L’autrice lévisienne a remporté l’un des Prix littéraires du Gouverneur général 2019 pour son recueil de poésir Le tendon et l’os. CRÉDIT : AUDE MALARET

Souvent tus, les recoins les plus obscurs de la maternité sont explorés par Anne-Marie Desmeules dans Le tendon et l’os. Ce récit poétique parle de ce qui ne se dit pas, de la noirceur qui teinte l’existence. L’autrice amène dans la lumière et l’acception des émotions enfouies.

Ce que peut ressentir la mère pour son enfant contient sa part de trouble. Dans son dernier recueil, Anne-Marie Desmeules explore ces «moments limites dans la parentalité» sous forme poétique. Cette relation entre une mère et son enfant «qui est très tortueuse, même tordue à un certain niveau».

Dépendance et ravissement, amour fusionnel et parasitisme, tendresse et violence, lumière et froideur, la poète montre la noirceur qui s’infiltre dans la maternité dans Le tendon et l’os, publié aux éditions l’Hexagone, pour lequel elle est lauréate d’un prix littéraire du Gouverneur général remis cet automne. 

«On vit des fois des moments où notre enfant est un être séparé de nous. On ne le comprend pas, il ne nous comprend pas, on n’arrive pas à se rejoindre. Parfois, on a des pensées qu’on n’ose pas s’avouer mais qu’on ressent quand même», confie l’autrice.

«Ce sont des choses qui peuvent vivre en nous, qui peuvent nous habiter et qui causent généralement une très grande culpabilité. On se sent mauvais, on sent qu’on est une mauvaise mère, une mauvaise personne, un mauvais être humain parce qu’on pense ces choses et qu’on les ressent, qu’elles nous traversent.»

Pour la mère qui s’exprime à travers les mots d’Anne-Marie Desmeules, son enfant lui a été attribué. «La femme, elle est prise avec cet enfant. Et, elle n’est pas capable de s’en débarrasser. Elle se sent incapable d’en prendre soin et même, elle en prend mal soin. Ça va jusqu’à la maltraitance à certains moments.»

Le laid rapatrié dans la lumière

Rien n’est pourtant si simple. Si l’enfant semble un poids pour sa mère, elle y est profondément attachée. «Elle le regarde avec envie, avec une forme d’affection et même d’amour, mais qu’elle ne sait pas exprimer, qu’elle ne sait pas vivre ni se laisser vivre. Et, à la toute fin, on se rend compte qu’elle a vraiment très peur de le perdre.»

Le tendon et l’os «rapatrie les parties laides et les amène dans la lumière, les amène dans la douceur, dans l’acceptation et dans l’amour». Ce n’est pas son histoire qu’Anne-Marie Desmeules conte dans cet ouvrage, plutôt sa réflexion. Elle confie avoir aussi parfois ressenti de l’anxiété et avant, celle de sa mère «d’être seule au monde avec moi». 

«C’était dur d’écrire ça, admet-elle. Il a fallu que je laisse aller et que je laisse sortir ce qui voulait sortir, que je ne le retienne pas, que je ne le censure pas.» Au-delà des aspects malsains de la relation décrite dans le recueil, ce sont aussi «des choses normales, qui sont de l’impuissance, de la fragilité».

Des mots libérateurs 

«J’ai l’impression que ce livre libère des gens, libère une parole, cette culpabilité, observe l’autrice. Les gens peuvent se l’approprier de la façon dont ils veulent. Ils peuvent porter des jugements, se sentir concernés.»

Les pages sont «comme des petits tableaux dans lesquels on voit deux personnages». Anne-Marie Desmeules présente ici une poésie narrative, proche de la fiction ou de la micro-fiction. Dans les coulisses de son travail d’écrivaine, «de placer et retravailler les choses», elle a réduit la matière jusqu’à ce «qu’il reste juste ce qui est nécessaire, assez évocateur. Je ne voulais pas expliquer.» 

L’écriture en fragments «se rapproche de la fulgurance de la pensée». Un jaillissement qui donne l’impression d’avoir accès directement à la pensée dans les parties où la mère se raconte et celle qui présente les réflexions de l’autrice dans le présent, plus symboliques. Loin d’être hermétique, la poésie d’Anne-Marie Desmeules bouleverse et touche les émotions en leur cœur.

«Dans la forme poétique, on n’est pas pris avec une obligation de réalisme ni dans le thème ni dans la façon de traiter les mots. En poésie, tu peux prendre les mots et les renouveler, les agencer différemment. Il y a une liberté dans la poésie qu’il y a moins dans la fiction. On peut aller parler de choses qui sont très profondes, on peut traverser différentes couches de la réalité avec les mots. C’est une façon d’aller au-delà des apparences.»

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