La poète Anne-Marie Desmeules publie son troisième recueil. CRÉDIT:JUSTINE LATOUR

Poète du clair-obscur, Anne-Marie Desmeules peint une société en perdition dans son troisième recueil Nature morte au couteau, paru cet automne aux éditions Le Quartanier. Soufflant un vent de liberté, ses mots se sont affranchis des contraintes et guident le lecteur vers une nature retrouvée.

Dans le territoire libre du poème, Anne-Marie Desmeules construit un monde d’après où l’errance, la perte, la lutte pour la survie cohabitent. Avec Nature morte au couteau, l’autrice continue d’explorer la poésie en prose dans un style dense, rempli d’images, teinté de violence qui oscille entre noirceur et lumière.

«J’ai voulu explorer ce qui se passe quand un monde s’effondre, comment les gens vont réagir, vont s’organiser, présente l’autrice. Comment ces gens vivent avec la faim, la soif, le froid, le danger des autres êtres humains qui essaient eux aussi de survivre.»

La nature très présente est au cœur de cet ouvrage qui raconte un monde en perdition, assailli par différentes menaces, une menace humaine et une menace surnaturelle, sous la forme d’une lumière.

«La situation actuelle sur Terre, comme plusieurs de mes semblables, je la trouve préoccupante. Je trouve ça difficile d’être tout à fait optimiste sur le déroulement des choses et la suite du monde en voyant la disparition d’autant d’espèces et d’autant d’espaces», partage la poète établie à Lévis depuis 2007.

«S’il y avait un effondrement de la société telle qu’on la connaît, ce serait dur. Ce ne serait pas facile, car on ne sait plus vivre dans la nature. Si on n’a plus accès à la nourriture, à l’eau, à nos maisons, s’il faut partir, ça va être très dur de reconstituer ce savoir qui est, à toute fin pratique, perdu», constate la poète qui voit des êtres humains déconnectés de la nature, qui «ne savent plus quel est leur lien avec tout ça, alors qu’on en fait partie».

Dans ses poèmes, Anne-Marie Desmeules se donne et prend une grande liberté d’écriture. «L’écriture pour moi, c’est un lieu de liberté. Ce livre a été une libération de la parole, c’est comme si j’avais ouvert les vannes de l’écriture. Je me suis donnée beaucoup de permissions.» Elle n’a pas commencé ce livre en écrivant une histoire. Et c’est vers la fin du processus que les personnages se sont précisés et que la structure est apparue.

«Au départ, mes textes étaient très abstraits. Quand on a commencé le travail d’édition, on a reconnu le besoin d’ancrer ça dans des lieux plus réels. C’est ce que j’ai cherché à faire en plantant l’action dans des lieux qui sont plus faciles à s’imaginer.» D’ailleurs, c’est ici au Québec que la poète souhaite nous entraîner.

Perdre le contrôle et se laisser imprégner par le texte  

Plonger dans Nature morte au couteau, c’est comme prendre de l’altitude, toucher le sol, perdre ses repères, recommencer. La poésie est un langage nouveau, plus difficile d’approche au premier abord, mais qui s’apprivoise en s’y abandonnant.

«On a l’habitude de lire en cherchant un sens aux choses qu’on lit. La poésie, ça demande un certain laisser-aller dans la lecture. Il faut accepter de laisser nos idées préconçues à la porte et simplement entrer», invite Anne-Marie Desmeules qui aime comparer le processus à celui de rêver.

«Quand on rêve, il y a toutes sortes de choses qui se passent, qui n’ont pas nécessairement de lien évident entre elles, mais on ressent des choses. On se laisse ressentir des choses. On est submergé par des sensations et des émotions. Entrer dans la poésie, c’est accepter qu’on n’a pas le contrôle sur tout ce qui se passe et se laisser imprégner par le texte.»

Dans ce troisième recueil, la poète continue de se libérer, elle se libère d’une société qu’elle «trouve oppressante, la société de consommation, l’urbanité pour aller vers un monde plus lié à la nature et à un mode de vie plus simple». Et surtout, elle nous rappelle «qu’on n’arrive pas à survivre seul, on a besoin des autres pour traverser les moments difficiles». 

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