Par William Gauvin
La nature comme source première d'inspiration
Née en Beauce, Brigitte Labbé a remporté le concours d’œuvres d’art d’Espace DCL en 2019 pour la maturité de ses œuvres. Elle est initiée très tôt par son père à l’observation et au respect des ressources naturelles de la Terre. Cette éducation se reflète dans ses séries Angeli et Homines, qui évoquent les anges et les humains, ainsi que dans Terra Nostra, qui signifie notre terre.
«Mon inspiration de départ, c’est la nature. Ce n’est pas nécessairement ce que je vois, mais plutôt ce que je ressens. C’est abstrait, mais on sent toujours la nature en fond. À travers ça il y a des expériences humaines», explique-t-elle.
Le cheminement d’un deuil
Les œuvres de sa série Angeli et Homines révèlent le cheminement du deuil et les différentes émotions qu’il suscite, notamment après la perte de son frère, qu’elle considérait comme son plus grand ami. Les émotions de la peintre sont passées dans ses réalisations.
«J’avais un frère plus jeune que moi, qui était mon grand ami auquel on a découvert un cancer du foie. À ce moment-là, ce fut toute la période de sa maladie jusqu’à son décès où mes émotions passèrent par toutes sortes de phases», raconte Brigitte Labbé.
La première pièce de cette série, intitulée Spes, qui signifie espoir, s’inspire de la silhouette d’une montagne, symbole de la détermination à soutenir son frère dans cette épreuve.
La composition, intitulée, Hommage à mon frère, maintenant le vent respire pour toi, revêt une grande importance pour l’artiste, car elle exprime ses émotions à la suite du décès de son frère.
Dans sa nouvelle série Requiem, l’artiste est reconnue pour sa sensibilité et la reconnaissance de l’observateur de sa propre humanité.
«Ce que je souhaite provoquer, c’est plus de conscience par rapport à tout ce qu’on vit. Conscientiser les gens à l’environnement. Celle par rapport à mon frère, montrer à travers tout ça, à la fin, quand on a passé la période de deuil et de chagrin, on peut se relever et continuer à vivre», cite-t-elle.
En ce qui concerne l’avenir, elle souhaite incorporer davantage la végétation dans ses réalisations. Elle reste ouverte à l’idée d’explorer d’autres concepts.
Un voyage interpellant
L’artiste lévisienne Ghislaine Riendeau, anciennement enseignante de mathématiques à Saint-Agapit, se distingue grâce à son art rupestre. Depuis sa visite, dans les années 90, des grottes de Lascaux en France, elle travaille sur une série intitulée Mémoire des lieux. Les peintures rupestres de ces grottes ont profondément marqué son imaginaire, l’incitant à incorporer des équidés et des cervidés dans ses tableaux.
Passionnée par l’histoire, sa ligne artistique se concentre sur la migration de l’oie blanche et les dessins immortalisés dans les grottes, notamment celle de Lascaux.
«C’est l’oiseau migrateur qui va le plus loin dans le nord du Québec pour faire la nidification de ses bébés et elle est avec le même partenaire tout le temps. Pour moi, c’était une mémoire instinctive. Donc, elle revient au même endroit, alors d’où vient le titre Mémoires des lieux», explique-t-elle.
Ses compositions démontrent son amour pour les couleurs des pierres, le blanc éthéré et l’ocre. Ses diverses méthodes sont, entre autres, l’application de couches épaisses de ciment pour les laisser sécher et le sablage pour créer un effet en trois dimensions.
Avant de prendre sa retraite, elle a suivi une formation au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), elle a assimilé la manière de peindre du peintre de Montréal, Jean Paul Riopelle, qui peinturait de manière instinctive et spontanée. «Je ne veux pas que ce soit trop étudié, je veux que ce soit beaucoup d’émotion qui sorte», exprime-t-elle.
Une création rassurante
Parmi ses nombreuses créations, l’œuvre intitulée l’Instinct paternel, représentant trois cervidés, dont un père et deux enfants, avec des panaches, la touche particulièrement grâce au regard empreint de tendresse et de confiance du mâle. Elle dit qu’elle ressent calme et apaisement en regardant cette création.
Six ans d’attente
Le vernissage, tenu le 17 mai, était un moment attendu depuis sa première place à l’édition 2020 du Concours d’œuvres d’art d’Espace DCL.
«Ça fait six ans que je pense à ce moment-là et j’en suis très contente. Je suis heureuse de l’évolution de mes fonds, de ma continuité dans cet élan de création et de ma continuation dans l’art rupestre. Je trouve ça intéressant, doux et calme», conclut-elle.
Ghislaine Riendeau sera également présente à la deuxième édition de L’Envolée des pinceaux à Montmagny, les 6 et 7 juin prochains.