vendredi 19 avril 2024
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Comité de démolition de Lévis

L’avenir du 672, Saint-Joseph étudié

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L’avenir du 672, rue Saint-Joseph a fait l’objet de plusieurs présentations lors de l’audition du comité de démolition, le 7 février. Photo : Érick Deschênes

13 févr. 2024 08:31

Le comité de démolition de la Ville de Lévis s’est réuni, le 7 février à l’hôtel de ville, pour tenir une audience publique sur une demande déposée pour démolir la maison située au 672, rue Saint-Joseph. Le demandeur ainsi que plusieurs opposants à la destruction du bâtiment construit au 19e siècle ont alors présenté leurs arguments respectifs.

La maison touchée par la demande de démolition déposée l’été dernier a été construite vers 1870. Actuellement, la Ville de Lévis estime que l’édifice a une valeur patrimoniale moyenne et un état d’authenticité faible. Situé près de l’École du Ruisseau dans une zone où il n’y a pas un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) en vigueur, le bâtiment a été la propriété de deux familles souches du secteur Lauzon jusqu’en 2016. C’est à ce moment qu’Hervé Bertrand a acheté le 672, rue Saint-Joseph à la famille Turgeon. Depuis ce temps, le bâtiment est inoccupé.

Représentant son père lors de l’audition, Maxime Bertrand a d’emblée admis qu’Hervé Bertrand avait acquis cette propriété afin de permettre à des promoteurs immobiliers, dont un autre de ses fils, de construire des maisons de ville et d’ouvrir une nouvelle rue sur le lot après la démolition de la maison du 19e siècle. Cependant, le projet a été abandonné par son fils ainsi que son associé.

Par l’entremise de son fils Maxime, Hervé Bertrand demande donc au comité de démolition de donner son feu vert à la destruction du bâtiment situé au 672, rue Saint-Joseph pour que le lot devienne un terrain vacant. M. Bertrand vendrait ensuite le site pour récupérer l’investissement de plusieurs centaines de milliers de dollars qu’il a consenti en 2016.

Accompagné d’un inspecteur en bâtiment engagé par son père, Maxime Bertrand a argué que l’état actuel du bâtiment rend impossible sa rénovation. Selon l’inspecteur en bâtiment embauché par Hervé Bertrand, Tony Thibault, le bâtiment s’affaisse du côté façade, a des problèmes à sa fondation et nécessite d’importants correctifs structuraux.

Par la suite, Maxime Bertrand a affirmé aux trois membres du comité de démolition qu’une évaluation menée par un entrepreneur général en construction conclut que des travaux évalués à 360 000 $ seraient nécessaires pour rendre de nouveau habitable la maison. M. Bertrand a ajouté que d’autres travaux devant être réalisés, notamment sur le système électrique et la plomberie du bâtiment, n’étaient pas inclus dans cette soumission.

 Possible de lui «redonner sa beauté»

 La conclusion de la famille Bertrand n’a toutefois pas été partagée par plusieurs membres du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) et des citoyens de Lauzon. Ces derniers ont pris la parole pour réclamer au comité de démolition de s’opposer à la demande.

Certains citoyens ont alors affirmé qu’Hervé Bertrand aurait «programmé» la détérioration du 672, rue Saint-Joseph en laissant ouvertes des fenêtres l’an dernier. D’autres ont profité de leur prise de parole pour s’inquiéter de la construction d’un imposant édifice ou d’un petit quartier résidentiel advenant la création d’un terrain vacant sur le lot.

Mais la majorité des intervenants s’opposant à la démolition de l’édifice de la rue Saint-Joseph ont plaidé qu’il était toujours possible de restaurer le bâtiment et que le comité de démolition enverrait un «mauvais message» aux propriétaires de bâtiments patrimoniaux si la démolition du 672, rue Saint-Joseph était autorisée. D’ailleurs, ils réclament que la Ville commande une contre-expertise de l’état du bâtiment à un expert en bâtiments patrimoniaux.

«Je trouve ça vraiment étonnant qu’on achète une maison, qui est visiblement patrimoniale, dans l’intention de la détruire. Les motifs qui sont invoqués pour la détruire, comme un affaissement de deux pouces et demi et un mortier qui s’effrite, c’est juste une situation normale pour une maison de cet âge», a argué France Rémillard, secrétaire du GIRAM.

«Si vous donnez un permis de démolition pour les motifs déposés par le requérant, plusieurs maisons patrimoniales considérées en bon état pourraient être démolies demain matin», a pour sa part renchéri Roger Picard, plus tard lors de la séance.

Pouvant prendre de nouveau la parole à la fin de l’audition, Maxime Bertrand a notamment tenu à répliquer aux accusations de négligence lancées par les opposants à la démolition.

«Ce n’est pas le genre de mon père de commettre de la destruction programmée. L’achat initial était dans le but de démolir le bâtiment puisqu’il cherchait un terrain pour pouvoir permettre à un promoteur, qui était mon frère à ce moment, de faire un développement. Ce n’était pas pour une tour à condos, mais pour des maisons de ville. Il se retrouve avec une maison où il n’enverrait même pas son pire ennemi comme elle n’est pas habitable. Et pour la rendre habitable afin de la vendre, il faudrait investir quatre fois la valeur actuelle de la bâtisse», a répliqué M. Bertrand.

Notons finalement que le comité de démolition a pris la cause en délibéré et rendra une décision au cours des prochaines semaines. Comme d’habitude, le verdict de l’instance pourra être porté en appel auprès du conseil municipal.

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