Par Charles Leblanc - info@journaldelevis.ca
Les représentants des organismes et ceux du gouvernement se sont réunis dans les locaux de l’organisme le Filon, à Lévis. Cette rencontre se tenait dans le cadre de la tournée provinciale de Mme Rouleau qui a débuté au mois de janvier 2023. Tour à tour, les délégués de chaque organisme ont eu la chance de s’adresser à la ministre, afin d’expliquer les besoins de leurs organisations et les besoins sur le terrain.
Cette tournée dans toutes les régions du Québec s’ajoute à une consultation publique sur la lutte à la pauvreté et l’isolement social, disponible en ligne. Jusqu’au 30 juin prochain, les gens sont invités à répondre à un sondage dans le but d’exprimer leurs idées pour améliorer la situation au Québec. Ce processus servira à concevoir le quatrième plan d’action en matière de lutte contre la pauvreté et l’isolement social du gouvernement du Québec.
En attendant ce plan, la ministre Rouleau et le député Drainville ont fait l’annonce d’un investissement de près de 790 000 $ dans l’Alliance pour la solidarité de la région de la Chaudière-Appalaches. Les Alliances pour la solidarité sont des regroupements d’organismes par région, désignée par les élus du gouvernement du Québec afin de gérer des fonds provenant de l’État. Cet investissement s’intègre au troisième plan d’action pour l’inclusion économique et la participation sociale qui a débuté en 2017 et qui prendra fin au terme de cette année.
«Les Alliances en Chaudière-Appalaches se sont traduites par la réalisation de 45 projets, et ce, dans les 9 MRC de la région et la Ville de Lévis», a souligné Bernard Drainville. De son côté, Chantal Rouleau s’est dite «très heureuse d’avoir tenu plusieurs rencontres sur le terrain pour constater tout le travail et l’engagement des organismes impliqués».
Sur le terrain
Pour ce qui est des organismes, une rencontre comme celle du 29 mai était la bienvenue. En sortant de celle-ci, certains représentants ont confié avoir eu l’impression d’être écoutés et respectés, mais ils étaient tout de même curieux de voir ce qui allait ressortir de cet exercice.
Avant l’annonce de l’investissement, Sylvie Leblanc, du Service d’entraide de Saint-Jean-Chrysostome mentionnait que «les besoins sont pressants et que le gouvernement est au courant qu’il y a beaucoup de choses à rattraper et qui perdure depuis trop longtemps», mais elle ne semblait pas s’attendre à voir des résultats bientôt. Vincent Frenette, du Filon, a renchéri en disant que «le gouvernement était mieux de prendre son temps, mais de faire des actions qui sont concluantes».
Lors de la table ronde, il y a eu une demande d’un meilleur soutien des organismes communautaires et un financement qui n’est pas distribué par projet, mais plutôt un financement global orienté vers la mission de la lutte contre la pauvreté et de suivre la hausse du coût de la vie dans le but de maintenir les emplois dans les organismes communautaires. Toutefois, les acteurs du milieu communautaire semblaient un peu déçus du court avis de la rencontre. «Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour nous préparer et pour arriver avec une analyse complète de zone à cibler pour avoir des demandes plus substantielles. C’est rester plutôt en surface», a illustré M. Frenette.
Les organismes étaient aussi curieux de voir si le gouvernement sera équitable dans son approche pour répondre aux besoins de chaque groupe dans le milieu communautaire. Même si une annonce de financement a été faite, il faudra attendre la sortie du quatrième plan en 2024 pour voir si les demandes des organismes communautaires de la région ont été prises en compte.