L'association déplore que le gouvernement de François Legault ne soit pas attaqué de front à la crise du logement, mais qu'il s'en est plutôt «servi pour justifier une transformation profonde des politiques publiques, au détriment des locataires à faible et à modeste revenus et du logement social».
Le FRAPRU estime que la CAQ a «abandonné progressivement» le logement social en mettant fin au programme AccèsLogis et en implantant le Programme d'habitation abordable Québec (PHAQ), une initiative qui «échoue à répondre aux besoins des ménages les plus vulnérables».
«Non seulement ce programme n'est pas adapté au développement du logement social, mais il ouvre la porte au marché privé et abandonne progressivement une approche qui prenait en compte la capacité réelle de payer des locataires», a affirmé Véronique Laflamme, porte-parole du mouvement.
Du même souffle, le FRAPRU s'en est pris à la décision du gouvernement Legault de nouer des partenariats avec le Fonds de solidarité FTQ, le Mouvement Desjardins et Mission Unitaînés pour développer des unités de logement abordables, ce qui «a amoindri le rôle de maître d'œuvre de la Société d'habitation du Québec (SHQ) en logement social».
L'introduction de deux nouvelles catégories de logements éligibles à des fonds publics, le logement abordable intermédiaire et le logement à loyer basé sur les coûts réels, ont aussi été passés dans le tordeur du regroupement
Selon le FRAPRU, ces nouvelles catégories «permettent surtout de justifier un recul des exigences d'abordabilité et d'élargir l'usage de fonds publics à des logements qui demeurent inaccessibles pour une large part des locataires».
«La crise que vit le Québec est avant tout une crise du logement cher. La rareté de logements à bas loyers - qui en est l'essence - ne se résorbera pas par la construction d'un plus grand nombre de logements chers, qu'ils soient qualifiés d'abordables, à but lucratif ou non. Ce dont le Québec a besoin, c'est de logements sociaux», a renchéri Véronique Laflamme.
Pour corriger la situation, le FRAPRU réclame l'abandon du financement de logements «qualifiés d'abordables intermédiaires», le retour de programmes «complets, pérennes et suffisamment financés permettant le développement de nouveaux logements sociaux» ainsi que le financement pluriannuel d'au moins 10 000 nouveaux logements sociaux par année.