C’est en décembre 2024 que la nouvelle est tombée : Valérie est atteinte d’un cholangiocarcinome avec métastases de stade 4 non opérable, un cancer rare qui touche normalement des gens de 70 ans et plus. Depuis ce temps, elle a suivi des traitements de chimiothérapie et d’immunothérapie.
«En septembre 2025, les médecins m’ont décompté à six mois si je ne faisais pas de chimiothérapie, comme les métastases étaient rendues dans les os. J’ai repris la chimio fin septembre, mais je suis encore là et je suis encore en chimio», raconte la Lévisienne.
Depuis le début de sa maladie, celle qui est âgée de 49 ans a dû arrêter de travailler. Malgré tout, Valérie reste fidèle à elle-même et continue d’être positive.
«C’est difficile parce que d’un côté, tu essaies de te préparer à la mort tout le temps, je mentirais si je disais que je n’y pensais pas, mais de l’autre côté [je continue de me battre]», ajoute-t-elle.
Une amitié soudée
Amies depuis le secondaire, Valérie et sa gang ont su rester soudées à travers les années. Accompagnée dans la maladie par sa sœur et sa cousine, qui agissent à titre de proches aidantes dans cette épreuve, celle-ci est bien entourée pour vivre les défis qui surviennent tous les jours.
«Chaque fois qu’il y a eu une épreuve, parce qu’il y en a tout le temps, Valérie n’a jamais lâché. On vise toujours plus haut et c’est une détermination incomparable», souligne sa cousine.
Décrite par ses amies comme le «noyau» de la famille et de ses amies, Valérie est celle qui a grandement contribué à faire perdurer son groupe d’amies selon celles-ci, alors qu’elles ne se sont pas lâchées depuis leur secondaire à l’École Marcelle-Mallet.
«Valérie a semé toute sa vie la générosité, d’aller vers les gens. Elle aime les gens. Ce qu’il se passe aujourd’hui, c’est le retour de ce que tu as toujours nourri et donné», lui partagent ses amies qui soulignent aussi sa résilience, son attitude combative et son positivisme.
Un rêve à réaliser
Lors d’un souper entre amies le mois dernier, le groupe a finalement décidé de se lancer pour réaliser un rêve de Valérie : voyager en Italie. Incertain de la réaction de leur amie, le groupe a décidé de le faire en catimini et de la mettre devant le fait accompli une fois la campagne de sociofinancement en ligne.
«À notre dernier souper de filles, Valérie nous a annoncé qu’elle mettait le projet sur pause. À un moment donné, elle est allée aux toilettes et on s’est regardée et on s’est dit qu’on pourrait faire un Go Fund Me», explique son amie Geneviève.
Ce rêve, la Lévisienne le porte depuis longtemps. Lorsqu’elle était au secondaire, celle-ci avait choisi l’option latin dans l’unique but d’aller visiter Rome, mais malheureusement, le voyage a été annulé et Valérie n’a jamais pu s’y évader par la suite. Maintenant maman de deux enfants âgés de 24 et 15 ans, celle-ci souhaite vivre cette expérience avec eux dans le but de leur laisser un souvenir positif de la fin de sa vie.
«Tous les deux ans, le couvent (NDLR : ancien nom de l’École Marcelle-Mallet) organisait un voyage à Rome. Ça tombait mon année. On a su finalement en février ou mars que c’était annulé à vie. Je me suis tapée la troisième année de latin pour rien», raconte-t-elle alors que ses amies ajoutent en arrière-plan «qu’elle en parle encore».
Si le voyage représente un rêve pour la Lévisienne, celle-ci est consciente que celui-ci devra être adapté à sa réalité en raison de son cancer. Des mesures adaptatives seront mises en place pour lui permettre de visiter tout en respectant son rythme et ses limites.
Une générosité exceptionnelle
Depuis le début de la campagne, de nombreux donateurs se sont mobilisés pour permettre à Valérie de vivre son rêve. Jusqu’à maintenant, ce sont 13 330 $ qui ont été amassés sur un objectif de 16 000 $.
«Les premières journées, ça a monté vite. Je capotais. C’est un honneur et un cadeau. Que mes amies le fassent, que les gens participent et donnent, les gens sont généreux c’est fou», souligne Valérie, qui a remercié personnellement tous les donateurs qu’elle connaissait.
Le groupe souligne également que si l’état de santé de Valérie ne lui permet finalement pas de partir, les fonds serviront entièrement à lui «apporter autrement la douceur et le bonheur qu’elle mérite» ou à l’aider dans ses traitements.
Il est possible de contribuer au Go Fund Me.