Anick Tremblay a annoncé la nouvelle à ses collègues lors de la plus récente fin de semaine. Elle soutient que le climat au sein de PL était devenu «toxique», alors qu’elle aurait été la victime «d’attaques personnelles».
«Cette décision est le résultat de plusieurs mois d’attaques personnelles, d’un climat de travail devenu malsain et, surtout, de l’absence d’intervention malgré les démarches que j’ai entreprises. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas de divergence d’opinion ou de débat politique», a d’abord expliqué Anick Tremblay.
Elle indique que les tensions ont débuté «quelques semaines» après les élections de novembre dernier.
«On m’a reproché mes expressions faciales. On m’a reproché les mouvements de mes mains lorsque je prends la parole. On m’a reproché d’utiliser mon téléphone pendant un caucus pour envoyer un simple message concernant des obligations familiales. Des situations banales ont donné lieu à des réactions démesurées et à des épisodes qui n’avaient rien à voir avec le travail pour lequel nous avons été élus», a énuméré la conseillère.
Un échange tendu aurait d’ailleurs eu lieu entre la conseillère de Saint-Romuald et Mélanie Sicotte, maire suppléante, avant le conseil municipal du 16 juin. Cette dernière a ensuite déposé une plainte à son endroit à la Commission municipale du Québec, plainte dont elle dit ignorer les détails.
«Juste avant de quitter la séance d’une manière que j’ai considérée non professionnelle, Mélanie Sicotte m’a lancé que ‘’ça se joue à deux ce petit jeu-là’’», a résumé Anick Tremblay.
À la suite de ces épisodes de tension, Anick Tremblay a «demandé une intervention formelle» en envoyant une lettre au maire et à son directeur de cabinet afin de les informer que sa «limite était atteinte». Elle dit n’avoir eu aucune réponse ni discussion avec Steven Blaney depuis.
«Après tous ces événements, j’en suis venue à une conclusion simple : lorsque des comportements signalés à plusieurs reprises demeurent sans intervention, je ne peux plus continuer à faire partie de cette organisation politique, a précisé celle qui sera dorénavant une conseillère indépendante. Je ne quitte pas les citoyens de Saint-Romuald, je ne quitte pas mes responsabilités et je ne quitte pas mon engagement. Je prends cette décision avec une grande sérénité, mais également une grande déception.»
«L’essence même de la démocratie»
«Je respecte cette décision et je la remercie pour sa contribution depuis le début du mandat. Je souhaite qu’il soit possible de continuer à collaborer dans le respect de nos responsabilités collectives et respectives au bénéfice des citoyens», a pour sa part réagi le maire de Lévis, Steven Blaney.
Quant au climat qui règne au sein de PL, Steven Blaney a répondu qu’il est «normal qu’il y ait des divergences, des débats et des désaccords», mais que depuis le début du mandat, il y a huit mois, l’équipe «arrive par la suite à converger».
«Ça se passe très bien (à l’intérieur du parti). On a un bilan remarquable et ce n’est pas juste le bilan du maire, c’est le bilan d’une équipe. C’est clair qu’on a des désaccords et des tensions parfois. […] C’est tout à fait normal d’avoir des divergences d’opinions dans une formation politique. C’est l’essence même de la démocratie. Ce qui est important, c’est de créer un forum, un espace où les gens peuvent débattre dans le respect», affirme le maire.
Pour leur part, Daniel Saindon, conseiller de Charny, et Alain Quirion, conseiller de Saint-Jean, tous deux élus de PL, ont assisté à la conférence d'Anick Tremblay pour avoir l'histoire complète.
Tentative pour attirer les élus de LF10?
Notons, dans un autre ordre d’idée, que Le Soleil a également rapporté que Steven Blaney aurait tenté de recruter les deux élus de Lévis Force 10 (LF10), Benoit Forget-Chiasson et Karine Lavertu, au sein de PL. La proposition aurait été rejetée par les deux élus.
Questionné sur le sujet, le maire indique que «c’est un peu trop gros de dire (qu’il leur a envoyé) une invitation formelle», mais il soutient qu’il «s’entend très bien avec eux».