Par Elizabeth Cyr, Journaliste pour l'Initiative de journalisme local
Mme Lachance avait été interpellée, le 3 mars, lors d’une réunion où Développement Économique Bellechasse (DÉB) a adopté à l’unanimité une résolution demandant aux gouvernements fédéral et provincial des actions urgentes pour assurer la pérennité économique du territoire et favoriser l’intégration des travailleurs immigrants.
À cause du resserrement des critères fédéraux pour le renouvellement des permis de travail, la députée souligne que près de 2 000 travailleurs pourraient quitter les entreprises du territoire dans les prochains mois. Ces nouvelles exigences limitent à 10 % la proportion de main-d’œuvre étrangère par entreprise, en plus d’avoir un seuil salarial supérieur à 34,62 $ de l’heure. DÉB s’inquiète puisqu’à chaque année, le besoin projeté est de 106 000 travailleurs immigrants supplémentaires.
«Nos entreprises font déjà face à une rareté persistante de main-d’œuvre. Le départ massif de ces travailleurs provoque déjà une onde de choc dans notre économie régionale», affirme Mme Lachance.
Selon la députée, les conséquences vont se faire sentir : baisse de production, pertes de contrats, ralentissement des investissements et délocalisations ou fermetures partielles d’entreprises. DÉB ajoute que le gel du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et la réduction projetée des seuils d’immigration à 45 000 résidents permanents par année pour la période 2026-2029 créent une incertitude réglementaire qui fragilise la capacité de planification des employeurs et nuit à l’attractivité du Québec pour les talents internationaux.
«L’immigration n’est pas un enjeu théorique pour Bellechasse : elle est au cœur de notre développement économique, de la survie de nos entreprises et de l’occupation dynamique de notre territoire. Il est impératif que les politiques publiques tiennent compte des réalités régionales», souligne Jean-Marie Laliberté, président de DÉB.
Stéphanie Lachance a demandé au gouvernement fédéral d’agir, afin de permettre aux travailleurs actuellement à l’emploi de renouveler leur permis selon les anciens critères pour éviter les impacts économiques majeur pour la région de Bellechasse.
«Ces femmes et ces hommes travaillent ici, s’intègrent dans nos communautés et soutiennent notre économie. Il est essentiel de permettre à ceux qui sont déjà en poste de poursuivre leur travail», conclut-elle.
Développement dans le dossier
Depuis, le gouvernement fédéral a répondu à la demande et permettra aux travailleurs étrangers temporaires de conserver leur permis de travail pour un maximum de 12 mois supplémentaires.
Cette mesure s’applique seulement aux personnes qui ont soumis une Demande de sélection permanente (DSP).