mercredi 22 mai 2024
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Chronique historique, par Claude Genest

Plaidoyer pour une «nouvelle» histoire de Lévis

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Développements actuels d’un Lévis en transformation aux abords de l’ancien minuscule village de Sarosto, en octobre dernier. Photo : Claude Genest

09 nov. 2023 07:48

Dans la foulée des fêtes de Célébrations Lévis 2011, la commissaire Sylvie Girard avait demandé à l’historien Pierre-Olivier Maheux et moi de rédiger en collaboration un texte synthèse où nous avions plaidé pour la nécessité d’une nouvelle histoire de Lévis. Douze ans plus tard, je persiste et signe avec l’accord du coauteur bien sûr.

Le texte en question a paru dans le magnifique ouvrage commandé à la suite des fêtes en 2012. Le livre Célébrations Lévis 2011, une mémoire brossait un portrait complet des principaux événements des fêtes dans ce que l’on doit saluer comme un réflexe de mémoire exemplaire de Mme Girard surtout pour ceux qui, un jour, devront se pencher sur le sujet ou organiser le 400e.

Pourquoi donc un plaidoyer pour une nouvelle histoire dans le cadre d’une commémoration historique? C’est que le Lévis issu de l’importante fusion de 2001 aura besoin tôt ou tard d’une mise en ordre de son histoire vue dans une perspective globale et contemporaine, car chaque nouvelle génération doit se réapproprier son passé.

Quels sont donc les principaux éléments de base d’une histoire générale du Lévis actuel? D’entrée de jeu, disons qu’une chose qui frappe est que le territoire de l’ancienne seigneurie de Lauzon de 1636 concorde presque exactement aux frontières du Lévis actuel, sauf, qu’entre temps, il y a eu une série de paroisses et municipalités qui, bien que faisant partie de la Rive-Sud, évoluaient parfois ensemble et parfois de manière cloisonnée.

Pour le reste, il va de soi que l’on doit débuter avec ce que les recherches historiques récentes nous disent des Premières Nations, des débuts de la colonisation, de l’histoire maritime, militaire, coopérative et des transports terrestres, dont le chemin de fer, mais aussi les infrastructures comme les routes, les ponts, le téléphone et Internet. Sans compter le Lévis agricole qui est peu documenté et analysé.

Ajoutons à cela, l’évolution des structures politiques (dont les fusions) et la composition de la population sans oublier le volet économique qui est souvent moins populaire, mais incontournable pour comprendre l’évolution d’une ville ou région. La relation avec Québec m’apparaît aussi comme un élément incontournable de cette histoire, et ce des canotiers au troisième lien en passant par les traversiers et ponts actuels, voir les vélos et trottinettes. N’oublions pas aussi nos grands personnages marquants et les non-francophones et l’élargissement de l’espace virtuel de l’ère de l’Internet.

Bref, il y a là tout un effort de synthèse à faire avec les lunettes de notre siècle, car chaque génération doit nécessairement relire son passé et le réinterpréter à la lumière des nouvelles connaissances et réalités. Ce chantier, qui en passant ne sera pas le mien, m’apparaît de plus en plus nécessaire, car la naissante unité historique du Lévis actuel est encore à écrire.

Comme nous le disons en 2012 : «L’interprétation des faits historiques et le regard que nous posons sur le passé ne sont jamais définitifs. Le passage du temps, la consultation de nouveaux documents et un regard contemporain sur les événements ne peuvent que soulever de nouvelles réflexions et interprétations. C’est la normalité des choses en histoire, et c’est bien ainsi». Alors à quand une nouvelle histoire de Lévis?

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