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Quartier Général les Pinks

Lancement de l'exposition internationale Graffiti Mur d'amour

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Photo : Courtoisie

10 avr. 2026 02:34

Du 11 au 25 avril, l'exposition Graffiti Mur d'amour, portée par le Quartier Général les Pinks, ouvrira le street art au grand public lévisien dans le Vieux-Lévis.

Par Patrick Demanou Kana

Situé au 78, côte du Passage, le Quartier général les Pinks est le fruit du travail de Pascal Vaillancourt, alias M. Pink et sa conjointe Thamara Giampaolo, qui ont transformé ce lieu en un espace hybride : une galerie, un atelier et une boutique. Le projet a pris forme en décembre 2024. «On voulait vraiment se démarquer dans le quartier et dans la région en étant vraiment spécialisés en street art», explique-t-il.

15 jours pour voir le monde sur les murs

Pour Graffiti Mur d'Amour, M. Pink a lancé un appel à contribution auprès d'une cinquantaine d'artistes et avait déjà reçu la confirmation de 21 participations au moment d'écrire ces lignes, en provenance du Québec, du reste du Canada, des États-Unis et de la France. Chaque artiste recevra un petit mur pour y exprimer sa vision de l'amour, ce qui permettra de donner à l'événement une dimension internationale et de présenter une grande variété de styles.

Un vernissage ouvre l'événement le 11 avril et une soirée de clôture aura lieu le 25 avril. Le gagnant sera désigné par un vote du public via le site web de l'organisation. «On a un prix sur lequel je suis en train de travailler : c'est une canne d'aérosol, toute faite en résine d'époxy», annonce le promoteur. Le nom de l'artiste gagnant sera gravé sur cette canne. «On va juste se passer ça d'année en année», précise-t-il. 

L'art de la rue, en pleine découverte

M. Pink tient à distinguer l'art de la rue du tag. Désignant un mur en face de son établissement, il explique que «ça, c'est des taggers. Ils viennent, ils mettent leurs noms, et ça, c'est considéré comme du vandalisme». L'art de rue, lui, est une démarche artistique : toiles, fresques, murales, pratiques en atelier, soit une intention de création, pas de dégradation, ajoute-t-il. 

Cette distinction est essentielle pour son projet. Lui-même travaille principalement sur toile. «J'adore la texture du carton, confie-t-il. Je me sers de l'art comme outil pour essayer que les gens se bâtissent et qu'ils se trouvent.» Le Quartier Général les Pinks veut présenter un art de rue «accessible, assumé et encadré».

Un nouveau lieu de création et de découverte

Ce lieu a été pensé comme un espace de découverte, pas comme une simple boutique. On y trouve une galerie exposant des artistes de street art, un atelier d'exploration et un espace boutique.

À l'atelier, le public manipule librement différents médiums, tels que marqueurs, cartons, papier graphique et aérosol. «On fait des ateliers et tout est exploratoire. On ne donne pas de technique en soi», explique Pascal Vaillancourt. L'objectif est d'encourager les gens à s'amuser, à tester et à poursuivre l'expérience chez eux.

«Notre clientèle n'est pas seulement les enfants. On vise vraiment les adultes. […] Il y a un monsieur de 80 ans qui est venu. Ce sont des amoureux d'art. Ils viennent explorer, ils amènent leurs petits-enfants», souligne-t-il.

Le choix du rose et du noir n'est pas anodin. Il renvoie aux noms de M. Pink et de Mrs. Pink, cofondatrice du Quartier Général les Pinks. Ensemble, ils ont voulu rendre l'espace mémorable et moins intimidant, en optant pour des couleurs inhabituelles en galerie, notamment le rose. Les murs en briques du local achèvent le décor.

Pascal Vaillancourt et sa famille ne prévoyaient pas de s'installer à Lévis. «Je ne connaissais pas Lévis du tout. La vie nous a amenés ici.» C'est en accompagnant son fils pour un examen lié à une formation à Saint-Henri que la ville s'est imposée. Le quartier a fait le reste. «La communauté nous a adoptés. Il y a comme une magie.»

Les histoires qui le confirment ne manquent pas. «Il y a tellement de moments émouvants qui se passent ici.» Il raconte l'histoire de Rose, une jeune fille dont le père confie qu'elle parlait peu. Un jour, elle s'est assise. «Elle a commencé à colorier. Elle n'a pas arrêté de parler. Son père dit que ça faisait des jours et des jours qu'elle n'avait pas parlé.» M. Pink reconnaît avoir «des centaines d'histoires comme ça».

Pour lui, l'art rapproche les gens. «Les voisins se rencontrent ici. Ils ne se parlent peut-être pas dans la rue, mais les partages qu'on a ici, je pense que c'est en train de réunifier la communauté.»

Récemment implanter dans le quartier du Vieux-Lévis, Pascal Vaillancourt conclut en mentionnant tout d'un même qu’ «on a encore beaucoup de travail à faire pour se faire connaître à plus grande ampleur», malgré les belles histoires auxquels il assiste par leurs services différents. 

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