lundi 8 juin 2026
Votre Journal. Votre allié local.

Politique > Actualités

Sanimax : le gouvernement provincial dévoile son plan d’action

Les + lus

Le plan d’action pour s’attaquer à la problématique d’odeurs provenant de l’usine de Sanimax à Charny contient quatre objectifs. Photos : Érick Deschênes

13 avr. 2022 07:02

C’est en compagnie de dirigeants de Sanimax et des Éleveurs de porcs du Québec ainsi que du maire de Lévis, Gilles Lehouillier, et du député des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, que le plan d’action pour résoudre les problèmes d’odeur en provenance de l’usine de Charny de Sanimax a été dévoilé le 13 avril. Le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, et le ministre de l’Agriculture du Québec et ministre responsable de la Chaudière-Appalaches, André Lamontagne, ont présenté les mesures qui seront mises en place pour s’attaquer à la problématique.

«Le comité interministériel attitré au dossier avec les intervenants concernés a été mis en place il y a quelques mois et nous arrivons déjà avec un plan d’action bien ficelé. Le gouvernement est réellement sensible à la problématique vécue par les citoyens de Lévis devant les odeurs qui proviennent de l’usine d’équarrissage. […] Tous les intervenants sont sûrs que le plan d’action permettra d’améliorer la situation à l’usine et répondra à la problématique vécue par les citoyens du secteur», a d’emblée déclaré le ministre de l’Environnement, lors d’une conférence de presse à Saint-Romuald.

Concrètement, le plan d'action est divisé en quatre objectifs. D’abord, les intervenants veulent améliorer le système d’atténuation des odeurs chez Sanimax ainsi que l’aire d’accueil des matières animales reçues à l’usine de Charny. Pour y parvenir, Sanimax prévoit investir plusieurs millions de dollars, notamment pour aménager un garage ventilé qui servira d’aire de réception. Dès cet été, l’entreprise amorcera les travaux d’ingénierie nécessaires pour la concrétisation de ce projet.

Ensuite, le plan d’action prévoit un renforcement de la surveillance et l’évaluation de la nécessité de concevoir des outils réglementaires supplémentaires. Pour réaliser cet objectif, le ministère de l’Environnement augmentera le nombre d’inspections chez Sanimax. Également, le plan d’action prévoit un renforcement des communications avec les parties prenantes et les citoyens. Le tout se reflétera, entre autres, dans la gestion des plaintes pour faciliter le partage d’information entre les intervenants concernés.

Enfin, le gouvernement veut améliorer la qualité des carcasses animales récupérées à la ferme. Si Sanimax s’engage à assurer une meilleure prévisibilité des récupérations chez les éleveurs, Québec a également profité du dévoilement de son plan d’action pour annoncer qu’il accordait une subvention de 2,5 M$ aux Éleveurs de porcs du Québec. Avec cette aide financière, cette organisation pourra réaliser un projet pilote visant l'amélioration de la gestion des animaux morts à la ferme dans l'industrie porcine.

«L’aide financière va servir à trois choses : réaliser une revue des meilleures pratiques à l’extérieur du Québec pour la collecte et la disposition des animaux qui décèdent à la ferme dans les meilleures conditions possibles, la production d’un guide d’aide à la décision pour les producteurs et le déploiement d’un programme d’aide financière pour améliorer la gestion des porcs morts à la ferme pour l’installation d’équipements spécialisés. Nous croyons que c’est une bonne idée pour promouvoir la revalorisation des animaux morts», a expliqué le ministre de l’Agriculture.

Une annonce saluée

À la suite de l’annonce des ministres, les élus lévisiens ainsi que les dirigeants de Sanimax et des Éleveurs de porcs du Québec se sont réjouis du lancement du plan d’action conçu avec la collaboration de tous les intervenants concernés.

«Je suis vraiment heureux d’être ici aujourd’hui. C’était quelque chose que les gens de Charny et de Saint-Rédempteur attendaient depuis des années. Malgré l’existence du comité de vigilance, ils se sentaient peu écoutés et ils étaient de plus en plus impatients. On ne réglera pas du jour au lendemain la problématique des odeurs, mais le plan d’action du comité nous permet d’être sur la bonne voie pour trouver les solutions. Et d’année en année, ça va s’améliorer. Je suis sûr qu’avec les mesures annoncées, nous allons régler en grande partie la problématique», a déclaré Marc Picard, le député provincial du secteur.

«Mon mot sera court. J’aimerais remercier les ministres de l’Environnement et de l’Agriculture, Marc (Picard), Martial Hamel, de Sanimax, et M. Duval, des Éleveurs de porcs du Québec. Grâce au travail d’équipe mené dans ce dossier, je vois une belle symbiose de solutions. Nous avons un plan d’action solide qui va nous permettre de réussir», a pour sa part renchéri Gilles Lehouillier, le premier citoyen de Lévis qui attendait impatiemment il y a quelques semaines la présentation du plan d’action.

Éviter le scénario de l’été dernier

Alors que l’impact de plusieurs mesures inscrites au plan d’action prendra du temps avant de se concrétiser, Sanimax assure également qu’elle travaille sur différentes initiatives pour éviter que les activités de son usine de Charny ne provoquent l’apparition d’odeurs nauséabondes comme plusieurs Lévisiens l’ont déploré l’été dernier.

Martial Hamel, président Amérique du Nord de l’entreprise, a également tenu à rappeler que Sanimax n’aura pas non plus à faire à l’arrivée massive de poulets et de porcs euthanasiés en raison de conflits de travail comme en 2021.

«Il y a une série de mesures qui vont déjà être en place dès cet été, on parle de coordination de ramassage, de communication, d’effectifs supplémentaires pour le transport et l’amélioration de nos routes pour assurer la fraîcheur (des animaux morts). Cette année, on ne s’attend pas de vivre (la situation exceptionnelle) au niveau de l’abattage humanitaire de l’an dernier. Avec les mesures que nous mettons en place pour l’été, on s’attend à un été stable. Je m’attends à une amélioration continue», a conclu M. Hamel.

Les + lus