Par Marie-Josée Morency, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lévis (CCIGL)
Dans les bureaux, les restaurants, les commerces, les réseaux sociaux… tout le monde en parle. Les chandails ressortent. Les discussions s’animent. Les gens vibrent ensemble. Et honnêtement? Ce qui me fascine le plus, ce n’est pas le hockey lui-même. C’est ce que cet engouement collectif révèle sur nous.
Cette année, même notre gala Les Pléiades n’y a pas échappé. Une partie du Canadien avait lieu le même soir que ce grand événement d’affaires. Rapidement, il a fallu s’adapter. Ajuster l’ambiance. Comprendre la réalité. Embarquer dans le train, comme on dit.
Et c’est là que j’ai réalisé quelque chose d’intéressant : le hockey agit un peu comme nos entreprises régionales. Il crée un sentiment d’appartenance. Une fierté commune. Une énergie contagieuse.
Une passion collective qui rassemble
Parce qu’au fond, que célèbre-t-on réellement pendant les séries? On célèbre l’effort collectif. La résilience. La capacité de rebondir après une mauvaise période. La loyauté des partisans malgré les défaites. La persévérance. Le dépassement. Des valeurs qui ressemblent étrangement à celles de nos entrepreneurs.
À Lévis et partout en Chaudière-Appalaches, nos entreprises vivent elles aussi leurs propres «séries éliminatoires». Elles doivent composer avec la pression économique, la pénurie de main-d’œuvre, l’incertitude commerciale, les coûts qui augmentent et la nécessité constante de performer. Pourtant, elles continuent d’avancer. Elles innovent, s’adaptent et trouvent des solutions. Et comme une équipe sportive, elles ont besoin d’une foule derrière elles.
Nos PME jouent aussi en prolongation
Nous sous-estimons parfois la puissance de la fierté collective dans une économie régionale. Pourtant, elle change tout. Une région qui croit en elle-même attire davantage de talents, d’investissements, d’initiatives et de projets. Une région qui célèbre ses succès devient aussi plus forte.
Le Canadien de Montréal, qu’on le suive ou non, réussit quelque chose de rare : rassembler des gens complètement différents autour d’une émotion commune. Pendant quelques heures, les opinions politiques, les titres professionnels et les divisions disparaissent. On devient simplement des gens qui espèrent gagner ensemble.
Imaginez si nous réussissions à créer ce même réflexe envers nos entreprises locales. Imaginez si nous parlions de nos PME avec autant de passion que nous parlons de hockey. Si nous célébrions nos entrepreneurs comme de véritables joueurs étoiles. Si nous portions nos entreprises locales avec autant de fierté qu’un chandail bleu-blanc-rouge.
Parce que nos entrepreneurs, eux aussi, jouent blessés parfois. Ils vivent des défaites. Des périodes difficiles. Des remises en question. Mais ils retournent sur la glace chaque matin malgré tout. Ils continuent de bâtir notre économie locale, de créer des emplois et de faire rayonner notre région.
Une équipe régionale appelée Lévis
Et tout comme dans le sport, les victoires économiques ne se construisent jamais seules. Elles reposent sur des équipes solides, sur des leaders capables de mobiliser, sur des employés engagés et sur une communauté qui choisit d’y croire.
Je ne deviendrai probablement jamais une analyste sportive. Mais je dois avouer que cette frénésie des séries m’aura rappelé une chose essentielle : les humains ont besoin de vibrer ensemble. Ils ont besoin d’espoir, d’identité collective et de moments rassembleurs.
Et si cette énergie pouvait aussi devenir un moteur pour notre économie régionale, alors peut-être que cette fièvre du hockey nous enseigne quelque chose de beaucoup plus grand qu’un simple match.
Peut-être nous rappelle-t-elle que les plus grandes réussites, dans le sport comme en affaires, commencent toujours par une équipe qui décide d’y croire ensemble.
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis.