tant du gouvernement québécois que fédéral», a-t-il souligné.
Le maire se dirigeait d’ailleurs vers Montréal dans la journée où il allait rencontrer les maires des autres grandes villes du Québec. Il a rappelé avoir discuté avec le ministre fédéral de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l'Approvisionnement, Joël Lightbound, au sujet du nouveau programme du gouvernement pour les infrastructures municipales. L’échevin attend de voir les paramètres du programme et prépare déjà les demandes de la Ville de Lévis pour ses projets de modernisation.
Serge Bonin interpelle les élus de la région
En mêlée de presse, Serge Bonin, le chef de Repensons Lévis, parti faisant partie de l’opposition à l’équipe de M. Blaney, a interpellé les députés de Lévis, soit Martine Biron, dans la circonscription des Chutes-de-la-Chaudière, où la station d’épuration de Saint-Nicolas est située, et Bernard Drainville, député de Lévis, afin que ceux-ci se prononcent sur la situation.
«J’interpelle les élus de la région, Mme Biron, M. Drainville. Comment ça se fait qu’on ne les entende pas sur ce dossier-là? C’est quand même un dossier majeur. Il serait temps qu’ils se prononcent sur ce dossier-là pour dire si oui ou non, ça prend une enquête. Moi, je pense que c’est incontournable à ce stade-ci et j’aimerais les entendre», a martelé Serge Bonin.
Le 24 février, lors de la première demande de Repensons Lévis à mener une enquête externe pour comprendre comme la Ville a pu prendre autant de temps avant d’agir sur la situation du traitement des eaux, le maire de Lévis avait pour ça part indiqué qu’une enquête externe «ne semble pas une avenue plausible».
De son côté, la ministre des Affaires municipales, Geneviève Guilbeault, avait «interpellé la Commission municipale du Québec (CMQ)», mais que «considérant les poursuites judiciaires, les tribunaux seront appelés à trancher les mêmes motifs qui auraient fait l’objet d’une potentielle intervention de la CMQ».