Conscient que son parti n’est pas en position d’accéder au pouvoir, Éric Duhaime a appris de l’élection de 2022 et vise plutôt à concentrer ses efforts pour faire du PCQ un groupe parlementaire officiel, soit de faire élire 12 députés.
«Je veux être humble aujourd’hui. On ne fera pas la même erreur deux fois. La dernière fois, on s’est éparpillé dans 125 comtés, on pensait qu’on allait en faire élire 125. La prochaine fois, on va concentrer nos efforts. Notre objectif le 5 octobre, c’est qu’on soit un groupe parlementaire officiellement reconnu à l’Assemblée nationale. Ça, ça veut dire au moins 12 députés ou 20 % des votes. Si les élections avaient lieu aujourd’hui et qu’on se fiait aux derniers sondages, on aurait la balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire. Je peux vous dire que s’ils veulent avoir notre appui pour le budget et pour les votes essentiels, il va falloir que des propositions conservatrices soient mises de l’avant», clame le chef du PCQ.
En marge de sa conférence, Éric Duhaime a également mentionné qu’il entrevoyait encore au moins cinq autres années à son poste, peu importe le résultat des élections. Il a toutefois évoqué qu’il pourrait reconsidérer selon les résultats des prochaines élections provinciales.
Photo : Gilles BoutinLes quatre grands chantiers
Dans sa conférence, Éric Duhaime a fait état des quatre grands chantiers sur lesquels sont parti veut plancher, s’il était élu. D’abord, il souhaite «remettre les finances publiques en ordre» en tentant d’atteindre le déficit zéro d’ici quatre ans.
Pour ce faire, il compte diminuer les dépenses jugées superflues, notamment en réduisant drastiquement le nombre de subventions accordées aux entreprises et en diminuant la charge bureaucratique. […] Le Québec est la société qui subventionne per capita le plus les entreprises sur le continent. On n’a juste plus les moyens de faire ça», mentionne le chef du PCQ.
Avec son deuxième chantier, le chef du PCQ désire aider les entreprises à être plus concurrentielles en diminuant leurs coûts d’opération. Comme il aspire à couper les subventions aux entreprises, il veut en contrepartie diminuer les charges fiscale et bureaucratique de celles-ci.
«On rebaptiserait le Conseil du trésor le Conseil du trésor et de l’Efficacité gouvernementale pour lancer un vaste chantier de révision de toute la réglementation et pour libéraliser l’économie au Québec. Il y a beaucoup trop de paperasse et de monde. Si on peut réduire de 20 000 le nombre d’employés de l’État, le PCQ s’engage à le faire», avance Éric Duhaime.
En ce qui a trait à son troisième chantier, l’aspirant au pouvoir proposera revoir le Plan québécois des infrastructures. Il désire éradiquer le «syndrome du ruban», où des politiciens annoncent de nouvelles infrastructures, pour plutôt rénover celles existantes. Dans sa conférence, il a donné comme exemple l’Hôtel-Dieu de Lévis qui doit être rénové, même si le gouvernement provincial a récemment annoncé un investissement de près de 500 M$ pour le faire.
S’il désire entretenir davantage les infrastructures au lieu d’en construire de nouvelles, Éric Duhaime a toutefois réitéré son désir de faire construire un troisième lien autoroutier à l’est, qui se connecterait à celui du pont de l’Île d’Orléans.
Finalement, le dernier chantier du PCQ est lié à l’autonomie et à la décentralisation. Éric Duhaime souhaite redonner davantage de pouvoirs aux régions pour prendre des décisions liées à leur besoins, notamment en termes d’immigration, d’économie, de ressources naturelles et d’infrastructure.
«Les conservateurs veulent appliquer le principe de décentralisation en créant 17 tables décisionnelles régionales, qui seraient présidées par les ministres responsables des régions. […] On pense qu’il est temps de revisiter le modèle québécois. Pas juste de le patcher, comme proposent les quatre autres partis au Québec. Je pense que c’est une grosse différence. Ça risque d’être un enjeu déterminant de la prochaine élection. On pense qu’on est rendu là et qu’il faut se donner un modèle plus agile et efficace», conclut Éric Duhaime.
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