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Demande de démolition

Le conseil se penche sur l’avenir du 450-456, Saint-Joseph

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L’avenir prochain du 450-456, rue Saint-Joseph sera connu le 8 avril prochain. Photo : Courtoisie - GIRAM

27 mars 2024 08:55

À la suite du dépôt de quatre demandes de révision de la décision du comité de démolition dans ce dossier, le conseil municipal de Lévis a tenu une séance extraordinaire, le 18 mars. Les élus ont alors entendu les arguments des opposants à la démolition du 450-456, rue Saint-Joseph.

Rappelons d’emblée que le 12 décembre dernier, le comité de démolition de Lévis a approuvé la demande de démolition, déposée pour ce bâtiment du 19e siècle de Lauzon par son propriétaire, Jean-Claude Croteau. Ce dernier veut que l’édifice soit détruit comme il n’est pas sécuritaire.

Pour justifier sa décision, le comité de démolition a, entre autres, souligné que la conclusion de l’évaluateur qu’il a mandaté pour effectuer une contre-expertise était de démolir le bâtiment «dans les meilleurs délais compte tenu des anomalies rencontrées et non corrigées depuis l’avis technique déposé en 1999».

Lors de la séance extraordinaire, 11 citoyens ont pris la parole pour demander au conseil municipal de renverser la décision du comité de démolition et empêcher la destruction du bâtiment situé au 450-456, rue Saint-Joseph.

D’emblée, plusieurs d’entre eux ont soutenu que l’édifice avait encore un bon potentiel de restauration, en raison de «l’authenticité conservée et que l’extérieur du bâtiment est encore très solide».

«C’est une maison authentique, bien ancrée au sol, avec un parement de briques ainsi que des lucarnes et des ouvertures authentiques. Elle a encore tout le potentiel pour être restaurée, pour être conservée dans le paysage urbain, historique et patrimonial de ce secteur», a plaidé Gaston Cadrin, vice-président du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM).

«En 1998, j’ai été mandaté par l’ancienne Ville de Lévis pour une expertise sur quatre maisons de Lauzon, dont le 450-456, rue Saint-Joseph. Dans notre rapport, on concluait que les quatre maisons devaient absolument être restaurées. […] La maçonnerie est en bon état, la peinture et les trous dans la toiture se corrigent, les fenêtres peuvent être restaurées. Cette maison est exceptionnelle et il ne faut surtout pas qu’elle disparaisse», a plus tard renchéri Robert Boily, de la firme Anne Carrier Architecte.

 Une expertise contestée

 D’ailleurs, la majorité des citoyens qui ont pris la parole ont remis en question le rapport de contre-expertise commandé par le comité de démolition. Ils ont alors déploré que l’inspecteur n’avait pas d’expérience en évaluation de bâtiments patrimoniaux. De plus, ils estiment que son rapport d’inspection est incomplet comme il n’a pu accéder à plusieurs parties de l’édifice. En effet, des zones sont inaccessibles en raison de la présence de nombreux objets. Le propriétaire qui possédait le bâtiment avant Jean-Claude Croteau souffrait du syndrome de Diogène.

Également, certains des citoyens qui ont défendu la conservation du 450-456, rue Saint-Joseph devant les élus municipaux ont partagé leur crainte que la démolition de l’édifice brise davantage la trame urbaine du secteur.

«Toutes les avenues n’ont pas été envisagées, notamment la restaurabilité. La contre-expertise aurait dû être menée par un spécialiste en bâtiments patrimoniaux, qui aurait pu voir cet édifice comme un joyau pouvant colorer avantageusement ce secteur de la ville, berceau de Lévis. […] Entre les rues Saint-Alexis et Sainte-Marie, il ne restera possiblement que notre maison comme édifice patrimonial», ont affirmé Hélène Côté et Robert Cardinal, propriétaires d’une maison patrimoniale restaurée voisine immédiate du 450-456, rue Saint-Joseph.

Par l’entremise de Gaston Cadrin et Louis Vallée, le GIRAM et la Fédération histoire Québec ont aussi argué que la démolition du bâtiment du 19e siècle enverrait «un mauvais signal». Le GIRAM croit qu’une telle décision «récompenserait une nouvelle fois des propriétaires négligents» tandis que la Fédération histoire Québec pense que la démolition illustrerait le «peu de considération de la municipalité pour un bâtiment dont la valeur patrimoniale est estimée par la Ville comme supérieure».

Devant assister à la séance extraordinaire par visioconférence, le propriétaire actuel du 450-456, rue Saint-Joseph, Jean-Claude Croteau, n’a pas pris la parole pour défendre sa requête. Notons finalement que les élus ont décidé que le conseil municipal allait rendre sa décision quant à l’appel le 8 avril prochain, lors d’une séance ordinaire de l’instance.

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