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Lettre ouverte

Lévis EST Rabaska : Le peuple floué, la vérité étouffée, partie 4

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19 nov. 2025 10:15

Notre gouvernement, par l’entremise d’Hydro-Québec, déploie actuellement une stratégie titanesque de production d’énergie électrique : multiplication des parcs éoliens, installation de panneaux solaires, construction de nouveaux barrages et optimisation des infrastructures existantes. Mais une question s’impose : que vient faire Hydro-Québec sur les terres de Rabaska?

Note de la rédaction : Le Journal de Lévis n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimées dans ce texte sont celles des auteurs signataires. 

Les lignes de transport : le revers de la médaille

Pour acheminer l’électricité des lieux de production vers les points de distribution, il faut des lignes à haute tension. Passeront-elles en milieu urbain? La réponse est sans équivoque : non.

C’est peut-être une bonne nouvelle pour les zones résidentielles, mais une véritable catastrophe pour les milieux agricoles, acéricoles et forestiers, du sud au nord du fleuve, d’est en ouest.

Une perte irrémédiable de terres productives

Au sud du fleuve, un seul projet prévoit environ 260 kilomètres de lignes de transport, sur une bande de 70 mètres de large, reliant Rivière-du-Loup à Irlande (près de Thetford Mines).

Concrètement, cela signifie :

• la perte de terres cultivables;
• la coupe définitive d’érablières;
• la disparition de vastes superficies forestières.

Et tout cela, rappelons-le, pour un seul projet. D’autres suivront : en Gaspésie, sur la Côte-Nord, au Lac Saint-Jean, etc. Les superficies détruites pour le transport d’énergie s’annoncent tout simplement
colossales.

Rabaska : un joyau en péril

Au-delà des chiffres et des tracés, Rabaska représente bien plus qu’un simple territoire : c’est un symbole de ce que nous risquons de perdre si nous restons silencieux.

Les terres de Rabaska abritent aujourd’hui une culture agricole active, une grande biodiversité et une bordure fluviale encore vierge. Elles possèdent aussi un potentiel acéricole considérable.

Or, ce territoire, propriété du gouvernement, pourrait aisément être rétabli en zone agricole et confié à une fiducie de conservation, assurant ainsi sa protection perpétuelle.

Des choix possibles et responsables

Tout le monde le sait : une ligne droite coûte moins cher. Mais un tracé sinueux, qui contourne les zones de production dynamiques, permet de préserver nos terres nourricières pour les générations futures.

Le coût supplémentaire de quelques kilomètres de câble est infime comparé à la valeur écologique, économique et alimentaire des terres que nous perdrions autrement.

Protéger aujourd’hui ce qui ne se remplacera pas

Québécoises, Québécois, il est minuit moins une.

La destruction de nos terres agricoles et forestières n’est pas une solution viable. Faisons savoir à nos élus municipaux, provinciaux et fédéraux que la vraie richesse du Québec ne se mesure pas seulement en
mégawatts, mais aussi en nourriture, en biodiversité et en avenir partagé.

Il faut agir maintenant. Demain, il sera trop tard pour réparer ce que nous aurons détruit.

Jean-Paul Tardif, 
Président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Lévis

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