Ayant complété ses études au baccalauréat en Arts visuels de l’Université Laval en 2003, Annie Labbé est représentée par la Galerie d’art Beauchamps à Québec, Montréal, Baie-Saint-Paul et Toronto depuis 2007. À travers les années, ses œuvres ont également été exposées de façon individuelle et collective à travers le Québec, le Canada et aux États-Unis.
Souhaitant démocratiser l’art et rendre ce milieu accessible à tous, c’est dans cette optique que la Lévisienne s’est lancée dans le projet de réaliser une murale avec la communauté.
«Dès que je vise un travail avec la communauté, je le fais avec la maison des jeunes. J’aime ce côté-là de démocratiser l’art, d’être en relation avec le public et d’abolir un peu le côté snobinard de l’art. J’aime pouvoir me rattacher à mes racines et être proche du monde pour leur faire comprendre l’art et être une porte d’entrée, un pont entre les deux sphères», explique-t-elle.
Pour ce projet, celle-ci a tenu trois ateliers au mois de juin avec des adolescents qui fréquentent la Maison des jeunes Défi-Ado, située dans le secteur Lauzon. Lors de la première rencontre, ceux-ci ont pu redécouvrir le quartier visé par l’artiste en le photographiant. Lors des deux ateliers suivants, les participants ont pu trouver les couleurs dominantes et secondaires sur ces images et dessiner les formes qui les inspiraient.
Annie Labbé a travaillé plusieurs journées consécutives à la transformation du terrain de basketball. Photo : Gilles Boutin
«Quand je suis rentrée en atelier pour créer la maquette, ce que j’avais fait avec eux, c’est tout le côté démarche artistique. Je voulais leur montrer comment naissent des idées», ajoute-t-elle.
Il ne s’agissait pas de la première fois qu’Annie Labbé réalisait un projet avec une maison des jeunes. Celle-ci l’avait fait il y a dix ans alors que l’organisme était situé au 55, côte du Passage. La murale y est d’ailleurs toujours intacte dans les fenêtres sur le côté du bâtiment situé vers l’avenue Bégin dans le Vieux-Lévis.
Bien que l’artiste avait idéalisé le projet avec les jeunes, ce sont eux qui avaient reproduit le tout sur les fenêtres du bâtiment. Pour sa murale de 2026, c’est l’artiste qui a fait le plan et la réalisation de la murale.
Le résultat final donne une grande toile sur le sol du terrain de basket du parc. Celle-ci représente une carte abstraite du quartier, marqué par les formes géométriques et plusieurs couleurs. L’artiste souhaitait que la murale soit unique à son territoire d’appartenance.
Le plan à partir duquel l'artiste à travailler. Photo : Gilles Boutin
«C’est ce qui a donné la structure de base. Il y a une jeune fille qui est venue voir la maquette dans les premiers temps et elle a vite trouvé l’emplacement de sa maison alors que ce n’est pas nécessairement donné. Même si c’est de l’abstraction, même si c’est de la géométrie qui peut être un peu rébarbative, c’est ancré dans le territoire», exprime Annie Labbé.
Pour réaliser son œuvre, Annie Labbé travaille à partir d’une peinture appelée Texnov, une peinture pour application sur l’asphalte de l’entreprise québécoise du même nom. Dans ce projet, la Lévisienne a tenu également à utiliser des produits et des partenaires d’ici, faisant affaire avec Juneau et frères pour la peinture et un vidéaste de Lévis pour la promotion de son œuvre.
Redonner le parc aux adolescents
Outre de tendre une perche à cette clientèle vers l’art, le projet de murale a pour but de redonner une partie du parc aux adolescents. Alors que ce dernier compte un module de jeu, une piscine extérieure, un terrain de pétanque et des terrains de tennis, l’artiste effectue un triste constat pour l’offre aux adolescents.
«Ce que je remarque dans ces parcs-là, c’est qu’on va prioriser beaucoup des espaces pour les enfants, l’âge adulte ou les aînées et, dès qu’on arrive pour les ados, [il n’y a pas d’espace adéquat]», souligne-t-elle.
Lors de son arrivée, le terrain de basket présentait certains problèmes. Bien que la surface était en bon état, aucune ligne n’était visible, les bancs en marge étaient brisés et l’un des deux filets était manquant.
«Je me suis dit que la surface pourrait être travaillée facilement et que je pourrais attirer l’attention de la Ville sur ce bout de parc là. Ils ont réparé les bancs. C’est de mettre le spotlight sur cette partie du parc parce qu’elle est beaucoup utilisée quand même», mentionne l’artiste.
Avancement de la murale lors du weekend du 25 juillet. Photo : Gilles Boutin
À l’aube de terminer ce projet, Annie Labbé souhaite pouvoir effectuer d’autres œuvres de ce type ailleurs dans la Ville. Pour l’instant, celle-ci est également en exposition extérieure près de l’ancienne gare fluviale dans le secteur de la traverse avec Qui a peur de la couleur? qui sera accessible jusqu’en septembre.
Les photos de notre photographe Gilles Boutin sont accessibles sur notre page Facebook.