«En 2024, il y a deux policiers qui sont arrivés chez moi et ils m’ont annoncé qu’ils avaient trouvé le corps de ma mère sans vie sur le bord du fleuve. Ça a détruit mon plan. À ce jour, on ne sait pas encore ce qu’il s’est passé, le rapport du coroner, ça a fini en queue de poisson», raconte Mykee Ouellet, copropriétaire d’Onyx soins automobiles.
Depuis la tragédie, Mykee, son frère et leur père se sont tous trois tenus serrés pour vivre leur deuil. Travaillant comme conducteur de train pour le CN à ce moment, Mykee a pris une pause pour réfléchir à la suite pour lui.
«Outre le deuil, on a rapidement décidé de passer à l’action [et ne pas se morfondre]. Pour moi, ça m’a vraiment donné une urgence de vivre, un sentiment qui [m’a fait réaliser] que la vie est courte. Ma mère va avoir travaillé toute sa vie à l’hôpital, elle a accumulé un fonds de pension et elle n’aura jamais pu en profiter», ajoute-t-il.
Si son père, Stéphane Ouellet, est un entrepreneur aguerri, ses deux fils n’avaient jamais travaillé dans ce domaine. C’est grâce à un contact de leur père, propriétaire du garage et de la bâtisse qui accueille désormais leur entreprise Onyx soins automobiles, que le projet de se lancer en affaire a vu le jour.
«Patrick (le propriétaire du centre de mécanique) avait déjà eu l’idée d’avoir un département d’esthétique, mais c’était plus compliqué qu’autre chose. En jasant avec mon père, on s’est dit que ça pourrait être une bonne idée», explique le copropriétaire d’Onyx Soins automobiles.
Durant un premier mois, Mykee a donc loué l’espace pour commencer à laver des véhicules. «La première journée que je suis arrivé ici, j’étais dans un mindset où je pouvais travailler pour moi et je suis tout de suite tombé en amour avec l’idée. J’avais l’impression de venir passer du temps avec ma mère. Les deux premières choses que j’ai amenées ici, c’est une chaudière de produits et une photo de ma mère», souligne-t-il.
Ayant développé un lien très proche avec sa mère, Mykee a toujours été encouragé par celle-ci dans les moments où il se questionnait sur son avenir et sa carrière.
«Ma mère, c’est elle qui m’a toujours poussé à dire «il faut que tu travailles pour toi». J’avais toujours une espèce de crise existentielle. J’avais envie de me lever le matin pour moi et pour mes intérêts à moi. J’ai toujours voulu, depuis que je suis tout petit, offrir une expérience, peu importe le domaine dans lequel j’étais. Ma mère a toujours été la personne qui me poussait et qui me donnait des idées sur ce que je pourrais faire», explique-t-il.
Après ce premier mois d’essai, Onyx soins automobiles a continué de se développer avec comme membres de l’équipe Mykee Ouellet, qui s’occupe du «detailing» et du service client, son frère, Pier-Olivier Ouellet, travaillant davantage sur le marketing et le développement sur les réseaux sociaux de l’entreprise, et leur père, Stéphane Ouellet, qui se cache derrière les chiffres et l’administration.
«Je le vois comme un cadeau mal emballé de la vie. Je paierais vraiment cher pour ravoir ma mère, mais la réalité, c’est que je ne l’ai plus. Sa dernière leçon, son dernier héritage, c’est de me permettre de faire ce que j’aime dans la vie. On ne contrôle pas ce qu’il nous arrive dans la vie, mais on contrôle comment on réagit», confie Mykee.
Un domaine à faire connaître
Au niveau de l’esthétique automobile, Mykee soutient qu’un aspect d’éducation du public est nécessaire pour faire comprendre la différence entre ce qu’est le «detailing» ou la cosmétique automobile, versus le simple lavage de son véhicule, qu’il soit fait à la maison ou en lave-auto traditionnel.
«Tout le monde sait c’est quoi nettoyer une auto et c’est quoi une auto propre, mais peu connaissent l’envers de toute l’industrie qui gravite autour de l’esthétique automobile. Au même titre que quand tu as un problème avec ton auto, tu vas chez le mécanicien, un véhicule entretenu, c’est plus que juste du propre», décrit-il.
Il poursuit en mentionnant «on passe partout et on soigne chaque centimètre de l’auto». «Dans une aire de surconsommation, c’est important de prendre soin de ses affaires et surtout au prix que les véhicules coûtent [on doit les protéger]».
Que ce soit pour du nettoyage, de la décontamination, de la protection, Mykee souhaite trouver le service qui conviendra à ses clients.
«C’est une deuxième maison une auto. Si tu n’entretiens pas ta maison, non seulement ça passe sur ton image, mais il y a aussi un enjeu de santé parfois. C’est la même chose pour l’auto», conclut-il.