Passionné des mots, Jérôme 50 invente de nouvelles expressions par besoin d’exprimer une autre réalité. CRÉDIT:ROSALIE BEAUCAGE

Le 13 mars, Jérôme 50 amènera les spectateurs du Vieux Bureau de Poste (VBP)dans son camp de vacances, lieu imaginaire où s’unissent premières amours et questionnaires existentiels. Parolier hors pair accompagné de mélodies accrocheuses, l’auteur-compositeur présente son troisième album, sorti en juillet dernier.

Lui qui a toujours été passionné par les mots, il a même étudié la linguistique à l’Université Laval, joue sans cesse avec la langue dans ses chansons, n’hésitant pas à créer de nouvelles expressions et à s’exprimer à sa façon à l’image d’une génération qui se distingue par son langage.

«Les jeunes cherchent toujours de nouveaux modèles linguistiques pour s’autodéterminer. Ils vont toujours chercher des moyens de se différencier des générations plus vieilles», partage Jérôme 50, dont le nom lui vient de la Labatt 50 puisqu’il dit être tombé dedans comme Obélix petit dans le chaudron de potion magique. 

Le chef de file des jeunes chilleurs s’est d’ailleurs fait connaître avec son premier album La hiérarchill, en 2018. «La hiérarchill, ce n’était pas tant le désir d’inventer un mot, le mot m’est venu», raconte-t-il.

«Quand je crée des mots, c’est parce qu’il y a un besoin, que j’ai envie de m’exprimer comme ça, plus que pour inventer un mot pour le style. C’est par besoin de communication.»

De nouveaux modèles

 Jérôme 50 raconte une révolution, qui prend forme dans sa génération, «et même, une révolution tranquille», pense-t-il. Alors, il parle de ceux qui ont choisi de ne pas faire tourner leur vie autour du travail et qui affirment leur choix de profiter sans toujours se casser la tête. 

«Répéter les mêmes modèles d’avant, ça ne m’intéresse pas. Je donne une mention d’honneur à ces gens là, lance Jérôme 50. Je reconnais une beauté et un courage dans le fait de prendre ça chill, de chiller le plus possible pour apprécier ça vie.»

«On manque de main-d’œuvre, tout s’est développé, les gens ne veulent plus autant travailler, constate l’auteur-compositeur. Je ne pense pas que la société ni les jeunes régressent, ce n’est pas une régression. C’est une prise de conscience que le capitalisme et ses impacts ne peuvent pas mener la société à bon terme.»

Autre sujet qui revient dans ses chansons, la banlieue, dont il parle indirectement ou directement.

«J’ai toujours trouvé que c’était un drôle de système, la fameuse banlieue américaine, dans un pays, pour moi le Québec c’est un pays. Personnellement, je ne me reconnais pas dans ce modèle géographique et social, avec des maisons toutes pareilles, des centres d’achat et des autoroutes. Et beaucoup de mes amis non plus. Ce n’est pas un paysage dans lequel je me retrouve et c’est ce que je dépeins à travers mes chansons.»

Parfois considéré comme humoristique dans ses chansons, Jérôme 50 le nuance, même si dérision et gaieté se mêlent dans ses textes. «Quand les gens rient, parfois je préfèrerais qu’ils pleurent.»

«Je t’aime tellement, c’est une chanson d’amour. ‘‘Je t’aime tellement que je vomirai mon cœur dans ta face’’, pour moi c’est une preuve d’amour plus qu’une ligne à saveur humoristique. Ça peut fait rire, je comprends. J’ai envie que les gens qui m’écoutent essaient de voir derrière l’autre sens qui est caché.»

Pour son premier passage dans la salle lévisienne, Jérôme 50 prévoit de «profiter de l’ambiance chaleureuse du VBP» pour interpréter de nouvelles chansons et se réjouit du caractère intime de la salle qui permet d’être proche du public. 

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