Candidat à la course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ), Bernard Drainville propose de retourner aux Québécois les revenus fiscaux inattendus obtenus par le gouvernement du Québec en raison de l'augmentation soudaine des prix de l'essence provoqué par le conflit au Moyen-Orient.
Si le député de Lévis devient premier ministre en avril, il enverrait un chèque ou accorderait un crédit d'impôt aux citoyens pour leur «remettre de l'argent dans leur poche».
«Lorsque le prix de l’essence augmente, le gouvernement encaisse lui aussi davantage. Moi, je pense que cet argent appartient aux Québécois. Alors je prends un engagement très simple : lorsque nous prendrons le pouvoir, lorsque je serai chef du gouvernement, nous allons calculer combien d’argent supplémentaire l’État a encaissé en raison de la hausse du prix de l’essence. Et cet argent, nous allons le retourner directement dans la poche des Québécois», a déclaré M. Drainville.
Pour sa part, le Parti québécois (PQ) réclame une diminution du prix de l'essence en demandant au gouvernement caquiste d'utiliser un ou plusieurs leviers fiscaux à sa disposition, comme de mettre fin à la double taxation et en réduisant la taxe sur les carburants ou la TVQ.
S'il prend le pouvoir l'automne prochain, le parti souverainiste promet aussi de «réellement» agir sur la concurrence chez les détaillants d'essence. Pour ce faire, le PQ élargirait le mandat de l’Office de protection du consommateur, «afin notamment de lutter contre les pratiques déloyales et anticoncurrentielles dans le secteur».
«Le problème du prix de l’essence est double : d’abord, un écart important entre les prix de l’essence au Québec et ceux des provinces frontalières, entièrement causé par le gouvernement fédéral de Mark Carney. S’y ajoute maintenant l’augmentation du prix du baril de pétrole causée par la situation en Iran, un contexte géopolitique qui touche l’ensemble de la planète et sur lequel nous n’avons pas d’emprise. Mais il y a des facteurs sur lesquels on peut agir, et il faut le faire en utilisant les moyens les plus intelligents pour réduire le prix de l’essence, notamment en commençant par réduire l’écart qui persiste avec nos voisins», a résumé Pascal Paradis, député péquiste de Jean-Talon.
Quant à lui, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, persiste et signe. Pour lui, le prix de l'essence ne pourra diminuer dans la province qu'avec la fin de la participation du Québec au marché du carbone.
«Les caquistes, comme les péquistes et les libéraux, sont incapables de reconnaître qu’il faut abolir la taxe carbone. Suffit juste d’abolir cette taxe injuste que seuls les Québécois paient au Canada. 11 à 12 cents/litre de moins d’un seul coup. Ça ne coûte en plus rien au gouvernement puisqu’on abolirait aussi le Fonds Vert. Ben non. Les politiciens CAQ-PQ-PLQ préfèrent vous infantiliser. Vous faire payer et vous redonner une petite partie sous forme de chèque à la veille des élections. Ils pensent même que vous les remercieraient en votant pour eux», a lancé le chef du PCQ en critiquant la proposition de Bernard Drainville.