«En 2017, c’était l’idéation, c’était déjà une graine semée en moi. Je me disais qu’il y avait tellement un beau potentiel à la traverse de Lévis pour un bike shop», résume Marc Parent, le fondateur de l’OBNL.
En 2018, l’entrepreneur lévisien se joint à l’équipe de Vélo Vert, installé là où il ouvrira ensuite son propre projet entrepreneurial.
«La réalité était que le commerce n’était pas projetable et rentable, mais je me disais que je pouvais faire les choses différemment, amener une twist, solliciter la Ville pour avoir une implication de leur côté, donc j’avais cette naïveté, cette insouciance», indique Marc Parent.
Après avoir suivi un programme de Lancement d’une entreprise en 2020 et à la suite de la fermeture de Vélo Vert, il lance officiellement son entreprise, alors nommée Bobissik. Pour ce faire, il a été de la première cohorte de la Boutique du QUARTIER de Mon Quartier de Lévis dans le secteur de la Traverse.
Puis, en 2022, il change d’adresse pour s’installer au 5995, rue Saint-Laurent, et y offrir des services de réparation et location de vélos, en plus d’un volet de formation mécanique.
«J’ai opéré chaque saison de mai à octobre de 2022 jusqu’à 2025. […] Le 30 avril, je ne renouvellerai pas le bail, ce qui met un terme définitif à l’emplacement, qui, je crois, a toujours un potentiel fantastique», partage celui qui est titulaire d’un baccalauréat en enseignement.
«Un échec systémique»
Pour le Lévisien, le bilan des cinq dernières années mène à un «désillusionnement, de l’épuisement et de l’endettement personnel». S’il maintient qu’il a tout tenté pour se distinguer et faire prospérer avec son entreprise, il n’hésite pas à qualifier la situation «d’échec systémique».
«J’ai tenté par tous les moyens pendant tout ce temps-là de solliciter les partenaires, autant la Ville de Lévis, les payeurs de fonds, les propriétaires et les guides touristiques, mais sans succès concret. On s’entend que tout démarrage d’entreprise, il y a une part de risque et une part d’investissement, mais, dans mon cas, je n’ai jamais trouvé de salaire. À un moment, après avoir investi plus de 20 000 $ de ma poche, c’est de dire “je veux avoir une qualité de vie, donc ça me prend un salaire décent”», résume Marc Parent.
Il affirme que la demande pour ses services de location et réparation était «toujours forte». Cependant, alors qu’il qualifie le secteur de la Traverse de «secteur névralgique et réelle porte d’entrée», il maintient qu’il «fallait y investir et le développer».
«Je manquais d’oxygène, j’étais en train de me noyer. C’est de la frustration qui en ressortait. Malgré les demandes, il n’y avait pas de retombées, l’aide escompté n’était pas là. […] C’est une histoire un peu trop commune. Les gens s’installent dans le secteur de la Traverse et pas longtemps après, ils quittent. C’est un grand nombre de petits facteurs, de petits irritants, qui pèsent très lourd au cumulatif. Sans le soutien, tant financier qu’en ressources humaines, c’est un peu voué à l’échec», souligne le Lévisien, qui ajoute que Mon Quartier de Lévis, la Table régionale d’économie sociale Chaudière-Appalaches et la Caisse d’économie solidaire représentaient d’importants appuis.
Pour la suite des choses, l’entrepreneur maintiendra le volet de la formation en mécanique de vélo même s’il quitte ses locaux.
«Le local en soi était trop petit pour convenir à ces besoins d’offrir des formations. Ça prend un plus grand espace, on peut voir ça comme une salle de classe avec plusieurs postes de réparation. La bonne nouvelle, c’est que j’ai réussi à toucher du financement pour l’achat de matériel qui me permet de faire des formations ambulantes. Pour ça, je n’ai pas besoin de local, je peux me déplacer. La formule est intéressante dans le sens où je peux aller dans les cégeps, les écoles, au Patro de Lévis… Pour ça, il y a une grande demande, il reste à le développer et investir», conclut Marc Parent.