Rappelons d’emblée que les salariés de la résidence devaient entrer en grève dans les dernières semaines, mais que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) avait jugé que les négociations avançaient suffisamment pour reporter l’action collective. Toutefois, l’offre de la partie patronale n’étant «pas à la hauteur de ce que souhaitent les travailleurs», les 85 salariés ont voté pour utiliser leur droit de grève afin d’être entendus par leur employeur.
«Les offres ne sont clairement pas à la hauteur. Bien évidemment, ces femmes et ces hommes-là effectuent un travail essentiel auprès de nos aînés. Groupe Cogir, c’est 16,4 G$ de profit par année et le salaire d’entrée aux Maronniers, c’est 21,42 $ de l’heure. Je pense que les travailleurs et travailleuses méritent beaucoup plus et méritent certainement le respect. C’est pourquoi on est dehors, à la pluie, malgré le froid. On va les soutenir jusqu’à ce qu’ils aient une entente satisfaisante», avance Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches-CSN.
À cet effet, Barbara Poirier considère qu’en améliorant les conditions de travail, le Groupe Cogir auraient davantage de facilité à attirer du personnel qualifié et à le garder dans son entreprise.
«Avec des bonnes conditions de travail, la résidence va obtenir de la stabilité. Les gens n’iront pas travailler ailleurs. En ce moment, ils ont juste à traverser la rue (et se rendre à l’Hôtel-Dieu de Lévis) pour avoir des meilleures conditions de travail. Ils sont ici par le cœur, puisqu’ils ont un lien du cœur entre les travailleurs et les résidents, mais ils méritent mieux. Leur employeur a plus peur de la fin du monde que de la fin du mois, alors que pour eux, c’est le contraire», lance la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches-CSN.
Photo : Étienne Vallières
Des négociations qui stagnent
Pour Lucie Longchamp, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN, les négociations entre les deux parties stagnent en raison de l’avarice de l’employeur.
«Il y a une volonté de toujours faire plus avec moins, affirme-t-elle. Il y a une volonté de ces exploitants de s’en mettre plus dans les poches en en accordant moins aux travailleurs. Ce qu’on dit, c’est que la richesse, ça se répartit également avec les travailleurs. Sans eux, il n’y en aurait pas de richesse. La raison numéro un pour que les personnes soient heureuses dans les RPA, c’est le lien d’attachement qu’elles ont avec les travailleurs. Ça montre l’impact des travailleurs sur la santé des résidents.»
La CSN orchestre présentement une plateforme commune de revendications pour de nombreuses RPA et vise une augmentation de 16,4 % sur quatre ans pour celles-ci. Si une quinzaine de RPA de cette plateforme commune ont réussi à atteindre ce seuil, qui est en deçà des dernières négociations du secteur public, Les Maronniers tardent à obtenir l’augmentation salariale désirée.
«On est arrivé à une croisée des chemins. Quand on arrive à ce moment où on voit que les négociations bloquent, où l’employeur ne dépose pas ce que l’on veut, qu’il n’y a pas d’ouverture et que même avec un conciliateur ça n’avance pas, malheureusement, après plusieurs moyens de pression, il ne reste pas beaucoup d’options. La grève, c’est une action que l’on pose pour démonter le mécontentement et le Groupe Cogir doit comprendre», mentionne Lucie Longchamp.