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Gervais Lessard : la naissance familiale d'un musicien

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22 déc. 2016 09:31

Pour plusieurs Lévisiens, la musique traditionnelle de la formation Le Rêve du Diable est un incontournable du temps des Fêtes. Toutefois, pour son cofondateur Gervais Lessard, qui s'est entretenu pour l'occasion avec le Journal, les festivités de Noël et du jour de l'An revêtissent un aspect musical beaucoup plus personnel.

Par Raphaël Lavoie
raphaellavoie@journaldelevis.com

«La musique chez nous, ça remonte à quelques générations avant moi. Avant que je naisse, il se faisait des partys en masse. […] À l'époque de mes grands-parents, il n'y avait pas vraiment de musiciens dans la famille, mais c'était du monde qui aimait chanter. Et la musique, ça a commencé avec la génération de mon père», raconte d'entrée de jeu l'emblématique musicien lévisien.

De ce fait, c'est quelque part à travers les copieux repas des Fêtes et les messes nocturnes qu'un jeune Gervais Lessard a vu sa passion pour la musique naître, alors que son père, ses oncles et ses tantes baignaient de joyeuses mélodies les réunions familiales.

C'est par ailleurs aussi à cette période que le multi-instrumentiste du Rêve du diable est en quelque sorte tombé dans la grande potion de la musique traditionnelle québécoise. 

«En revenant de la messe, c'était le gros souper et, après ça, mon père et ma tante Marcelle se relayaient au piano et mes oncles et toute ma famille chantaient. C'est de même que j'ai commencé à entendre de la musique. J'avais cinq ou six ans. […] Mon influence, ça a été mon oncle Roger. C'était lui le chanteur officiel. Il chantait de tout. J'ai fini par mettre plusieurs de ses chansons sur mes albums», se remémore le chanteur.

Si, par la suite, la musique a pris une place importante tout le reste de l'année dans la vie du biologiste de carrière grâce au succès du Rêve du Diable, le temps des Fêtes est néanmoins demeuré pour lui un moment unique de partage musical avec la famille.

Ainsi, aujourd'hui, c'est Gervais Lessard qui remplit le rôle de grand-père qui couvre ses petits-enfants de mélodies au tournant de la nouvelle année.

«Le lendemain du jour de l'An, il y a un brunch et je fais chaque année un spécial pour les petits-enfants. C'est une nouvelle tradition. Je sors mon accordéon et je leur joue de petits airs qu'ils connaissent», confie-t-il. 

Cela dit, au-delà de ces moments musicaux intimes entre Noël et le jour de l'An, l'un des grands souhaits du leader du Rêve du Diable est que la musique folklorique ne soit plus seulement synonyme de réveillon et du Nouvel An, mais qu'elle devienne bel et bien un style musical apprécié à longueur d'année par les Québécois.

«Je trouve ça malheureux, j'aimerais que les Québécois s'y intéressent pendant toute l'année. Dans d'autres pays, tout le monde a des musiques traditionnelles et eux, leur musique traditionnelle, elle n'est pas associée à une période de l'année», donne en exemple le violoniste et accordéoniste.

De ce fait, s'il n'y avait qu'un seul cadeau de Noël à faire cette année au musicien de Lévis, ce serait de laisser retentir la musique du Rêve du Diable chez soi, sans complexe, du 2 janvier… jusqu'au 23 décembre!

Notons que la formation lévisienne a fait paraître cette année une compilation retraçant les grandes chansons de sa carrière intitulée Un choix d'enfer, les grands succès.

Crédit photo : Fabien Pelletier - Archives du Journal de Lévis

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