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Espace Mélilot

Manque de financement pour une ressource en itinérance

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L'Intervalle compte trois chambres identiques qui sont prêtes accueillir des femmes en situation d'itinérance ou d'instabilité résidentielle chronique. Photo : Catherine D'Amours

12 mai 2026 10:30

L’Espace Mélilot a inauguré ses nouvelles chambres dédiées aux femmes en situation d’itinérance. Appelé l’Intervalle Mélilot, le projet est prêt à voir le jour, mais le manque de financement pour assurer son bon fonctionnement empêche l’organisme de lancer ses activités.

Après qu’un partenariat financier n’ait pas pu être conclu et que le projet de l’Intervalle Mélilot ne cadre actuellement dans aucun programme existant, l’équipe se retrouve en attente de financement pour pouvoir ouvrir ses chambres. Celle-ci aurait besoin d’un montant de 30 000 $ pour assurer le besoin en ressources humaines pour la première année, notamment pour la sécurité, en plus d’obtenir trois programmes de suppléments au loyer (PSL) du gouvernement du Québec, afin de garantir le plus faible coût de la chambre aux occupantes futures. 

L’organisme vise à ce que les femmes qui occuperont les trois chambres paient 25 % de leur revenu, soit le montant réglementé par le PSL. Pour l’équipe, l’attente est signe de frustration alors que le besoin d’espaces sécuritaires, de logements sociaux et de chambres pour les personnes en situation d’itinérance est grand à Lévis. 

Nathalie Beaulieu, intervenante à l’Espace Mélilot, souligne que l’organisme, qui compte actuellement 18 logements outre les trois chambres pour femmes en situation d’itinérance, «refuse de 110 à 120 demandes par année». 

En annonçant l’inauguration de ses locaux, Espace Mélilot a donc lancé un cri du cœur aux bailleurs de fonds pour réussir à ouvrir les portes de l’Intervalle le plus rapidement possible. 

Un espace dédié à un projet de vie 

Partageant auparavant ses locaux avec l’organisme lévisien le Filon, Espace Mélilot a vu l’opportunité de développer son nouveau service à la suite du déménagement de son voisin de palier. L’équipe a donc procédé au rachat de la section du bâtiment et à sa conversion. 

Pour le rachat, les conversions de l’espace et la conception des chambres, c’est un montant de près de 565 000 $ qui a été investi, dont plus de 300 000 $ ont été obtenus des caisses Desjardins de Lévis et de la Chaudière, du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Chaudière-Appalaches (CISSS-CA), de l’APCHQ et de la Fédération régionale des OBNL d’Habitation Québec, Chaudière-Appalaches (FROHQC). 

L’Intervalle est né de constats issus des observations des intervenantes de l’organisme sur le terrain ainsi que par les rapports régionaux sur le manque d’espace sécuritaire pour les femmes en précarité résidentielle. 

Nathalie Beaulieu raconte que les femmes peuvent vivre ou avoir vécu des agressions, de la violence, des conflits, des vols et plus encore. Selon les rapports et ses observations, les femmes ne se sentent pas en sécurité dans des milieux en cohabitation avec des hommes, encore plus lorsque ces femmes et hommes ont des problèmes de consommation.

Lorsque l’Intervalle pourra officiellement ouvrir ses portes, ce sont des femmes de Lévis en situation d’itinérance ou d’instabilité résidentielle chronique qui auront accès aux trois chambres. Celles-ci devront avoir signifié leur volonté de se sortir de la rue à un intervenant du milieu. 

Le parcours estimé est d’une durée de zéro à six mois et permettra aux femmes de développer un réseau social avec les intervenants, de récupérer leur identité, d’appliquer à l’aide sociale au besoin et éventuellement de s’inscrire dans le processus de sélection des logements de l’Espace Mélilot ou d’autres logements sociaux. 

Rappelons que l’Espace Mélilot a pour mission d’accompagner les femmes dans un projet de vie favorisant la stabilité résidentielle et l’inclusion sociale. L’organisme accueille, dans ses 18 logements, des femmes seules ou monoparentales. Celles-ci peuvent demeurer dans les locaux de l’organisme d’un à trois ans, selon leurs besoins, explique la présidente de l’organisme, Maude Dutil. 

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