Par Eddy Szczerbinski, astronome amateur et membre du Club Mars de Lévis
Pour démarrer votre aventure, procurez vous une carte de la face visible de la Lune. Plusieurs sont disponibles sur le web. Commencez par une carte simple qui n'a pas trop de détails et apprenez à reconnaître les principaux «attraits» de la Lune à l'oeil nu. Ne commencez pas tout de suite avec un télescope! D'ailleurs, je conseille beaucoup plus les jumelles pour l'observation de la Lune. Prenez le temps aussi d'observer et d'en apprendre plus sur les phases de la Lune. En bref, n'oubliez pas que lorsqu'elle est pleine, c'est qu'elle est de l'autre côté de la Terre par rapport au Soleil – lorsqu'elle est «nouvelle», c'est qu'elle est du même côté que le Soleil (c'est d'ailleurs pour cela qu'il peut y avoir une éclipse solaire seulement à ce moment).
Au début, profitez particulièrement de la pleine lune pour l'observer mais plus vous avancerez dans votre pratique, plus vous remarquerez que, finalement, la pleine lune et la nouvelle lune bien sûr sont les pires moments pour l'observer. Pourquoi? Parce que ses principales montagnes, vallées et cratères s'observent mieux lorsque le Soleil y fait de l'ombre. Ces ombres sont localisées le long du «terminateur», cette ligne fictive et mobile qui n'est jamais vraiment au même endroit précis, entre la zone éclairée et celle non éclairée. Sur l'échelle d'une seule soirée, vous pouvez même remarquer son mouvement, et surtout, voir le mouvement des ombres. Pour ceux qui recherchent un défi, avec un bon chronomètre et un bon sens de l'observation, vous pouvez utiliser ces ombres pour calculer la hauteur des montagnes sur la Lune.
Lorsque vous utiliserez un télescope pour observer la Lune, et presque n'importe lequel des télescopes conviendra même les plus économiques, vous devrez utiliser un filtre «Lunaire» pour protéger vos yeux, surtout si vous regardez plus d'une dizaine de minutes. Ce filtre est souvent fourni gratuitement à l'achat d'un télescope. Et justement, parce que la Lune est très brillante, son observation ne demande pas d'adaptation à vos yeux. Dans une chronique précédente, nous avions parlé de l'importance de donner du temps à ses yeux pour s'adapter à la vision nocturne afin de mieux apprécier ce qu'on observe avec un télescope, mais ce n'est pas nécessaire avec la Lune étant donné tout son éclat.
Photo : Courtoisie - Eric Gaba, Wikimedia Commons user: Sting et Yves
Une fois bien en selle et muni d'un télescope, les possibilités d'observations deviennent quasi incalculables, voici des suggestions de la part d'experts : la région du plateau d’Aristarchus (quatre jours après le premier quartier ou trois jours après le dernier); le dôme de Kies pi dans les environs de Bullialdus, dans mare Nubium (deux jours après le premier quartier ou un jour après le dernier); Vallis Alpes et les structures au Sud de Plato (au premier quartier ou six jours après la pleine lune); Rimae Ariadeus et Triesnecker (six jours après le premier quartier ou cinq jours après le dernier); et personnellement mon favori - les monts Apenninus, plus spécifiquement région du mont Hadley (site d'Apollo 15 - au premier quartier ou six jours après la pleine lune).
Et n'oubliez pas qu'il existe plusieurs clubs d'astronomie que vous pouvez contacter afin de rencontrer plusieurs passionnés qui seront ravis de partager avec vous leurs trucs et conseils. L'idéal est de visiter le site de la fédération des astronomes amateurs du Québec (www.faaq.org) pour trouver un club près de chez vous. À ce sujet justement, je vous laisse avec une mission sous forme d'une question : Pourquoi les croissants lunaires sont-il plus verticaux quand on est près des pôles et plus horizontaux quand on est proches de l'équateur terrestre?