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Le Bidon Rempli lance un cri du cœur

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Ann-Sophie Lemieux espère que son cri du cœur lancé sur les médias sociaux permettra de donner un second élan aux activités du Bidon Rempli. Photo : Érick Deschênes

31 mars 2023 08:49

Propriétaire de cette épicerie en vrac et zéro déchet du Vieux-Lévis, Ann-Sophie Lemieux, la femme derrière le Bidon Rempli, a lancé un cri du cœur sur les médias sociaux au début mars, inspirée par une initiative d’une entreprise québécoise. En raison d’une diminution de ses ventes et du nombre de clients, la femme d’affaires a dû faire plusieurs ajustements pour réduire ses dépenses. Elle espère que son appel incitera davantage de gens de la région à encourager son commerce afin qu’il puisse perdurer.

Ouvert en novembre 2018, le Bidon Rempli a d’abord profité de l’élan vers le zéro déchet pour connaître de belles années. Avant la pandémie, le commerce ayant pignon sur la rue Saint-Louis accueillait en moyenne 200 clients par semaine. Lors de la crise sanitaire, l’établissement, qui a alors pu garder ses portes ouvertes, a même vu sa clientèle passer entre 220 et 250 consommateurs par semaine. Devant cette croissance des ventes, le Bidon Rempli a décidé de bonifier sa gamme de services pour répondre à cette popularité.

Toutefois, depuis l’an dernier, le nombre de clients a connu une importante diminution. Ann-Sophie Lemieux estime que ce sont désormais environ 170 personnes par semaine qui font des emplettes avec leurs récipients dans son épicerie qui vend des produits alimentaires en vrac et frais, des huiles, des vinaigres ainsi que des produits ménagers en vrac.

Seulement pour les deux premiers mois de 2023, une période normalement propice pour le Bidon Rempli comme les consommateurs veulent mieux manger après les Fêtes, les ventes ont connu une diminution de 30 %. La fondatrice de l’épicerie du Vieux-Lévis évalue que, depuis un an, les ventes de son établissement ont diminué de 15 % à 20 %.

«Jusqu’en 2022, on a vraiment eu une belle croissance. Le mouvement zéro déchet était à son apogée, on en parlait partout et il y avait plusieurs programmes pour soutenir la transition. Mais depuis un an, ça va moins bien», a partagé Mme Lemieux.

Hypothèses et «choix déchirants»

Si elle est bien consciente que la pandémie, comme pour d’autres commerces, a dopé son chiffre d’affaires, Ann-Sophie Lemieux juge que d’autres facteurs expliquent la baisse qu’elle enregistre. Dans un premier temps, elle croit que le coup d’arrêt au mouvement zéro déchet provoqué par la crise sanitaire a ramené plusieurs citoyens dans de vieilles habitudes, enlevant le réflexe de préparer et utiliser ses propres récipients pour ramener à la maison les produits alimentaires achetés dans des épiceries spécialisées comme le Bidon Rempli.

De plus, la fin de la plupart des mesures encourageant l’achat local et du réflexe d’acheter davantage dans les commerces indépendants, à son apogée pendant la pandémie, a fait mal à son établissement, selon Ann-Sophie Lemieux. Enfin, l’inflation a incité certains clients réguliers du Bidon Rempli à cesser d’y faire des emplettes.

«Un des grands enjeux, c’est que les clients veulent moins se déplacer en raison du coût de la vie. Ils vont opter pour s’arrêter à un endroit plutôt que deux afin de sauver de l’essence. Je l’entends beaucoup que la route est un frein dans le contexte économique actuel, comme j’ai plusieurs clients qui viennent de Bellechasse ou de la Beauce», a illustré la propriétaire du Bidon Rempli, en ajoutant qu’une dizaine d’épiceries en vrac ont fermé au Québec dans les derniers temps.

Pour faire face à la diminution des ventes, Ann-Sophie Lemieux a mis en place des mesures. Depuis le début de l’année, elle a ainsi réduit d’environ 300 pieds carrés la superficie de son local loué, elle a réduit son inventaire et elle a licencié deux de ses six employées ainsi que mis à pied temporairement une autre pour réduire les dépenses.

Si son cri du cœur a permis un certain regain de ses activités, la fondatrice du Bidon Rempli espère que les ventes de son établissement et que le nombre de clients repartiront à la hausse. Sinon, elle devra poser d’autres gestes.

«Pour le moment, on n’a pas touché aux prix, mais ce sera ma dernière cartouche si la situation ne s’améliore pas. Si je ne suis pas capable de payer mes frais, je n’aurai pas le choix de fermer. Je ne veux pas rendre les clés. J’ai de l’énergie et j’y crois encore. Notre clientèle est fidèle et je crois que notre gamme de services répond à un besoin dans la région», a conclu Mme Lemieux.

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